Top 10 : Quarts de finale

C'est durant les quarts de finale que les équipes se révèlent, que les grands joueurs s'imposent et que le suspens devient un peu plus hitchkokien. Un tournant dans chaque Mondial...

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26 juin 1954 / Autriche 7 – 5 Suisse


Ce n'est pas pour rien que la rencontre a été surnommée “Hitzeschlacht von Lausanne” (Bataille de chaleur à Lausanne). Ce jour-là, le mercure atteint les 40 degrés. Pas habitués aux températures caniculaires, les gardiens morflent. Le portier suisse dira être aveuglé par le soleil alors que son homologue autrichien souffrira d'un début d'insolation. Les joueurs en profitent et régalent avec un score de tennis au cours duquel Theodor Wagner et Sepp Hügi inscrivent un triplé chacun. A ce jour, c'est le record de buts inscrits en un match de Coupe du Monde.

10 juin 1962 / Brésil 3 – 1 Angleterre


Avant de se caler sur le toit du monde, le Brésil doit sortir l'Angleterre. Emmenés par Didi, Vava, Zagallo et Garrincha -auteur d'un doublé dont un magnifique enroulé en dehors de la surface- les Auriverde calment les Rosbifs qui se voyaient aller au bout. Un match plaisant resté dans l'histoire grâce à un streaker à poil : un chien noir. Interrompant le match, le clebs sera intercepté par Jimmy Greaves qui se mettra à quatre pattes, face à l'animal, et le saisira d'un geste prompt. Une des plus belles actions du match.

23 juillet 1966 / Portugal 5 – 3 Corée du Nord


Étonnants quart-de-finalistes, les Nord-Coréens mènent au score 3 à 0 à la vingt-cinquième minute, à la stupeur générale. Mais en face se trouve un Ballon d'Or. Presque à lui tout seul, le splendide Eusebio prend le match en main, défonce l'arrière-garde nord-coréenne au pied de biche (qui le payera au prix cher en rentrant à Pyongyang) et matraque les filets à quatre reprises. La Perle noire soigne ses statistiques et terminera meilleur buteur du tournoi.

21 juin 1986 / Brésil 1 – 1 France (3-4 tab)


Loin du réalisme de la RFA, Français et Brésiliens proposent un football presque utopiste. De l'offensive, du jeu et des joueurs d'une classe folle sur le terrain comme Socrates et Platini. A Guadalajara, le romantisme s'empare du cuir en se foutant de tout calcul, loin du Catenaccio. Le songe s'étirera le temps d'une prolongation et s'évaporera après une séance de tirs au but où s'illustre Joël “Soli Solitude” Bats. Une phrase éructée annonce la fin d'un monde : « Vas-y Luis, allez mon petit bonhomme... » .

22 juin 1986 / Argentine 2 – 1 Angleterre


Match plus légendaire n'existe pas. Surmotivés à l'idée de prendre leur revanche sur la Guerre des Malouines, les Argentins veulent se payer le scalp des Anglais. Peu dire que Maradona va leur en faire baver. El Pibe de Oro ne se contente pas de livrer un échantillon de son génie : il donne tout. Ça commence avec l'éternelle Mano de Dios et ça se termine, une poignée de minutes plus tard, avec le but du siècle. En dix secondes et sur soixante mètres, il passe en revue cinq joueurs britanniques pour finalement aligner Shilton. Le monde s'incline devant Maradona. Et un second coup de tonnerre résonne dans le ciel de Mexico, dix-huit ans après Bob Beamon.

1er juillet 1990 / Angleterre 3 – 2 Cameroun


En 1990, Rigobert Song n'a pas encore squatté la sélection camerounaise. Première équipe africaine à atteindre les quarts de finale, les Lions Indomptables tombent sur un os : l'Angleterre de Bobby Robson. Une rencontre âpre, tendue. A sept minutes du coup de sifflet final, les compères de Thomas Nkono concèdent un pénalty. Les Britanniques égalisent et grillent leurs adversaires sur la ligne d'arrivée grâce à un nouveau pénalty –le troisième du match– catapulté dans les filets par un Gary Lineker ruiné physiquement. A Naples, ce soir-là, le football africain pense être en mesure de renaître de ses cendres tous les quatre ans et apparaît comme une belle promesse : « L'amorce d'un avenir radieux » , croit prophétiser Roger Milla.

9 juillet 1994 / Pays-Bas 2 - 3 Brésil


« Dallas ton univers impitoyable » . Une première mi-temps assez faiblarde mais c'est dans les quarante-cinq minutes suivantes que les choses vont se décider au Texas. Intenables, Bebeto et Romario font mordre la poussière au gardien De Goey, abandonné par sa défense (53e et 63e). Une minute plus tard, l'aviateur Dennis Bergkamp réduit le score d'une frappe assez classe. Puis d'une tête rageuse, Aaron Winter permet aux Oranjes d'égaliser à moins d'un quart d'heure de la fin. Les Hollandais y croient mais ils multiplient les fautes aux abords de la surface. Après avoir pu se rôder, Branco scelle la victoire auriverde d'une frappe lourde et précise. Un joli match et peu importe que les Brésiliens aient joué en bleu et les Bataves en blanc...

4 juillet 1998 / Pays Bas 2 – 1 Argentine


Alors que la veille, la France s'est péniblement qualifiée en battant la Squadra Azzurra, le Vélodrome accueille Argentins et Hollandais. Stam et le Joker Reiziger besognent en défense quand Bergkamp donne un récital, Sans doute l'un des plus beaux de sa carrière. D'abord, le soliste sert superbement Kluivert d'une remise de la tête inspirée pour le premier but. Le spectacle ne s'arrête pas là. Claudio Lopez réduit la marque avant qu'Ortega et Batistuta ne fassent trembler les montants. A la quatre-vingt neuvième minute, Dennis la malice réceptionne un long ballon dans la surface d'un magnifique contrôle, enfume Ayala parti cueillir des gariguettes et propulse le ballon dans la lucarne d'une frappe limpide. Un bijou proprement ciselé. Même Footix applaudit. C'est dire.

21 juin 2002 / Angleterre 1 – 2 Brésil


On aurait pu choisir le hold-up coréen face à l'Espagne. Et puis non. Autant profiter du talent évanoui de Ronaldinho. Après un but de l'éclopé Owen et du génial Rivaldo, c'est Dinho qui va faire la différence. Coup-franc un peu lointain, excentré. Le capitaine Cafu s'aperçoit que Seaman est légèrement avancé et glisse l'indication au tireur façon Huggy-les-bons-tuyaux. Ronaldinho s'exécute, le ballon s'envole, lobe la queue de cheval de David Seaman et retombe dans la lucarne. La malédiction des portiers anglais a débuté ce 21 juin 2002 pour ne plus jamais finir...

1 juillet 2006 / France 1 – 0 Brésil


Oui, il peut y avoir des matchs plaisants à Francfort. Bon, il faut juste être patient et attendre la Coupe du Monde. En juillet 2006, on se dit que la constellation brésilienne ne va faire qu'une bouchée des ouailles de Raymond D. Seulement voilà, le miracle se produit non pas grâce à la présence de Wahiba Ribéry en tribune mais grâce à Zidane. Le maître à jouer des Bleus s'amuse avec le milieu de terrain auriverde, fait danser une samba imaginaire à ses vis-à-vis, proposant un jeu sans fioritures mâtiné de génie et fait de choix simples. Tout ce que Cristiano Ronaldo ne sait pas (encore) faire. Une nouvelle fois la France passe face au Brésil. Bon pour 2010, ça va être compliqué...

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Tiens, à propos du « Vas-y Luis, allez mon petit bonhomme... » il est à noter que si cette phrase de Thierry Rolland est rentrée dans l'inconscient collectif, elle n'a toutefois pas été prononcée en direct.

En effet, le match était diffusé en direct sur Antenne 2 et était commenté par... Michel Drucker. La phrase, issue donc de TF1, est extraite de la rediffusion du soir (les matches se déroulant en journée du fait du décalage horaire).
C'est amusant pour un ancien comme moi de se souvenir de cela, car aucun livre ou journaliste qui reprend cette phrase n'en fait mention.
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