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Top 10 : Le Mondial en chaussettes baissées

Comme Kaltz, Briegel, Breitner ou Littbarski avant lui, Thomas Müller perpétue la tradition de l'Allemand aux chaussettes baissées. Derrière l'anecdotique ou le défaut de tenue de l'équipement, peut-être aussi le signe qu'on a ici affaire à des joueurs spéciaux. Le genre de gars qui ont passé des Coupes du monde sans avoir peur de rien ni personne, pas même de montrer leur tibia au monde et aux adversaires.

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¤ Mario Kempes / 1978

El Matador n'aurait jamais dû jouer cette Coupe du monde, puisque la dictature avait exigé de Cesar Menotti de ne retenir que des joueurs évoluant en Argentine. Le sélectionneur avait refusé de céder au chantage et savait que l'avant-centre du FC Valence serait l'homme de juin 1978. À la pointe de l'attaque, le duo Kempes-Luque emmène la sélection vers le titre suprême comme deux sauvages cavaliers de l'apocalypse en mission divine. Avec son regard noir, sa nuque longue et ses jambes interminables, l'avant-centre argentin plante six buts, dont deux en finale, et donne à Passarella le droit de brandir le trophée sous les yeux du général Videla. Qui devait bien sentir que Kempes ne l'aimait pas.

¤ Paul Breitner / 1974

Le latéral de la Mannschaft de 74 était une grande gueule qui ne la fermait jamais, surtout quand il s'agissait d'envoyer bouler Kaizer Franz dans le vestiaire. Bouffa et moustache de biker, il a incarné l'Allemagne rebelle et un brin hippie des années 70. Père spirituel de Philip Lahm, sa technique et son sens de l'attaque lui ont permis de monter au milieu de terrain sur la fin de sa carrière. Il marque le penalty décisif en finale face aux Pays-Bas de Cruyff, surpris de tomber sur quelqu'un au même niveau d'arrogance. Il avait tiré parce que tous ses coéquipiers avaient peur d'échouer. Pas lui.

¤ Osvaldo Ardiles / 1978

Le véritable maître à jouer de la sélection argentine du triomphe de 1978. Un mélange de Pirlo et de Verratti, avant l'heure, milieu défensif aux crochets courts et aux trajectoires éclaircissantes. Transféré aux Spurs de Tottenham avec son compatriote Ricardo Villa au lendemain de la Coupe du monde, les Anglais aimeront à la folie Ossie, malgré la guerre des Malouines.

¤ Marius Trésor / 1982

En 1978, sacré Marius, comme toute l'équipe de France, avait passé une sale Coupe du monde. Éliminée en phase de poules, la génération Platini en gestation s'était fait baisée par son manque d'expérience et sa candeur. Marius avait été à l'origine du pénalty offert avec générosité à tout le peuple argentin par un arbitre suisse que toute la France avait envie de traiter de salaud. Quatre ans plus, Marius se venge avec sa volée contre l'Allemagne. Pendant quelques minutes. Jean-Pierre Adams, l'autre moitié de la garde noire, plongé dans le coma, rêve de qualification.

¤ Peter Hans Briegel / 1986

Un corps de bœuf, des jambes arquées, le latéral droit de Kaiserslautern était un cauchemar pour les ailiers. Capable de leur prendre le ballon dans les pieds et de leur claquer une remontée du terrain sur 60 mètres. Au Mexique, seul l'Argentin Jorge Valdano, en finale, le fit courir plus qu'il ne fit courir ses adversaires. Après la défaite, il quittera l'Allemagne pour rejoindre le Hellas Verone au seul moment qui valait d'être à Vérone. Avec le Danois Elkjaer Larsen, les deux étrangers autorisés en Serie A offriront un Scudetto aux Véronais en 1985. Qui en parlent encore.

¤ Teófilo Cubillas / 1978

L'attaquant péruvien aurait pu faire de la Coupe du monde 78 son chef-d'œuvre si les deux régimes ne s'étaient pas mis d'accord pour laisser l'Argentine battre ses voisins 6-0 et évincer le Brésil. Avant cela, il avait démontré qu'il n'était pas le Pelé brésilien, comme on le surnommait à l'époque, mais son successeur. Soit le meilleur joueur sud-américain des années 70, l'homme de la parenthèse entre la mort du Brésilien et la naissance de Maradona. Il était un spécialiste des feuilles mortes. Depuis, le Pérou traverse un long hiver footballistique.

¤ Luis Fernandez / 1986

Le miracle de Guadalajara, c'est pour le gamin de Vénissieux. Pour le pénalty qui élimine le Brésil de Sócrates et Zico en quart. Et pour tout le reste pendant cette Coupe du monde mexicaine. Puisque la France possédait un milieu doté de trois 10 avec Platini, Giresse et Tigana, il en fallait bien un pour tenir la baraque et assurer la récupération. Petit Luis était heureux de soulager ses milieux offensifs. Même si tout ça était faux. Platini, Giresse et Tigana défendaient et Luis attaquait beaucoup. L'homme du point d'équilibre.

¤ Thomas Müller / 2014

Personne ne sait quel est son poste, mais il est toujours au bon endroit. À la fin de la Coupe du monde qatari, Thomas Müller battra le record de buts inscrits en Coupe du monde détenu par son homonyme et compatriote, Gerd. Il sera alors temps pour lui de débuter une carrière d'acteur.

¤ Pierre Littbarski / 1982

De la folle nuit de juin 1982 de Séville, il est celui qui a inscrit le but que tout le monde a oublié. Le premier, celui qui devait illustrer la froide et cuirassée puissance allemande face au romantisme et à l'impuissance française. Ce fut finalement la morale de l'histoire qui s'imposa in fine, mais à l'issue du plus improbable des scénarios. Le genre d'attaquant de couloir qui permettait à Thierry Rolland d'utiliser l'expression « ailier de poche. » Le Kevin Keegan de Cologne vint faire une pige d'une saison au Matra Racing Paris. Un gâchis et une injustice. Le voir évoluer dans un Parc des Princes vide était une vraie torture.

¤ Manfred Kaltz / 1982

Le pendant de Briegel, mais à droite. Le latéral gauche fut le témoin et l'artisan de deux grandes hégémonie pas tout à fait abouties : celle de l'Allemagne et du Hamburg SV du début des années 80. Pendant toutes ces années, il n'a fait qu'une chose : téléguider des centres sur le crâne de l'affreux Horst Hrubesch.

Par Joachim Barbier
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