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Top 10 : Joueurs Roumains

La Roumanie n'est plus la nation qui s'invitait dans le Top 8 mondial aux USA. Un pays où O-Zone et Nadia Comaneci font figures de légendes. Pourtant, il sont dix à pouvoir prétendre également à ce statut.

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1 - Gheorghe Hagi



Trois Coupes du Monde, trois Euros, 125 sélections, 35 buts et une chiée de passes décisives. Le Maradona des Carpates avait tout du footballeur génial des années 90. Un pied gauche divin, une caractère de con, et une gueule. Avec lui, le football roumain a connu ses plus grandes heures avec comme apogée un mythique huitième de finale de Mondial où les Roumains crucifient l'Argentine (3-2) via un football léché, direct et génial. S'il ne fallait retenir qu'un seul geste du trapu de Sacele, c'est son but de quarante mètres contre la Colombie en 1994. Même s'il ne s'est jamais imposé dans un grand club (échecs au Real et au Barça), son pied gauche aura inscrit Galatasaray au palmarès de la C3 en 2000. Un génie.



2 - Laszlo Bölöni



Il voulait être dentiste et finir sa vie dans une Volvo beige. Au lieu de ça, le petit teigneux a porté 108 fois la liquette de son pays et a participé à la renommée internationale de la Roumanie En 1986, quand le Steaua remporte la C1 en hold-up-isant le Barça, Bölöni est de la partie. Après avoir fait ses classes dans une obscure taule du pays (Targu Mures), il s'envole pour la capitale où il va tout gagner : titres, pognon, et respect. Très bon charognard, Bölöni était un mec de devoir. Pas forcément brillant balle au pied, il se jetait sur son adversaire la bave aux lèvres et possédait un sacré mental. Indispensable dans la Roumanie de Nicolae Ceaușescu.



3 - Adrian Mutu


Un épicurien. Prendre de la coke pour forniquer : check. Sortir en boîte et se mettre une race lors d'un rassemblement de l'équipe nationale : check. Etre suspendu à vie par la fédération roumaine de football : check. Au-delà de ses frasques, Mutu est sensiblement l'un des plus gros talents de l'histoire du football des Carpates. Un talent à la hauteur de la connerie du mec : énorme. Brillant balle au pied, buteur, passeur, meneur, le mec était surnommé "Il fenomeno" par les amoureux de la Viola du temps de sa splendeur. Sans son QI d'huitre, le mec aurait pu se palucher sur un Ballon d'Or plutôt que de finir sa carrière à Cesena...



4 - Gheorghe Popescu



Hagi avec le corps de Marcel Desailly. Issu de la même génération que le génial numéro 10, l'autre Gheorghe avait une relance de velours et un jeu de tête de norvégien. Beau à voir jouer, même avec ses godasses sans sponsor, Popescu sent le vent tourner au Barça - il en a quand même été le capitaine - et file avec Hagi à Istanbul où il rafle tout. Membre de la golden génération des 90's, GP avait au moins autant de talent que Laurent Blanc.


5 - Miodrag Belodedici



L'homme aux deux C1 (1986 avec Bucarest et 1991 avec Belgrade) et aux deux blases (Belodedici au bled, Belodedic en Serbie, ce qui lui vaudra une condamnation pour haute trahison et dix ans de prison par contumace) a été un footballeur mésestimé. A l'image de Popescu, Miodrag avait du ballon et un certain goût pour la chair. Surtout, il aimait le danger. Au point de risquer sa vie pour jouer avec l'Etoile Rouge, son club de cœur, en plein régime totalitaire. C'est beau.



6 - Dorinel Munteanu



Avec 139 sélections, Dorinel peut se la raconter. C'est le Roumain le plus capé de l'Histoire du pays. Un honneur qui lui vaut de recevoir l'Ordre du Mérite 3e classe de la part du Président Basescu. Costaud. Outre son CV chiffré, Dorinel était un charognard dans l'entrejeu. Pas forcément le plus élégant à voir jouer, Munteanu ratissait, courrait, taclait pour les fainéants de devant. Même s'il n'a fréquenté que des clubs middle class (Cologne, Bruges, Wolfsburg), Dorinel restera un mec de l'ombre comme on n'en fait plus.



7 - Marius Lacatus



Pas spécialement le plus bandant de sa génération, Lacatus a surtout été au bon endroit au bon moment. Au Steaua par exemple avec dix titres (le record pour un joueur) et six coupes. Mieux, il détient toujours le record du nombre de caramels claqués par un joueur de Bucarest sur la scène européenne (17). On lui pardonnerait presque sa coupe à l'eau et ses errements d'entraîneur (assistant coach du Panama, et une demi-douzaine de taules obscures du pays).



8 – Anghel Iordanescu



C'est l'histoire d'un mec qui a passé sa vie à être en avance. Alors qu'il est encore joueur du Steaua, il est déjà l'adjoint du coach. Attaquant de formation, le "général" a toujours voulu regarder le football comme un sport offensif. Son CV de coach l'atteste. C'est sous ses ordres que la bande jaune et rouge arrive en quarts de finale du Mondial 94. Véritable homme de devoir, Iordanescu est même devenu un sénateur. Un mec qui aime son drapeau en somme.



9 - Dan Petrescu



Dani Alves peut se la raconter avec ses montées et ses tatouages. Dans les 90's, Dan Petrescu se dandinait déjà comme le Brésilien sur les prés européens. Mais en mieux. Durant son quinquennat à Chelsea (1995-2000), il comble son armoire à trophées et permet au club de se repositionner avant l'arrivée salvatrice de l'argent russe. Toujours au charbon dans les duels et premier contre-attaquant, Petrescu aura fait du couloir droit roumain sa chose pendant une décennie.



10 - Helmuth Duckadam


"Le héros de Séville" a été le mec d'une soirée. Mais quelle soirée. En finale de C1 1986, le portier de Steaua arrête les quatre tentatives barcelonaises lors de la séance de tirs aux buts et offre ainsi la première coupe d'Europe à son pays. Helmuth est grand. Tellement énorme que ce fait d'arme sonne sa perte. Il se murmure que suite à cet exploit, le président du Real de l'époque contacte Duckadam pour lui offrir une Mercedes. A son retour au bled, Nicu Ceaucescu, le fils de, le convoque et lui réclame la caisse. Helmuth se sent fort et lui dit d'aller de se faire mettre. Mauvaise pioche. Le portier reçoit la visite de la Securitate, la Stasi locale, : « Avec méthode et application, ils se sont occupés du héros de Séville, en lui retournant un à un les doigts et en brisant ses poignets » balance la rumeur. Fin de carrière.

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Il y avait Raducioiu aussi qui était pas mal ;)
Pour info, même s'il chante en Roumain, O-Zone est un groupe Moldave. Très bon article par ailleurs.
Oui, Raducioiu, si on oublie son passage à Monaco, et Adrian Ilie aussi.
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