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Top 10 : Ils ont vu le rêve américain

Longtemps considéré comme un désert footballistique, le continent nord-américain a peu à peu pris des allures d’eldorado. Sans que l’on puisse parler de véritable ruée vers l’or, salary cap oblige, les Français sont de plus en plus nombreux à tenter le voyage. Amoureux de l’Oncle Sam, pré-retraités qui préfèrent les gratte-ciels de Manhattan aux buildings climatisés du Qatar, joueurs en manque de reconnaissance sur le Vieux Continent ou amateurs de nouveauté : les profils sont variés. Melting pot.

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Youri Djorkaeff. Neuf ou neuf et demi ? Comme le choix de la taille d’une paire de pompes US, vouloir classer Youri Djorkaeff n’est pas chose aisée. En 2005, à 35 ans et une carrière bien remplie derrière lui, le champion du monde et d’Europe prend à contre-pied ceux qui pensaient l’heure de sa retraite venue. Direction les States, dont le Snake raffole. Ce sera les Metrostars, à New-York. « Pas seulement pour le football, mais aussi pour la vie en dehors avec ma famille » . Dans son club, nouvelle formule des Cosmos de Beckenbauer et Pelé, il accumule les bonnes perfs. Meilleur joueur du club dès la première année, Youri enchaîne trois jolies saisons (2005-2008). Avec le numéro 10 sur le dos.

Thierry Henry. Et si, lors de son mystérieux entretien privé avec le président de la République, au retour du fiasco sud-africain, Thierry Henry avait demandé quelques conseils pratiques à « Sarkozy l’Américain » ? Face au mutisme de l’Elysée sur la question, mieux vaut s’en tenir aux faits. Un jour donc, Thierry en eut marre d’aller aux États-Unis juste pour voir son pote Tony jouer au basket. Le 14 juillet 2010, les New York Red Bulls annoncent la venue du meilleur buteur tricolore. Après avoir régalé Arsenal et s’être goinfré au Barça – six titres en 2009 – Henry goûte désormais aux joies de la MLS, entre polémiques, buts et expériences pileuses douteuses. Aux côtés de Rafael Marquez et de Teemu Tainio. Sans oublier Stéphane Auvray (voir plus loin).

Marinette Pichon. Ils sont peu nombreux les internationaux français de premier rang à avoir rejoint les États-Unis. En la matière, le pionnier est une femme. En 2002, contrairement à son homologue masculin, le championnat de soccer féminin envoie du rêve. La Women’s united soccer association (Wusa), créée deux ans plus tôt, regroupe ce qui se fait de mieux chez les filles. Marinette, elle, joue au Saint-Memmie Olympique, à une centaine de bornes de sa ville natale, Bar-sur-Aube. Pas vraiment le profil à franchir l’Atlantique. Sauf que la meilleure attaquante française de l’histoire enquille les buts. Et suscite l’intérêt des Philadelphia Chargers. Marinette va donc se frotter à Birgit Prinz, à Sissi et au gratin des Norvégiennes, Chinoises et Américaines. Avant de revenir à Saint-Memmie, à l’automne 2003. Échec sportif, mal du pays ? Pas vraiment. La Wusa, endettée, doit mettre la clef sous la porte. La Française ramène quand même de son voyage un titre de meilleure joueuse de la saison. Girls don’t cry.

Sébastien Le Toux. Voilà un mec qui n’a pas perdu son temps à essayer de percer en France avant d’aller chercher son eldorado. Après une Coupe Gambardella remportée aux côtés de Yoann Gourcuff, Jacques Faty et Jimmy Briand, il se rapproche discrètement de l’océan en signant à Lorient. Sans parvenir à s’imposer comme latéral droit. Qu’à cela ne tienne, c’est comme attaquant qu’il réussira aux States. Arrivé il y a quatre ans sur la pointe des pieds à Seattle, au deuxième échelon national, il a accumulé les goals, au point d’être convoqué au All Star game et sacré meilleur joueur de la MLS en septembre dernier, avec Philadelphie. Green card en poche depuis 2010, il rêve maintenant de jouer avec la sélection de son pays d’adoption, histoire de boucler la success story. American Boy.

Eric Hassli. Un amour de pichenette à la limite du côté droit de la surface de réparation pour laisser sur place le défenseur adverse. Puis une reprise de volée, subtil équilibre de puissance et de précision, qui vient gentiment fouetter la lucarne opposée, à une vingtaine de mètres de la frappe. Le but Maxi Best Of d’Eric Hassli, en juin dernier, face au Seattle Sounders FC a fait le buzz : plus de un million de vues sur Youtube. L’ancien attaquant de Metz, après des pérégrinations franco-helvètes, kiffe la vibe canadienne, même si les Whitecaps de Vancouver sont tout sauf un cador de la League. Pour les mauvaises langues, on signalera juste que le grand gaillard de Sarreguemines, pas toujours prolifique au cours de sa carrière, avait déjà démontré qu’il savait marquer avec la manière. La preuve.

Aurélien Collin. En 2010, Aurélien Collin l’explique sur les ondes de RMC : « Il y a beaucoup de clubs qui s’intéressent à moi. Personnellement, j’espère vraiment revenir en France et réaliser mon rêve : porter le maillot bleu. » Un vœu aujourd’hui exaucé. Enfin presque. Désormais, Aurélien porte bien une liquette azur. Celle du Sporting Kansas City. Arrivé au printemps dernier, le défenseur s’est fait une place dans l’équipe. « A moins d'une très belle offre, je ne me vois pas retourner en Europe tout de suite. Je me sens super bien ici. J'ai acheté un duplex et là je vais bientôt recevoir ma voiture. » , confiait-il à So Foot en mai dernier. On n’est pas obligé de le croire. Car à 25 ans, il a déjà pas mal bourlingué : Reims, Sedan, Amiens, Majorque, Gretna (Écosse), Panserraikos (Grèce), Wrexham (Pays de Galles). Avant de s’imposer au Vitoria Setubal. D’où il se barre pour cause de salaires impayés. « Je ne suis pas le nouvel Aly Cissokho » , avait-il prévenu alors qu’il jouait pour le club portugais. Un visionnaire.

Stéphane Auvray. Parce qu’il est la preuve vivante que l’on peut bien jouer au foot avec trois kilos de dreads sur le crâne, Stéphane Auvray méritait sa place dans cette liste. Pour d’autres raisons aussi. « J’ai été le premier joueur pro à Vannes, je suis le premier Guadeloupéen à jouer en MLS » , précise le milieu de terrain à Ouest France. Stéphane Auvray n’a pas peur de la nouveauté. Pas mauvais en géographie, il sait aussi que les États-Unis sont plus proches de la Guadeloupe que la ‘métropole’. Un avantage pas négligeable quand il s’agit d’aller disputer des matchs de Gold Cup avec la sélection guadeloupéenne. Monté de CFA à la Ligue 2 avec Vannes, il fait partie de la dream team du coach Le Mignan, arrivée en finale de la Coupe de la Ligue, en 2009. Après s’être posé une saison aux Wizards de Kansas City, il a rejoint cet été Thierry Henry aux Red Bulls de New York.

Laurent Robert. Le Réunionnais a quand même attendu d’avoir 33 ans pour effectuer le voyage. Deuxième gaucher de dimension planétaire à s’exiler en MLS, après Hristo Stoichkov, l'ancien ailier de poche ne sera pas resté longtemps à Toronto. Une grosse quinzaine de matchs, un pion. Pas vraiment le temps de montrer toute l’étendue de son talent, même si Laurent a battu David Beckham lors du match entre Toronto et les Los Angeles Galaxy. Il ira conclure son périple par une dernière expérience ratée à Larissa, en Grèce. Very bad trip.

Laurent Merlin. Avoir un daron pilote chez Air France explique peut-être son goût pour les voyages. D’ailleurs, en 2007, quand Laurent Merlin vient passer des essais aux Los Angeles Galaxy, le papa est là. « Il faut 25 ans pour louer une caisse ici, j’étais trop jeune » , explique alors le fiston à So Foot. Quelques matchs avec le nouveau club de Beckham et le jeune milieu offensif file jouer pour le Club Deportivo Chivas, dans la même ville. Une saison pleine en MLS, 22 apparitions, 1 but et 2 passes décisives. Avant de repartir en Irlande, puis à Cassis-Carnoux, en National. Il serait actuellement en Angleterre, du côté de Wigan. Lost in translation.

Tony Vairelles. "Last but not least", disent les anglophones. WTF ? Mais que fait donc Tony le rockeur dans cette liste des expatriés ? Autant le reconnaître tout de suite, il n’a pas disputé un match de MLS. Pour lui, le rêve américain s’est terminé en eau de boudin, avant même d’avoir commencé. Mais on ne pourra pas dire qu’il n’a pas essayé. Au début de l’année 2008, n’arrivant pas à faire son trou au CA Bastia, chez les amateurs, l’ex-enfant chéri de Bollaert part passer un casting à Toronto. Deux matchs de pré-saison et un but plus tard, l’essai est un fail. Retour en Europe, à Dudelange puis à Gueugnon. Doit-on préciser que la suite n’a rien du happy-end hollywoodien ? Fucking disgrace.

Les autres nominees : Julien Baudet, Léandre Griffit, Ousmane Dabo, Didier Domi, Laurent Courtois, Eddy Viator.

Special award à Franck Leboeuf, éminent membre du Hollywood FC, club qui ne fait cependant pas partie de la MLS.

Par Yann Bouchez
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l'américain Niveau : District
J'étais dans le stade quand Hassli a marqué son but d’anthologie... Il a fait taire le kop le plus bruyant de MLS. Pas mal pour un mec qui a bien 5 kilos en trop.
Un autre but pas dégueu de Hassli au temps où il jouait pour le Xamax !
http://www.youtube.com/watch?v=QsZG6_g6LFQ
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