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Top 10 : Ces Français qui devaient gagner le Tour

Sans trop s’avancer, ce n’est pas cette année que Bernard Hinault trouvera un héritier. Depuis 1985, la France guette un successeur au Blaireau. Et elle en a vu passer des promesses. Des promesses toujours sans lendemain.

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Christophe Moreau

Exclu du Tour en 1998 avec toute l’équipe Festina, Moreau va se servir de ce couac pour rebondir. D’abord présenté comme un simple rouleur, l’homme du territoire de Belfort va se révéler être un coureur très complet. Sa 4ème place dans l’édition 2000 brise un tabou. Oui, le mec peut gagner le Tour. C’est en tout cas ce que l’on pense. Surtout qu’il commence à très bien passer les cols tout en continuant d’être un excellent rouleur. L’attirail idéal pour gagner. Mais la poisse va s’en mêler puisqu’il oscillera entre abandons (2001 et 2002) et belles places d’honneur (8ème, 12ème, 11ème puis 7ème entre 2003 et 2007). Moreau n’avait pas les épaules ni les bons produits pour se faire Amrstrong et sa clique.

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Armand de Las Cuevas


Une dégaine avant toute chose. Une calvitie, une tête penchée à la Antoine Rigaudeau et un titre de champion de France en 1991. Forcément, on se dit que le mec a quelque chose en plus. Surtout en 1994, après un brillant Giro (victoire dans un contre-la-montre, maillot rose et neuvième au général). Frais et dispo sur le Tour avec son équipe Castorama, les Français croit beaucoup en lui. « Et pourquoi pas ? » Mais le Français ne tient pas le choc et craque au soir de la 17ème étape et son arrivée à Val-Thorens. Cramé, il ne repart pas le lendemain. Après son arrivée hors délais l’année précédente, ses deux premières expériences dans le Tour sont ratées. Sa troisième, et dernière, ne sera guère plus réussie (62ème à Paris en 1995).

Richard Virenque


Richard Virenque a eu une occasion en or de le gagner ce Tour de France. L'histoire se passe quelque part entre Colmar et Montbéliard en 1997. Rejeté dans un second groupe, le jeune Jan Ullrich est au bord de la rupture alors qu’il faut encore escalader le Ballon d’Alsace. Devant, Virenque roule avec ses Festina boys et creuse l’écart sur le maillot jaune allemand. Mais voyant qu’Escartin, Olano et Pantani refusent de collaborer avec lui, le Varois décide d’envoyer Didier Rous vers la victoire d’étape et d’attendre un Ullrich qui ne pouvait compter que sur le brave Udo Bölts. Seize ans après Virenque fait toujours parler son sens de la course, mais sur Eurosport cette fois.

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Charly Mottet

On l’oublie souvent mais Mottet possède l’un des plus beaux palmarès du cyclisme français. Dans l’ombre des Hinault et Fignon, il était l’une des valeurs montantes du vélo français dans les années 80. Alors quand le mec commence à se gaver de victoires (trois fois vainqueur du Dauphiné Libéré, Tour de Romandie, Tour de Lombardie) on se dit que la France a un nouveau potentiel vainqueur du Tour. D’autant que le môme assure dans le contre-la-montre (champion de France junior en 1979). Sur le Tour, Mottet est épatant (deux fois 4ème, une fois 6ème avec plusieurs jours en jaune) mais il n’arrive pas à franchir le pas. Notamment en 1990 ou, après un Giro exceptionnel (dauphin de Bugno) il s'effondre complètement dans le Tour (49ème malgré une victoire d’étape) alors que tout le monde voyait en lui un potentiel vainqueur. Tant pis. Charly marchait à l’eau.

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Gilles Delion


Sa crinière, ses yeux bleus et ses coups de pédale dans le Tour de Lombardie en font un petit génie du vélo français. En 1990, pour son premier Tour, le coureur d’Helvetia termine à une belle quinzième place avec le maillot blanc du meilleur jeune sur le dos. On se prend à rêver d’un avenir doré pour le mouflet. Lui qui sait, a priori, tout faire avec une certaine classe. Oui mais non, pas aidé par ses coéquipiers et par une maladie persistante (mononucléose quasi permanente), Delion ne va jamais rugir de plaisir en dépit d’une belle victoire d’étape en 1992. En quatre participations au Tour, il ne fera jamais mieux que sa belle 15ème place initiale. Une étincelle sans lendemain. Dommage. Vraiment dommage pour celui qui a toujours refusé le dopage.



Ronan Pensec


Pinpin portait des pattes de rockeur et une boucle d’oreille. Dans un autre temps, on l’aurait bien vu avec un blouson noir. Sauf que Ronan faisait du vélo. Et plutôt bien à en juger ses deux premiers Tours de France : 6ème et 7ème. Costaud pour un mec de 23/24 ans. Plutôt passe-partout, l’homme ne fait pas parler de lui mais après deux Top 10, on le verrait bien grimper un peu plus haut dans la hiérarchie. On commence à y croire en 1990 quand le soir de son 27ème anniversaire, il s’empare du maillot jaune à Saint-Gervais-Mont-Blanc suite au numéro extraordinaire de Thierry Claveyrolat. Une tunique dorée qu’il va porter pendant deux jours, avant de s’écrouler dans le contre-la-montre, puis dans les Pyérénnées (il finira finalement 20ème du Tour). Par la suite, Pinpin va laisser tomber définitivement le général pour devenir un coéquipier modèle.

Romain Sicard

La tristesse de ce Tour 2013. Vendu comme le grand grimpeur français de demain depuis son titre de champion du monde chez les espoirs en 2009, le Basque de chez Euskatel en est réduit à courir les échappées publicitaires. Lors de l’étape de Marseille, il décroche même dans un dos d’âne de 4e catégorie tel le premier Jimmy Casper venu. A 25 ans, Sicard pue déjà les regrets et les rêves déçus. A la place d’un palmarès, il n’a qu’un casier judiciaire à présenter depuis un vol de panneau de signalisation du côté de Toulouse. La jeunesse peut aussi être un naufrage.


Jean-François Bernard


Deux ans après la dernière victoire du Blaireau, la France vibre pour « Jeff » . Le Bourguignon vient d’assommer le Tour lors du chrono du Mont Ventoux et roule en jaune vers Paris. Sauf que le garçon est encore tendre et laisse filer la chance de sa vie dès le lendemain lors de l’étape de Villard-de-Lans. Sa troisième place laisse présager une grande carrière, mais le destin va en décider autrement. Entre blessures à répétitions et manque de confiance en lui, Jean-François Bernard sombre avant de se réinventer en lieutenant de luxe de Miguel Indurain. A sa manière, il gagnera cinq Tour de France.

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Sylvain Chavanel

Comme pas mal d’autres, « Mimosa » a été victime d’une mauvaise orientation. Dans un pays qui ne jure que par le Tour, Jean-René Bernaudeau voit dans son poulain un successeur de Bernard Hinault. Un de plus. Un aveuglement qui va coûter à Chavanel quelques années. S’il a porté le maillot jaune et gagné trois étapes, l’ancien de Brioche-la-Boulangère est d’abord un rouleur et un homme de classiques. Un homme de Tour, mais de Tour des Flandres. Finalement, le plus gros regret de sa carrière serait qu’il ne gagne jamais le Ronde.

Laurent Jalabert


« Le Tour, il le gagnera un jour. » Désolé les Wampas, mais Laurent Jalabert ne l’a jamais gagné. Sprinteur devenu grimpeur par la magie de l’époque, le Tarnais termine 4e en 1995 et survole la Vuelta dans la foulée. Au départ de l’édition 96, le Panda s’avance en favori mais le retour bambou sera terrible. Lâché dès la première étape alpestre, Jalabert comprend qu’il n’a pas les moyens pour lutter en haute montagne. En fin de carrière, il mue en baroudeur chasseur d’étapes et se couvre de pois rouges. A défaut de gagner le Tour, il aura pris un peu de cette popularité qu’accaparait Virenque et son petit palmarès comparé à lui.

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par Mathieu Faure et Alexandre Pedro
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