Top 10 : barrages français

La LFP a annoncé le retour des barrages. Un affrontement entre le 3e de L2 et le 18e de L1 qui donne des envies de rétrospectives. Car oui, l'Hexagone a déjà vibré pour cette formule.

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C'est donc officiel. Les barrages sont de retour. Faute d'avoir pu imposer deux seules descentes – saleté de Conseil d'État –, les pontes du foot pro, désormais orphelin de Frédéric Thiriez, sont bien obligés de maintenir la possibilité d'une troisième montée, conditionnée donc à une confrontation avec le 18e de L1. Le public a certes dû oublier depuis le temps à quel point cette prolongation du calendrier pouvait faire vibrer le palpitant de l'entraîneur en fin de contrat ou du président devant son bilan comptable. Fluctuant dans ses formules et ses modalités au gré des contours de l'élite (en 1958 , le passage de 18 à 20 clubs offrait l'occasion à quatre équipes de monter d’un coup), certains épisodes restent pourtant gravés dans les mémoires des supporters. Et ils peuvent même rappeler de mauvais souvenirs dans le contexte actuel.

  • 8 juin 1952 : OM-Valenciennes : Marseille sauve sa peau à Bauer...


    Nous parlons de l'une des pires saisons de l'OM. Alors que le tout jeune Olympique lyonnais fait l'ascenseur et que Strasbourg l'accompagne dans sa plongée, Marseille se trouve contraint de tenter la terrible expérience - inaugurée l’année précédente - du match de barrage contre le troisième de seconde division, en l'occurrence l'US Valenciennes-Anzin. Comme le réclame alors le règlement, les deux rencontres se déroulent en terrain neutre. C'est donc à Saint-Étienne que les Marseillais se font d'abord étriller 3 à 1. Tout semble dessiner le scénario d’une inévitable catastrophe. Le « retour » se tient le 8 juin 1952, à Saint-Ouen, dans l'antre du Red Star qui venait tout juste de revenir en seconde division parmi les pros. Devant plus de 15 000 spectateurs, essentiellement des Nordistes venus encourager les leurs (et la banlieue ouvrière ne vibrait pas particulièrement à l’époque pour les Phocéens). Le miracle s’accomplira par les pieds du grand suédois Gunnar Andersson (au destin tragique, noyé dans le pastis). Il va marquer à deux reprises, réanimant l’espoir, avant que ses équipiers ne salent davantage l'addition. L’OM sauve la face et reste parmi ses pairs. Les Valenciennois se lamentent alors d’avoir été privés de leur Antoine Pazur, parti en Indochine avec l'équipe de France militaire remonter le moral des troupes (avant de bientôt rejoindre les frères ennemis du LOSC). Ce sauvetage in extremis permet en tout cas de retarder quelque temps la chute amère en D2, qui ne se produira donc, pour la première fois, qu'en 1959.

  • 1967-1968 – Les Lensois ne profitent pas de l’esprit de mai


    Alors que la France sent encore bon les lacrymos et les discours trotskistes dans les amphis de la Sorbonne, le foot français décide de réduire son élite à 18 clubs. Conséquence de ce yo-yo numérique (une des grandes spécialités françaises), seul le SEC Bastia peut accéder à l’étage supérieur. Pour les autres, il faudra rejouer un autre mini-championnat, entre les deuxièmes et troisièmes de la D2 et les 15e et 16e de la première. Une vraie compétition avec matchs aller-retour et classement pour départager l’heureux couple qui viendra s’égayer avec les grands et les recalés qui devront ronger leur frein 365 jours supplémentaires. Bien qu’en rodage, ce concept qui semble tout droit sorti d’un alinéa du plan quinquennal roumain, se révèle pourtant étonnamment équitable : le RC Strasbourg garde son statut pendant que le Nîmes Olympique renvoie le RC Lens dans les limbes où il rejoint un Stade de Reims toujours en convalescence.

  • 1951 – Le premier barrage pour colmater les fuites


    Commençons malgré tout par rappeler d’où vient l’idée. Le championnat se reconstruit doucement après la guerre. Un temps, Strasbourg et Metz sont même épargnés en raison de leur annexion par le Troisième Reich. Après diverses formules, quatre descentes seront même imposées lors du passage en 46-47 de 20 à 18 clubs, le recours à un mini-championnat de barrage est instauré. Le principe semble plus juste, et permet aussi d’offrir une seconde chance aux pensionnaires de l’élite. Ce que confirme ce galop d’essai, puisque Lens et le FC Sète en profitent pour conserver leur place à la table des grandes instances. Besançon et surtout le FC Rouen, qui en outre dit adieu à son capitaine emblématique Roger Rio, peuvent de leur coté maudire les brillants dirigeants du foot tricolore, Emmanuel Gambardella en particulier (par ailleurs ancien ponte sétois, le monde est bien fait) d’avoir introduit ce joyeux procédé si favorable aux candidats au maintien.


  • 16 juin 1973 : ASM-US Boulogne, 8 à la maison


    Encore une nouvelle configuration. Désormais, il s’agit de sélectionner entre les seconds des groupes de la deuxième division. L'AS Monaco arrive donc en fin de saison contrainte de disputer son droit naturel à l’élite aux roturiers de l’US Boulogne. Ces derniers arrivent à maintenir le suspense lors du match aller en tenant en échec à domicile les Monégasques deux partout. Ils débarquent en principauté confiants dans leur capacité à réitérer l’exploit, dans un stade à peine garni de 4 500 spectateurs. La suite est un cataclysme, en grande partie sous la lame du bourreau Carlos Ruiter, joueur brésilien fraîchement arrivé des Girondins, et qui inscrit cinq buts. Au coup de sifflet final, le tableau d’affichage brille d’un terrible 8 à 1. Même entre formations de D2, les barrages servent d’abord les puissants…

  • 4 juin 1974 - PSG-US Valenciennes-Anzin : le PSG enfin...

    .

    Le LOSC et le Red star avaient décroché la timbale. Le PSG, alors second club parisien en construction, doit encore pour sa part se frotter à la rudesse de l’US Valenciennes-Anzin. À l'aller, le 31 mai, les joueurs de la capitale et de Saint-Germain-en-Laye s’étaient inclinés deux à un dans le Nord. Le match retour au Parc des Princes s’annonçait tendu. Devant une assistance pour une fois digne de ses ambitions, presque 20 000 spectateurs – on n'ose pas parler pour le moment de supporters –, les hommes de Just Fontaine retournent la situation en ce beau 4 juin, notamment grâce à un certain Mordechai Spiegler, international israëlien (auteur du seul but en Coupe du monde d'Israël) et surtout de Jean-Pierre Dogliani, auteur de deux buts, dont celui de la qualification, vivement contesté auprès de l’arbitre par les joueurs nordistes. 4 à 2, l’histoire commence… Les héros du soir portent leur entraîneur en triomphe. le PSG est en première division. Un barrage qui a changé la face du foot français, un hors-jeu sifflé, et tout aurait été peut-être différent..


  • 14 juin 1979 - RC Lens 0-0 (3-2 tab) Paris FC : Lens au bout du compte


    Il faut savoir souffrir pour être beau. Les Lensois en ont fait l'amère expérience tout au long de leur histoire. Et leur relation à l'épreuve des barrages n'aura rien à envier à celle des poteaux de Koh-Lanta. Pour retrouver le bonheur d'évoluer contre le FC Nantes de Demanes et Bossis, il leur aura d'abord fallu se débarrasser en prolongation d'Avignon. Toutefois, le pire calvaire les attend. Face au Paris FC, le foot de fin de saison se transforme en guerre de tranchée. À Bollaert, ce 14 juin, le stade bondé retient son souffle pendant que les deux formations se neutralisent d'angoisse et de maladresse. Le héros nordiste sera inattendu. Il s'agit de Francis Hédoire, le portier artésien. Il vit peut-être le grand moment de sa vie de footballeur, celle d'un honnête gardien de but qui aura effectué toute sa carrière entre Arras, Dunkerque et Lens (et une petite saison en doublure au PSG durant laquelle il se blessera lors d'un match de gala, ndlr). Les barrages possédaient parfois ce mérite. L'impression pour des braves soldats de remporter au moins un grande bataille, un trophée même virtuel ou de substitution. Roger Lemerre, son entraîneur du jour, et Daniel Leclercq, son coéquipier, futur coach du titre en 1998, peuvent le remercier également. Sans lui et sa main ferme lors de la séance de tirs au but, leurs destins à eux aussi auraient été bien différents.

  • 19 mai 1984 - ASSE 0-2 RC Paris : la descente aux enfers de Sainté


    L'ASSE, déjà devenu ancien grand club français, se remet à peine de l'affaire de la caisse noire. Ses principaux joueurs sont partis, Michel Platini en tête vers la Juventus, et Jean Castaneda dans les bois ne peut réaliser à lui seul l'impossible. Les Verts se retrouvent acculés, misant leur survie lors des barrages. Un sursis, alors que l’OM revient dans l'élite. Cependant, ils vont boire le calice jusqu'à la lie, fidèles à ce destin biblique qui les caractérise aux yeux de l’opinion depuis Glasgow. Le cauchemar est complet, car l'élimination se déroule à domicile, après un nul plutôt encourageant obtenu à la capitale. Le match retour est électrique. Le peuple vert garnit de 45 000 spectateurs des gradins qui chauffent le Chaudron à l’image d’un soir de rencontre européenne contre Kiev. Seulement, le RC Paris a les crocs, et un investisseur, Jean-Luc Lagardère, qui commence à recruter. C'est de la sorte Eugène Ekéké, futur héros de la Coupe du monde de 1990 avec le Cameroun, qui, en inscrivant le second but parisien à la 66e minute, achève définitivement les espoirs de toute une ville.

    




  • 29 avril 1986 - ASNL 3-0 FC Mulhouse : Wenger 1 Domenech 0


    Arsène Wenger n'est encore qu'un ex-bon joueur du championnat français reconverti en coach, quand il doit mener une mission essentielle : sauver Nancy contre l'un de ses anciens clubs, le FC Mulhouse. Ce dernier désire ardemment retourner en D1 pour enfin accomplir la prophétie du second « grand club » alsacien capable de voler la vedette au Racing. Bref, le Haut-Rhin veut sa part de lumière au-delà de son destin industriel. Un téléfilm policier, Trois morts à zéro, diffusé en 1983, lui inventait d'ailleurs une stature capable de taquiner les géants italiens en Coupe d'Europe. Seulement, la vie n'est pas fiction, y compris de FR3, et l'ASNL enterre d'un cinglant 3-0, dès le match aller, les illusions que caressaient ses adversaires et leur joueur-entraîneur Raymond Domenech. La victoire du FCM 2-0 au retour ne changera pas la donne. « Et Jésus dit aux apôtres, méfiez-vous des Lorrains. » Vieux dicton de Kronenbourg...

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  • 10 juin 1988 - Caen 3-0 Niort : Caen c'est l'heure...


    Encore divisée en deux groupes, la D2 expédie Strasbourg et Sochaux à l'étage supérieur. Il reste aux suiveurs à se départager. Le Stade Malherbe, dépassé à la différence de buts par les Alsaciens, sort de ces pré-barrages la tête haute, après avoir notamment sorti un Olympique lyonnais désormais aux mains d'un tout jeune président, Jean-Michel Aulas, qui doit encore faire du Minitel pour exprimer son mécontentement. Le rendez-vous est donc pris avec les Chamois niortais au Stade de Venoix pour décrocher le tant désiré troisième ticket. Le duo Franck Dumas, enfant du Calvados, et de l'ex-international yougoslave Slavoljub Nikolić fera une dernière fois merveille, mais c'est Éric Pécout qui, d'un doublé, rend à la Normandie sa présence légitime dans l'élite. Un indiscutable 3-0 sous le sifflet vigilant de Joël Quiniou clôture les débats. Les Deux-Sèvres ne connaîtront, pour le moment, jamais la L1... Saloperie de décentralisation.

  • 13 mai 1992 - RCS 4-1 Rennes : Strasbourg enfin...


    Pour cette der des ders des barrages, nous sommes en plein Drang nach Osten. Strasbourg joue son va-tout face à des Rennais qui espèrent évidemment sauver leur place. Il y a de quoi avoir la rage sur les bords du Rhin. Deux fois que les Alsaciens se cassent les dents en trébuchant sur la dernière marche ( bloqués dans leur élan par Lens en pré-barrage inter D2, et atomisés en plein ciel azuréen par Nice). Les coéquipiers de Frank Lebœuf ramènent cette fois-ci un bon nul de Bretagne, qui laisse présager un petit miracle. Le retour à la Meinau s'effectue devant 35 000 spectateurs, qui croient dur comme fer à la énième renaissance du Racing. Ceux qui regardent aussi le match sur Antenne 2 en ce 13 mai, qui pleure la disparation de Jacqueline Maillant, admirent donc un José Cobos inspiré ouvrir le score de la tête dès la cinquième minute, avant qu'une égalisation ne vienne doucher l'enthousiasme des tribunes. Heureusement, un boulet de canon de l'international nigérian Stephen Keshi met tout le monde d'accord et offre un quasi-sacre à la formation coachée par Gilbert Gress, qui parfait à cette occasion son statut de sauveur.



    Par Nicolas Kssis-Martov
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    Dans cet article

    Parler de barrage sans développer le Nice-Strasbourg de 1990 fallait oser quand même !
    got_feu_dami Niveau : CFA
    Une journée RCS quoi !! Article sur les barrages, les équipes yoyo...
    Bientôt de retour en ligue 2... Attention les ballons :)
     //  12:20  //  Passionné de l'Ukraine
    En 67-68, ça ne serait pas plutôt les 19 et 20ème de D1 qui sont concernés si on réduit le championnat à 18 au lieu du 15ème et 17ème...
    Quel est l'intérêt d'un barrage A/R sur deux terrains neutres...?
    Herbe mouillée et odorante
    Ballon qui s’élève dans le ciel
    Grondement d’une ola enthousiaste
    D'accord avec Cana, c'est complètement c*n le barrage aller-retour sur terrain neutre!
    19 mai 1984, j'ai un peu mourru ce jour-là. J'étais môme et j'en voulais à mort à Platoche de partir pour la Juve. Et puis l'Euro 84 où il casse tout. Il était juste le meilleur joueur du monde cette saison-là.
    Message posté par holden
    19 mai 1984, j'ai un peu mourru ce jour-là. J'étais môme et j'en voulais à mort à Platoche de partir pour la Juve. Et puis l'Euro 84 où il casse tout. Il était juste le meilleur joueur du monde cette saison-là.


    A Platini d'être parti bien sûr, après la CDM 82.

    Et là 99% des lecteurs de ce site réalise que j'ai l'âge de leur daron et sont gênés pour moi...
    JoséLebos Niveau : DHR
    Ho le culot...Je pensais que l'article était du genre "Bon on va parler de Nice-Strasbourg, qui en connait 9 autres?"

    https://www.youtube.com/watch?v=L1D29ouEwkg
    Ce Strasbourg- Rennes, un de mes premiers souvenirs de foot de môme: le RCS sur Antenne 2, le stade plein, la mine de Keshi...! Que de bons souvenirs !
    Message posté par holden
    A Platini d'être parti bien sûr, après la CDM 82.

    Et là 99% des lecteurs de ce site réalise que j'ai l'âge de leur daron et sont gênés pour moi...


    Au contraire c'est vraiment sympa ici de lire d'échanger entre différentes générations et surtout avec des gens qui ont vécu les événements.

    Et puis t'as eu la chance de vivre pas mal d'exploits et de gros parcours de clubs français en europe, ce que perso j'ai pas beaucoup connu ^^. J'ai pas mal vibré en 2004 sur Monaco et un peu Marseille, à part ça rien, le néant. J'aurais préféré voir les clubs français gagner deux coupes d'europe, des Nantes-Juve, Auxerre-Dortmund (pauvre Mahé), Weah atomiser les défenses du Bayern ou du Barca... :)
    Sinon quelqu'un sait si un autre championnat de première division à 20 clubs pratique les barrages ? Ou si on est les seuls assez cons ?
    Message posté par julboz
    Au contraire c'est vraiment sympa ici de lire d'échanger entre différentes générations et surtout avec des gens qui ont vécu les événements.

    Et puis t'as eu la chance de vivre pas mal d'exploits et de gros parcours de clubs français en europe, ce que perso j'ai pas beaucoup connu ^^. J'ai pas mal vibré en 2004 sur Monaco et un peu Marseille, à part ça rien, le néant. J'aurais préféré voir les clubs français gagner deux coupes d'europe, des Nantes-Juve, Auxerre-Dortmund (pauvre Mahé), Weah atomiser les défenses du Bayern ou du Barca... :)


    Ah ben merci, ça fait plaisir à lire.

    C'est vrai que j'étais à l'âge où ça compte lors des épopées de Bordeaux, OM, PSG, Monaco, etc, et c'est bien vu que tu cites Auxerre, car je trouve que malheureusement ce club est souvent oublié bien qu'il ait donné pas mal de frissons à ma génération. Gros souvenir notamment de l'élimination de l'Ajax en 1993...
    Message posté par oursmo2
    Ce Strasbourg- Rennes, un de mes premiers souvenirs de foot de môme: le RCS sur Antenne 2, le stade plein, la mine de Keshi...! Que de bons souvenirs !


    Et Eric Sold....

    Vivement qu'on soit de nouveau tout en haut.
    Message posté par bofbof2004
    Et Eric Sold....

    Vivement qu'on soit de nouveau tout en haut.


    Eric Sold ? Il était rarement à 100% dans les gros matchs...
    JimPooley Niveau : CFA2
    Ah le retour des barrages... nostalgie... à quand le retour du bonus, de la victoire à 2 points, de la passe au gardien et des tacles assassins non sanctionnés?...
    Je les ai cité car je suis tombé dans la marmite quand j'étais gamin, contre Arsenal je crois (buts de Kapo et Fadiga, quelle équipe là aussi). Mais je pense, en toute subjectivité, que c'est LE club français marquant des années 1990, au moins en coupes d'europe.
    D'ailleurs à chaque fois que j'en parle à quelqu'un de plus de 30 ans, je ressent un profond respect pour l'AJA. Mais ma génération n'a, en grande majorité, aucune connaissance du foot d'avant 1998. Dans mon bts les mecs était ultra connectés, à suivre tous les résultats en direct et connaissaient tous les joueurs actuels. Par contre ils étaient incapables de citer un joueur de Nantes 1995 ou même de l'OM 1993 à part Boli, alors si tu leur parles de Le Millinaire...
    Pourtant c'est comme dans la vie, comment comprendre un monde, une société si on ne sait pas comment elle s'est construit..

    Mais pour revenir à moi, c'est à partir de ce club et de son histoire que je me suis "construit footballistiquement", pour moi l'aja c'est une sorte d'utopie, de fantasme ou d'hallucination qui aurait duré plus de trente ans. Le côté petit vs gros, campagne vs Paris-Marseille, l'amour des jeunes, le discours (officiel) humble et dénué d'ambition, Guy Roux et ses incroyables anecdotes, Daniel Rolland (très peu connu et pourtant quel formateur et quel homme !).. Une équipe de culs terreux, de gueules cassées sorties tout droit de leur patelin ou de mines polonaises, accompagnés d'africains fantasques et bien sur de quelques gamins sortis du centre, qui allait sortir les plus gros clubs européens et s'est placé sur le toit du foot français, ça avait quelque chose de surréaliste.

    Ce club avait une vraie identité et c'est une chose que je regrette beaucoup aujourd'hui, la perte d'identité des clubs et championnats et l'espece d'homogénéisation qui en découle. J'aimerais revoir des clubs de la taille d'Auxerre, Nantes ou Metz se battre pour le titre, avec des styles très différents de surcroit.
    Message posté par julboz
    Je les ai cité car je suis tombé dans la marmite quand j'étais gamin, contre Arsenal je crois (buts de Kapo et Fadiga, quelle équipe là aussi). Mais je pense, en toute subjectivité, que c'est LE club français marquant des années 1990, au moins en coupes d'europe.
    D'ailleurs à chaque fois que j'en parle à quelqu'un de plus de 30 ans, je ressent un profond respect pour l'AJA. Mais ma génération n'a, en grande majorité, aucune connaissance du foot d'avant 1998. Dans mon bts les mecs était ultra connectés, à suivre tous les résultats en direct et connaissaient tous les joueurs actuels. Par contre ils étaient incapables de citer un joueur de Nantes 1995 ou même de l'OM 1993 à part Boli, alors si tu leur parles de Le Millinaire...
    Pourtant c'est comme dans la vie, comment comprendre un monde, une société si on ne sait pas comment elle s'est construit..

    Mais pour revenir à moi, c'est à partir de ce club et de son histoire que je me suis "construit footballistiquement", pour moi l'aja c'est une sorte d'utopie, de fantasme ou d'hallucination qui aurait duré plus de trente ans. Le côté petit vs gros, campagne vs Paris-Marseille, l'amour des jeunes, le discours (officiel) humble et dénué d'ambition, Guy Roux et ses incroyables anecdotes, Daniel Rolland (très peu connu et pourtant quel formateur et quel homme !).. Une équipe de culs terreux, de gueules cassées sorties tout droit de leur patelin ou de mines polonaises, accompagnés d'africains fantasques et bien sur de quelques gamins sortis du centre, qui allait sortir les plus gros clubs européens et s'est placé sur le toit du foot français, ça avait quelque chose de surréaliste.

    Ce club avait une vraie identité et c'est une chose que je regrette beaucoup aujourd'hui, la perte d'identité des clubs et championnats et l'espece d'homogénéisation qui en découle. J'aimerais revoir des clubs de la taille d'Auxerre, Nantes ou Metz se battre pour le titre, avec des styles très différents de surcroit.


    Super texte, bravo.

    Je partage sans réserve tout ce que tu écris. L'AJA des 90's c'est vraiment le club de village qui déboule dans l'élite sans y avoir été invité et qui prends d'assaut la coupe d'Europe sans complexe. Un petit côté Sainté des 70's qui me faisait plaisir évidemment.

    Tu racontes tout très bien. J'ajouterai juste que ce club, et Guy Roux, avait le don de faire revivre des génies du foot maltraités par ce milieu. Blanc ou Scifo par exemple, mon dieu, le scifo de l'AJA, quel régal.

    Bref, merci pour ton beau commentaire. Tu devrais faire pigiste pour So Foot, ta plume est bien à l'aise lorsque tu écris sur ce qui te passionne.
    Tu as raison de parler du côté relanceur de carrière, j'avais oublié de le préciser mais c'est vraiment dans l'ADN de l'aja.
    Et Scifo, ah la la lui aussi tellement méconnu par rapport au joueur qu'il a été. D'ailleurs je crois que Platini, alors sélectionneur de l'edf l'avait qualifié de meilleur 10 au monde à l'époque. Quelle vision du jeu !

    Sinon merci beaucoup, j'ai pris du plaisir à écrire ce texte (plaisir et mélancolie aussi), je suis content qu'il t'ait plu. :)
    Surtout que je n'étais pas sur que tu repasserais sur cet article (d'ailleurs sofoot un système de notifications serait sympa pour savoir quand quelqu'un nous répond, ça faciliterait de vraies discussions).
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