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Top 10 : anti-citoyen d’honneur

La semaine passée, le maire de Naples, Luigi de Magistris, a fait de Diego Maradona un citoyen d'honneur de la cité parthénopéenne, pour « sa capacité d'unir les Napolitains. Il les a fait rêver et ce rêve est devenu réalité. » Un titre honorifique que certains peuvent d'ores et déjà oublier...

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#10 - Gaël Angoula, Nîmes

Quand il portait les couleurs du Sporting Club de Bastia, Gaël Angoula était adulé par les supporters turchini pour sa grinta et son agressivité débordante. Depuis l’été dernier, le joueur défend les armoiries du Nîmes Olympique. Un gladiateur dans la cité réputé pour son amphithéâtre romain, c’est le crush parfait... Pas si sûr, en fait. « Là, je suis à Nîmes et tout le monde parle des arènes de Nîmes, des remparts d'Aigues-Mortes, mais qu'est-ce que je m'en tape...  » , nous balançait Angoula l’été dernier. Son arène, ça restera toujours une pelouse bien grasse pour glisser un tacle à la gorge.



#9 - Sergi Guardiola, Barcelone

Non, les noms Guardiola et Barcelone ne sont pas forcément compatibles. Alors que Pep a passé seize ans au Barça, son homologue Sergi (aucun lien de parenté) n’y est resté que vingt-quatre petites heures. En décembre 2015, le jeune attaquant était tout heureux de rejoindre la réserve blaugrana, avant que son contrat ne soit résilié dès le lendemain. Le temps pour les socios et les médias de remonter son fil d’actualité Twitter, sur lequel avaient été postés deux ans plus tôt des propos anti-catalans ponctués de « Hala Madrid » un soir de Clásico, alors qu’il jouait à Alcorcón en banlieue madrilène. « Je ne voudrais pas de Messi dans mon équipe, il détruit le jeu de l'équipe » , pouvait-on lire. Une prophétie qui se réalisera lorsqu'il dût se résigner à aller voir du côté de Grenade B, après s’être confondu en excuses. L’intuition, voilà au moins un trait commun aux Guardiola.




#8 - Anthony Mounier, Saint-Étienne

Voyager entre Saint-Étienne et Lyon quand on est footballeur n’est jamais quelque chose de simple. En général, ce sont les supporters du club quitté qui en veulent aux transfuges, parlez-en à Piquionne ou Bafé Gomis. Mais il arrive aussi que ceux censés les accueillir gardent une dent bien dure contre les renégats. Alors quand l’ex-Lyonnais Anthony Mounier s’apprête à rejoindre les Verts en prêt en janvier dernier, les Green Angels sortent fourches, barricades et bâches pour bouter hors de leurs terres un ailier qui avait manifesté trop bruyamment par le passé ses valeurs pro-lyonnaises, et donc anti-stéphanoises. La direction a pris en compte ce veto et a trouvé une porte de sortie à Mounier en l’exfiltrant du côté de Bergame. Lamine Diatta, Jérémy Clément et François Clerc se demandent encore comment ils ont fait pour passer entre les gouttes.



#7 - Zlatan Ibrahimović, Paris

La France, ce « pays de merde   » , « ne mérite pas le PSG » . Ce 15 mars 2015, l'interminable couloir du Parc Lescure n'a pas apaisé la colère de Zlatan après la défaite 3-2 du PSG à Bordeaux : avant de rentrer au vestiaire, l'attaquant parisien s'énerve après l'arbitrage de M. Jaffredo. Il n’en fallait pas plus pour que le ministre des Sports de l’époque, Patrick Kanner, exige des excuses. Quelques semaines plus tard, le Z lâche un « vive la France ! » lors des célébrations du titre de champion 2015. Avec un sourire suggérant qu'il a bien réussi son coup : le Suédois sait désormais que les Français aiment se faire mener en bateau par ce genre de beaux salauds.

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#6 - Omar Kossoko, Auxerre

L’Yonne est une contrée difficile à appréhender pour certains citadins. En 2011, Omar Kossoko, 23 ans, s’engage à l’AJA. Le jeune homme prend la plume sur Facebook pour dresser le tableau de son nouveau cadre de vie : « tes fou la ville est morte et enterré gars y a que le football la bas » . Et d’inviter son ami à se forger une opinion de son propre chef : « tu verras par toi même tu v’as pleurer de rire tellement ces claqué » . Même son collègue de travail, le partenaire d’attaque Frédéric Sammaritano, en prend pour son grade : « Samaritano, ces simple je le hai ce bâtard de nain looool ! » Six ans plus tard, Omar porte les couleurs du PFC Botev Plovdiv, en Bulgarie. Un poète qui souhaitait sûrement marcher sur les traces de son modèle Alphonse de Lamartine, qui résida de son temps à Plovdiv.


#5 - Moussa Maazou à Bordeaux

Une poutre, des plumes et du Maazou. Voilà le sort auquel a échappé de peu l’attaquant nigérien au moment de son passage aux Girondins. Piqué au vif par son adaptation difficile dans le sud-ouest de la France, avec un petit but en six mois, Moussa sort les griffes dans une interview à 20 Minutes le 19 janvier 2011. « Les gens dramatisent, ils veulent Ronaldo ou Ibrahimović, c’est n’importe quoi. Les attaquants, on les a. Qu’on nous donne de bons ballons, et on marquera. Je crois en mon talent. Si on me met à mon poste, je suis capable de beaucoup de choses. Mon style, c’est jouer dans l’axe et recevoir de longs ballons, comme à Monaco. C’était un jeu direct, et ça marchait. Ici, il faut faire des passes, tout ça... On joue au football. C’est plus compliqué. » Artiste incompris et en avance sur son temps, l'attaquant finit par s’en prendre à ses contemporains. « Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent. S’ils sont déçus, c’est leur problème, je m’en bats les couilles. Moi, je suis tranquille, j’ai mon contrat à Moscou. » Six jours plus tard, Jean-Louis Triaud, qui n’a absolument pas goûté au spectacle, trouvera une direction artistique à Maazou : l’A62 direction Toulouse, puis l’A9 et une bifurcation sur l’A8 pour rejoindre le Rocher monégasque.


#4 - Charles Itandje, Liverpool

Anfield, 15 avril 2009. Liverpool commémore le vingtième anniversaire de la tragédie d’Hillsborough, où 96 Scousers ont perdu la vie. Tout le stade se tait. Tout le stade ? Non. Charles Itandje se marre. « Un type s'est mis à chanter, et j'ai dit à mon voisin (Damien Plessis, ndlr) que je reconnaissais cette musique. Et on s'est mis à rire comme des gamins, expliquera le gardien camerounais. Deux jours plus tard, c'était la panique. Les supporters voulaient ma peau. Au club, on me disait : "Ne marche pas dans la rue, tu vas te faire agresser". » Ce mélomane de Charles Itandje connaît sûrement les paroles : « You'll sometimes walk alone... »

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#3 - Emmanuel Adebayor, le monde entier

Il a fâché tout rouge Jean Fernandez à Metz, un soir de défaite face à Sochaux : « Tout le monde s'est mis chiffon. Certains joueurs ont même vomi tellement ils se sont arrachés ! Et lui vient nous faire sa star du haut de ses dix-neuf ans ! S'il pense jouer à la Juventus la saison prochaine, ce sera plutôt la Juventus de Badalone en troisième division espagnole. » Il s’est fait des ennemis du côté d’Arsenal lorsqu'il est venu célébrer son but devant les supporters des Gunners quelques semaines après son transfert à Manchester City. Club dans lequel il est devenu persona non grata à l’arrivée de Roberto Mancini, ce qui le pousse à l’exil du côté de Tottenham. Club dans lequel il s’est mis à dos les fans des Spurs : « Je pense que c'est mieux de jouer à l'extérieur. Au moins je saurai que la majorité des supporters qui nous huent sont ceux du camp adverse, pas les nôtres » , déclarait-il au Guardian. Après avoir dû chercher Crystal Palace sur Google Maps, il n’a même pas eu besoin de porter le maillot lyonnais pour se retrouver dans des embrouilles, sans compter ses divers déboires avec la sélection togolaise. Finalement, après s'être mis le monde à dos, il n’y a qu’avec Mourinho avec qui cela s’est bien passé. CQFD.


#2 - Mauro Icardi, Milan

Écrire une autobiographie à 24 ans ne fait pas peur à Mauro Icardi. Insulter les ultras de son club non plus. Alors, autant faire d'une pierre deux coups de bazooka. « J’étais prêt à affronter les supporters un par un » , écrivait l’attaquant argentin dans son ouvrage paru à l’automne dernier, à la suite d'une embrouille avec un leader de la Curva nord de Giuseppe Meazza. «  Ils ne savent pas que j’ai grandi dans un des quartiers avec le plus fort taux de criminalité en Argentine, poursuit Icardi quelques lignes plus loin. Ces supporters sont 50 ? 100 ? 200 ? Pas grave, je leur ramène une centaine de criminels argentins pour les tuer ici à Milan. » Une certaine idée du capitanat.



#1 - Yohan Mollo, Monaco

Le 26 février 2011, Yohan Mollo revient à Louis-II remonté comme une pendule à l'heure d'hiver. Il offre le match nul à Caen, puis envoie une cartouche folle à son ancien coach Guy Lacombe : « Il m'a carré toute la saison. Il a fait de moi un martyr, lâche Mollo, les yeux fixés sur la caméra. J'ai répondu sur le terrain. Je le dis : j'emmerde tout le monde. J'ai marqué un but contre Monaco, je méritais ma place la saison dernière. » Saluons le culot de celui qui appartenait alors à l’ASM. Et rendons hommage au seul joueur qui donne de l’intérêt aux interviews d’après-match.

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Par Florian Lefèvre et Mathieu Rollinger
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