Tonini : « Un lapin qui sort du chapeau »

L'opportunité de taper le dauphin, Auxerre, ce soir, permettrait à l'OM de poser cinq premiers doigts sur l'affreux Hexagoal. Michel Tonini, boss des Yankees, est évidemment du déplacement à l'Abbé-Deschamps, l'esprit « traing-quille » . Il n'attend qu'une chose : qu'on ne foute pas la poisse à l'OM, si près du but. Impressions prises dans le bus vers le stade.

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Alors, ambiance tendue avant ce match à Auxerre ?


Non, non décontract'. Le sentiment général, c'est que plus rien ne peut nous arrêter. Tout le monde dit qu'on va être champions donc...


La confiance prime alors...


Vous savez, quand vous avez au fond de vous une certitude, ça ne peut pas s'expliquer, c'est comme ça. Il n'y a pas vraiment d'inquiétude, il n'y a pas le doute du faux-pas, de la défaite, de la mauvaise spirale. Tout le monde a l'impression que ce soir, il ne peut rien nous arriver. Donc c'est vraiment l'esprit tranquille là dans le bus.


Le titre, il est quasiment dans la poche là, non ?


Si on gagne ce soir, oui. Mais si on perd et qu'on fait match nul à domicile ensuite, et qu'Auxerre gagne, on sera à égalité à deux matches du bout, et on reviendra au même niveau que l'année dernière. L'année dernière, c'est à l'avant-dernière journée qu'on l'a perdu.


Comment expliquer que Marseille ait lâché si près du bout l'année dernière ?


C'est juste une fin de championnat miraculeuse et bien aidée par les arbitres de Bordeaux. L'année dernière, sur 11 matches, c'est 9 victoires, 1 nul et une défaite, on ne peut donc quand même pas dire que c'est une fin de saison décevante. Mais bon, Bordeaux a fait 11 victoires, à l'arrachée, ils ont joué tous les matches à 12 contre 11. Cette année, je n'imagine pas qu'Auxerre bénéficie de la même mansuétude des arbitres. Donc on n'est pas dans le même état d'esprit. Franchement on n'a pas peur. On n'est pas inquiets. Maintenant, ben, il nous tarde qu'il soit à nous.


Une explication à l'écroulement des Girondins ?


L'année dernière, Bordeaux était en sur-régime, et ils ont perdu un ou deux joueurs qu'il ne fallait pas perdre. Gourcuff, il était très largement sur-coté et leur équipe, au bout du compte, quand on la regarde, ce n'est jamais qu'une équipe moyenne. Donc, quand on est en sur-régime, à un moment, on finit par exploser.


Le sur-régime, ça résume la saison auxerroise ?


Sans doute oui. De toute façon, chaque année, il y a un outsider qui n'est pas très très loin. L'année dernière, il y avait Rennes ou Toulouse qui étaient dans le coup. Cette année, c'est Auxerre. Je n'arrive pas à imaginer Auxerre nous inquiéter. Bon maintenant, peut-être que je me trompe, mais a priori, je pense que ce soir, ils seront au minimum à cinq points de nous.


Aucune inquiétude à avoir en Bourgogne donc...


Pfff, si on commence à s'inquiéter d'Auxerre, ben ce n'est pas la peine qu'on vise le titre. J'aurais plus peur d'un Grenoble, notre dernier match à domicile si on doit absolument gagner, parce qu'on serait capable de faire le même match que contre Saint-Étienne, un non-match parce qu'on joue personne, qu'on joue à domicile. Mais franchement, Auxerre, ça va quoi ! C'est une bonne petite équipe mais je n'arrive pas à l'imaginer nous bousculer outre mesure.


Un Polonais en attaque, ça ne vous fait pas peur quand même ?


Jelen sans Pedretti, il n'existe pas, il ne sert à rien hein. Et Pedretti, dans ces matches-là, il est tout peureux. Ce sont les deux seuls qui potentiellement sont dangereux à Auxerre. Mais en fait, on ne les regarde même pas. On regarde Auxerre parce que c'est le seul adversaire potentiel mais qui il y a dans l'équipe, ça pourrait être n'importe qui, franchement on s'en fout.


Vous avez prévu un tifo spécial pour Pedretti ?


Pedretti ? Pfff, pour quoi faire. On n'est pas loin d'avoir le même sentiment pour lui que notre ami Nicollin donc... Il ne nous intéresse pas des masses.


Vous vous attendiez à jouer le titre en août 2009 ?


Au tout début, en toute franchise, tout a été fait pour que ça ne marche pas. Pendant l'intersaison, ils virent Diouf comme un malpropre, Deschamps arrive dans une situation où le président de l'OM n'est pas encore intronisé. Dassier, ses premières paroles, c'est de vouloir mettre l'agent de Deschamps comme directeur sportif, il y a RLD qui meurt, ils changent la moitié de l'effectif. A ce moment-là, franchement, ils ont tout fait pour, qu'une nouvelle fois, on se couvre de ridicule. Mais bon, cette année, en fait, c'est Alice au pays des merveilles quoi. Partout il y a un lapin qui sort de son chapeau. Tout le temps, à chaque fois qu'on était en difficulté, ça s'est transformé en miracle.


A Marseille, l'ambiance doit être surchauffée si près du but ?


On a tellement été habitués à être déçus qu'on essaie de rêver pas trop fort pour essayer de conjurer le sort. Donc, pour l'instant, c'est pas fait. Tant que mathématiquement, le titre, il est pas décerné à l'Olympique de Marseille, on va garder notre folie en nous. Mais à force de la garder en nous, lorsqu'on va l'extérioriser, ça va faire un sacré bruit.


Un revival de l'après Coupe de la Ligue ?


Ah, mais c'était un hors d'œuvre ça. C'était la Coupe des Figues, on s'en fout de la Coupe de la Ligue. On est allés au Stade de France la jouer, donc c'est normal que quand on joue une finale et qu'on la gagne, de la célébrer mais pour le titre de champion, si il y a, vous pouvez multiplier ça par 20, par 100. Ça ne se limitera pas au Vieux Port, il n'y aura pas que 150 000 personnes dans les rues. Ça donnera un gros bordel en ville.

Propos recueillis par Ronan Boscher


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