Bilan - Mexique - Tournoi d'ouverture

Par Thomas Goubin, à Guadalajara

Tijuana champion à épines, Cruyff viré

Johan Cruyff égaré à Guadalajara. Un champion novice et sulfureux : les Xolos Tijuana. Mais aussi, des clubs qui violent le règlement FIFA. Notre condensé du tournoi d'ouverture mexicain qui vient de s'achever.

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Les joueurs de Tijuana célébrant leur victoire dans les rues de la ville
Les joueurs de Tijuana célébrant leur victoire dans les rues de la ville
Xoloitzcuintle : chien originaire du Mexique et présentant la particularité d'être dépourvu de poils, appelé communément chien aztèque. Depuis dimanche, ce mot quasi imprononçable désigne également le nouveau champion mexicain : les Xoloitzcuintles de Tijuana. Un curieux club fondé il y a seulement cinq ans (rachat d'une franchise de deuxième division), et qui vient d'obtenir son premier titre dix-huit mois après avoir accédé à l'élite. Deuxième de la saison régulière, le club fondé par le sulfureux homme d'affaire et politicien, Jorge Hank Rhon, est venu à bout de Toluca, le leader, lors de la finale de la Liguilla (les play-offs qui concluent le tournoi mexicain). Victoire au match aller, à domicile (2-1), et également au retour (0-2). Beware of the dog !

À l'origine de la fondation du club, Jorge Hank Rhon n'est toutefois plus son président. Le 4 juin 2011, quelques jours après la montée en première division du club de Tijuana, la villa de l'ex maire de la ville était perquisitionnée. Un véritable arsenal y était découvert. Devant la menace de désaffiliation du club, un communiqué précisait que l'un de ses 19 enfants, Jorge Alberto Hank (27 ans), en est le président. Passionné d'animaux exotiques, - tigres, boas, chameaux, parsèment sa villa - Jorge Hank Rhon, fils d'une importante figure du PRI (parti révolutionnaire institutionnel), a été soupçonné par la DEA d' entretenir des liens avec le narcotrafic.



Malgré la mauvaise réputation des Hank Rhon, les Xolos se veulent une institution modèle dans une ville où prospère le trafic de drogue et la prostitution. Leurs résultats valident leur politique sportive. Outre des installations de premier ordre, l'audacieuse politique de recrutement du club explique, en grande partie, sa réussite. Les Xolos vont ainsi repérer des pochos (américains d'origine mexicaine) de l'autre côté de la frontière pour alimenter leur centre de formation, mais aussi leur équipe première. Les internationaux ricains Edgar Castillo et surtout l'excellent Joe Corona sont deux titulaires indiscutables du néo-champion. Le club de Tijuana se plaît aussi à relancer du footballeur revanchard, et quand le besoin s'en fait sentir, le carnet de chèque de la famille Hank Rhon permet de s'accaparer des talents sud-américains. Auteur d'une excellente Copa Libertadores en 2012 sous les couleurs du Deportivo Quito, Fidel Martinez, le Neymar équatorien - même renard sur la tête - a ainsi été débauché. Il disputera l'édition 2013 avec les Xolos. Un club qui sent le souffre mais dont le vorace appétit redonne du piment à un championnat trop sclérosé.



Cruyff lost in Guadalajara

Pendant la finale du tournoi d'ouverture, un communiqué des Chivas, club le plus populaire du pays est tombé. Il annonçait la fin de la collaboration entre Johan Cruyff et les Chivas, entamée en février dernier. Le projet dénommé pompeusement « football total chivas » devait, à l'origine, se développer sur trois années. Cruyff supervisait à distance, et avait installé ses hommes à Guadalajara, dont l'entraîneur John Van't Schip, vainqueur de l'Euro 88 en tant que joueur, et adjoint de Van Basten pendant l'Euro 2004. Huitièmes de la saison régulière, les Chivas se sont qualifié in extremis pour la Liguilla, d'où ils ont été éjectés dès les quarts de finale par Toluca. Lors de l'un de ses trois courts séjours au Mexique (moins d'une semaine, à chaque fois), Cruyff avait vu le club le plus titré du pays (11 championnats) toucher le fond. Le 25 octobre, les Chivas étaient ainsi éliminés de la très peu relevée Ligue des champions de la CONCACAF dès la phase de poules. L'ex club de Chicharito cohabitait dans son groupe avec un représentant de Trinidad et Tobago, et un Guatémaltèque.

Devant ce triste panorama, Cruyff, Van't Schip et Vergara ne cessaient d'en appeler à la patience des média et des supporters. Grand sanguin et consommateur d'entraîneur, le président des Chivas a finalement préféré écourté la coûteuse collaboration. Il y a neuf mois, cet homme d'affaire jamais avare d'une déclaration grandiloquente avait assuré que les Chivas deviendraient avec Cruyff « meilleur que le Barça ». Outre Van't Schip et son espagnol approximatif, une douzaine d'entraîneurs et adjoints bataves officiaient au sein de cette institution réputée pour la qualité de son centre de formation (Vela, Chicharito, Salcido ...). Rompre à l'échéance des neuf mois, un classique. Au Mexique, comme ailleurs.



Des clubs hors-la-loi

Loin de la médiocrité des Chivas, une autre équipe a surpris le Mexique cette saison : le promu, Leon. Absent de l'élite depuis dix ans, ce club de tradition a atteint les demi-finales, où les Xolos, l'autre sensation de la saison, ont mis fin à la belle histoire (0-2, 3-0). Réjouissant sur le terrain, Leon appartient depuis 2011 au groupe Pachuca, propriétaire du club du même nom. Une institution qui a régné sur le foot mexicain lors de la première décennie de ce siècle. Président du Pachuca FC, Jesus Martinez a installé son fils et homonyme, Jesus Martinez, 27 ans, à la tête de Leon. Au mois de septembre, Carlos Slim, l'homme le plus riche du monde (selon Forbes), a pris possession de 30% du capital du groupe Pachuca. De quoi envisager l'avenir avec sérénité pour les deux clubs frères.

Sauf que Leon et Pachuca violent une règle de la FIFA, qui interdit la multi-propriété. Un cas pas vraiment isolé au Mexique. Les Jaguares Chiapas et Morelia appartiennent ainsi à TV Azteca, géant des média. Et jusqu'en juin dernier, San Luis et l'America étaient détenus par le concurrent, Televisa. De nombreuses rencontres entre ces deux clubs ont d'ailleurs été considérées comme suspectes. Mais le Mexique, pays hispanophone le plus peuplé, représente un trop gros marché pour que la FIFA mette son nez dans ses petits arrangements entre amis. Leon et Pachuca n'ont pas grand-chose à craindre. Le Mexique est un pays du tiers-monde au football prospère. Il peut attirer Johan Cruyff, pas vraiment réputé pour être un philanthrope, tandis que ses propriétaires louches ou illégaux savent qu'ils peuvent continuer à y œuvrer en toute impunité. À propos,Jorge Hank Rhon est le patron d'une chaîne de casinos, où l'on peut parier sur les résultats de l'équipe présidée par son fils...

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  • Message posté par Myros el matador le 07/12/2012 à 09:31
      

    Que c'est bon de voir ce blaireau de Cruyff se ramasser!!!! putain* j'en peux plus de ce mec qui ouvre toujours sa grande gueule pour rien dire ou dire de la merde*! Autant c'etait un grand joueur mais maintenant ferme la physiquement!

  • Message posté par gen4 le 07/12/2012 à 09:42
      

    Myros je suis totalement d'accord avec toi, il n'est pas intelligent. Il ouvre son clap mer** pour dire des choses incohérentes ou des choses que nous savons déjà, il ne voit que par le barça et ne sait pas apprécier d'autres équipe.

  • Message posté par sofoutre le 07/12/2012 à 09:54
      

    Welcome to Tijuana tequila sex y marijuana..

  • Message posté par pedrolito19 le 07/12/2012 à 09:59
      

    Quid de UNAM LAS PUMAS ?! Ca c'est du club ! et quel maillot <3

  • Message posté par SoninkePsg le 07/12/2012 à 11:07
      

    que fait Robert Pires au Mexique ?

  • Message posté par Karim- le 07/12/2012 à 11:24
      Note : - 1 

    Monsieur football total... Bon ok il a apporté pas mal au foot, mais ces derniers temps il ne se sentait plus donc un bon rappel à l'ordre. Le Barca a été aussi plombé par cette volonté incessante de faire jouer des hollandais comme si c'était une race spéciale qui savait mieux jouer au foot. Puis Guardiola est arrivé, sans s'presser...

  • Message posté par Johnny Novaque le 07/12/2012 à 11:29
      

    Gerer la politique d'un club a distance, Super idee a la base, je suis tres etonné que ca n'ai pas fonctionné ! Comme d'autres je suis ravi que ce sale arrogant se soit planté

  • Message posté par El Xeneize le 07/12/2012 à 12:40
      

    Thomas Goubin , maintenant le meme texte mais avec les quelques mots d'Anglais remplacés par de l'Espagnol , puisque tu vis a Guadalajara :) ( veinard va ) Le championnat Mexicain possèdes de bonnes infrastructures et les joueurs Mexicains n'ont pas forcément besoin de s'exporter en Europe car les salaires y sont intéressants ! sauf bien sure en cas de oferta irechazable . Les grands clubs ont vraiment du mal a etre régulier et a confirmer leurs statuts , je pense a Chivas , America ou Cruz Azul , chaque saison tu vois un autre champion que ce soit en Apertura ou Clausura !

  • Message posté par julián basañez le 07/12/2012 à 18:36
      

    "Pocho" C'est plutot la maniere de s'exprimer de n'importe quel méxicain ayant vecu aux etats unis mélangeant l'anglais et l'español. Le terme qui se rapproche davantage de votre définition est "chicano". Concernant le champions du tournoi d'ouverture, beaucoup de personnes suivant le foot ici s'accordent a dire que ce club est gerer en sous mains par le cartel de tijuana et par conséquent la victoire en championat est une totale escroquerie.

  • Message posté par TG le 07/12/2012 à 19:05
      

    @Julian. Pocho-chicano, les deux sont acceptés. "Détenu en sous-main par le cartel de Tijuana", c'est tout de même à prouver. Que de l'argent sale finance le club, cela n'aurait rien de surprenant étant donné le pédigrée de la famille Hank Rhon (je crois que l'article insiste sur ce point), mais sur le terrain, ça s'est joué à la loyale. Avec Leon et Toluca, les Xolos ont proposé le football le plus consistant de la saison. Maintenant, j'attends, avec intérêt, de voir comment ils vont figurer en Libertadores. A l'inverse des Cruz Azul, America ..., eux, comme Leon, ont vraiment faim, et devraient y représenter dignement le Mexique. C'est mon pronostic, en tout cas.

  • Message posté par julián basañez le 07/12/2012 à 19:59
      

    Un club aussi sulfureux ne devrait meme pas evoluer au sein d'un championnat professionel... Mais bon je sais c'est le mexique... Apres pour la libertadores, a voir de toute facon vu ce qu'ont demontre par le passé les autres clubs ils peuvent pas vraiment faire pire.

  • Message posté par V.Jones le 07/12/2012 à 21:09
      

    Ca fait des années que je vis à Mexico et ça fait des années que j'essaie de m'intéresser au football mexicain... Mais j'y arrive pas ! Le système de tournois de apertura y clausura est pourri, les clubs sont corrompus à l'image du pays et les chaines de télé ont créé de fausses rivalités entre les clubs pour vendre leur merde*. Le Mexique aimerait avoir une culture footballistique à l'image des européens et des sud-américains et les ultras mexicains se voient comme des barras bravas argentinas !! Le Mexique est une terre de boxe et de lucha libre pas de football !

  • Message posté par V.Jones le 07/12/2012 à 21:23
      

    @Pedrolito19, les Pumas sont vraiment mauvais depuis plus d'un an déjà (ils ont pourtant recruté Villa de Cruz Azul il y a 6 mois), à la maison c'était catastrophique avec la Rebelde qui chantait "Carillo culero" pendant 90 minutes, heureusement que la bière n'est pas chère al Estadio Olimpico Universitario parce que tu t'y emmerdes* sec.

  • Message posté par julián basañez le 07/12/2012 à 23:13
      

    Et ben il a l'air d'y avoir pas mal de lecteur de sofoot qui vivent au mexique. Effectivement le niveau des equipes est tout pourris, disons que un joueur a le temps de cntroler un ballon envoyer un tweet discuter le bout avec son coequipier d'a cote, insulter l'adversaire, se curer le nez... Avant de voir arriver un mec au pressing.

  • Message posté par El Xeneize le 08/12/2012 à 10:27
      

    @V.Jones , très intéressant ce que tu a écrits sur le futbol Mejicano , que perso je connait qu'a travers le faite qu'ils sont inviter chaque édition en Libertadores , mais pas sur le réel niveau du championnat ! ( je regarde juste quelques résumés de temps a autre ) D'ailleurs je me posais la question si les chicanos etaient passionés de futbol du pays de leurs parents ou s'ils etaient plus dans la culture yankee de leurs pays de naissance ? ( la majorité portes des tuniques de base ball .. ) ( quelque uns ont le cu entre deux chaises pour la sélection , et pas mal de chicanos jouent au Mexique ! sans doute la paye par rapport en MLS hors salaire de cap )


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