1. // Angleterre – FA Cup – 8e de finale – Arsenal/Middlesbrough

Tiens, revoilà Middlesbrough !

Depuis sa relégation en 2009, après onze saisons de suite en Premier League, « Boro » avait disparu des écrans radars. Mais le finaliste de la Coupe UEFA en 2006 refait parler de lui en ce début d'année, avec une toute nouvelle place de leader de D2 et l'élimination de Manchester City sur sa pelouse au tour précédent de FA Cup. Arsenal, son opposant du jour dans la compétition, peut trembler pour de vrai.

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Si la Premier League était un tableau de maître, Middlesbrough serait un de ces nombreux personnages secondaires qui font toute la puissance de l'œuvre prise dans son ensemble. Un faire-valoir discret, mais indispensable pour mettre en avant les grands noms mis en lumière plein centre, United, Chelsea, Arsenal et compagnie. « Boro » , comme on l'appelle affectueusement, pourrait avoir les traits d'un aimable courtisan fidèle et dévoué à la cause du football britannique. Quatorze saisons de participation depuis l'instauration de la Premier League, il faut bien admettre que ça légitime qu'on fasse l'effort de lui donner quelques coups de pinceau. Et parmi ces quatorze saisons, un long bail de plus d'une décennie parmi l'élite, entre 1998 et 2009. Une présence presque rassurante bien que discrète, Middlesbrough jouant parfaitement son rôle de caractère effacé mais serviable, qui avait su trouver sa place dans le tableau, à bonne distance des personnages principaux, dans cette partie de la scène que l'on nomme ventre mou. « Boro » , garant de la tradition du football britannique « d'en bas » , étendard d'une ville pas franchement belle (pour ne pas dire carrément vilaine), mais à la population tellement fière de ses héros du ballon, qu'ils soient du pays (Pallister, Robson, Ince, Parlour, Southgate…) ou d'ailleurs (Ravanelli, Juninho Paulista, Reiziger, Mendieta, Hasselbaink, Viduka…).

Climax en 2006


Une seule fois, le discret Boro est parvenu à sortir un peu de l'ombre. C'était en 2005/2006, après avoir obtenu une septième place la saison précédente, son meilleur classement en Premier League, ce qui lui avait valu de se qualifier pour la Coupe UEFA. Emmenés par une colonie de vieux loubards nommés Schwarzer, Southgate, Boateng, Viduka ou encore Hasselbaink, les prolos du Nord-Est de l'Angleterre avaient passé les tours de la compétition les uns après les autres, réalisant même quelques spectaculaires retournements de situation, éliminant après la sortie des poules successivement Stuttgart, la Roma, Bâle et le Steaua, pour se hisser jusqu'à une inattendue finale. Cette dernière s'était en revanche très mal passée, avec une violente défaite 0-4 concédée face au FC Séville de Julien Escudé au Philips Stadion d'Eindhoven le 10 mai 2006. Trois ans plus tard, à l'issue d'un dernier exercice laborieux en élite terminé à l'avant-dernière place, c'est le retour inévitable en Championship, antichambre que le club n'a plus quittée depuis, redevenant un personnage secondaire sur le tableau, encore plus secondaire même, relégué tout au fond, à peine visible. Du ventre mou de D1, Boro s'était désormais habitué au ventre mou de D2, avec pour meilleure performance une septième place en 2012.

Un élève de Mourinho aux manettes


Jusqu'à ce que finalement, cette saison, se produise de nouveau un inespéré retour à la lumière. Invaincus depuis fin décembre, les « Smoggies » – oui, parce que non seulement la ville est moche, mais en plus elle est polluée – se sont hissés mardi soir tout en haut du Championship, à la faveur d'une énième difficile victoire obtenue sur la pelouse de la lanterne rouge, Blackpool. La remontée en élite au printemps paraît de plus en plus possible, même s'il reste encore un paquet de journées et que c'est assez serré en haut de tableau. Mieux, ce beau parcours en championnat s'accompagne d'une chouette aventure en FA Cup, Middlesbrough ayant signé l'exploit du tour précédent en allant éliminer Manchester City au Etihad Stadium, proprement en plus (2-0). Ce renouveau est l'œuvre du jeune entraîneur en place depuis fin 2013, l'Espagnol Aitor Karanka, qui a appris le métier au contact d'un certain José Mourinho, dont il était l'assistant au Real Madrid entre 2010 et 2013.

Le prometteur Patrick Bamford


Karanka se revendique clairement du Special One, son maître et mentor, lequel lui a d'ailleurs filé un coup de main l'été dernier en lui prêtant trois joueurs, dont le très prometteur attaquant Patrick Bamford, auteur de 9 buts en championnat depuis le début de saison et qui a ouvert le score face à City en FA Cup. Son équipe est majoritairement disposée en 4-4-2, même s'il n'est pas rigide tactiquement, optant plutôt pour une seule pointe face aux grosses équipes (ce qui devrait donc être encore le cas face à Arsenal). Derrière un gardien très expérimenté (le Grec Konstantopoulos, 36 ans, un vétéran dans la lignée de l'historique Mark Schwarzer), on trouve quelques très bons éléments comme le latéral gauche George Friend, le stoppeur Daniel Ayala, l'homme à tout faire Grant Leadbitter, les ailiers Adam Reach et Albert Adomah, la prometteuse recrue espagnole Kike, l'ancien capitaine de Genk Jelle Vossen… L'escouade paraît bien équilibrée entre vieux et jeunes, Anglais et étrangers. Elle a les moyens de durer pour permettre à Middlesbrough de se refaire une place durable sur la scène du football anglais. Un peu plus au centre du cadre. Welcome back, guys !


Par Régis Delanoë
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Ce qui était fou dans leur parcours européen en 2006 c'est qu'ils étaient plusieurs fois éliminés, devaient mettre deux ou trois buts pour passer, et ils le faisaient! J'étais presque étonné qu'il le gagne pas 5-4 finalement, celui contre Séville! Mais ils avaient un peu déjoué en finale.

Sinon Karanka, que Mourinho envoyait souvent en conférence de presse à sa place à Madrid, fait un très gros travail là bas. Le gars sort un peu de nulle part dans le sens qu'il était au Real un peu par hasard avec le Mou et on dirait qu'il a été excellemment "formé" au final. Comme si Mourinho arrivait à tirer le meilleur de son staff aussi. Ce qui semble montrer que sa méthode marche objectivement, c'est à dire indépendamment du personnage.
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