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Tiens, revoilà Fabio Liverani

On l’avait presque déjà oublié depuis l’arrêt de sa carrière en 2011. Deux ans après avoir raccroché les crampons, Fabio Liverani revient sur le devant de la scène, en devenant coach du Genoa. L’occasion de revenir sur une carrière mouvementée.

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L’arrêt de sa carrière n’avait pas ému grand monde. Fabio Liverani, ancien milieu de terrain de la Lazio, de la Fiorentina et de Palerme, avait décidé de dire « basta  » en 2011, après que son contrat avec le club sicilien n’avait pas été prolongé. Liverani décide alors de raccrocher, faute de nouveau challenge. Mais quelques jours seulement après avoir pris sa décision, il se lance un dernier défi, en s’engageant avec le club suisse de Lugano. Un flop total. En deux mois, il ne dispute pas la moindre minute et décide de rompre son contrat dès le mois de novembre. C’est ainsi que s’achève sa carrière. Une carrière qui a vécu de nombreux rebondissements et qui, selon certains, aurait pu connaître une ascension bien plus fulgurante. De là à parler d’un gâchis ? Non. Liverani a tout de même disputé 288 matchs de Serie A, compétition où il a fait ses grands débuts à l’âge tardif de 25 ans. Du coup, Liverani veut désormais rattraper le temps perdu. Alors qu’il a soufflé en avril dernier les bougies de son 37e anniversaire, il entreprend une nouvelle carrière, celle d’entraîneur, en débutant directement sur le banc du Genoa. Un sacré pari, lorsque l’on sait ce que le club génois a vécu lors des deux dernières saisons.

Premier joueur noir en Nazionale

Mais avant de s’intéresser à ce que Liverani compte faire du Genoa pour sa première vraie expérience en tant que coach (il entraînait les poussins du club depuis la saison dernière), revenons sur son passé de joueur. Avec, par dessus tout, une date. Le 25 avril 2001. Liverani est sélectionné en équipe d’Italie par Giovanni Trapattoni, dans le cadre d’un match amical contre l’Afrique du Sud. C’est un jour historique dans l’histoire de la Nazionale : Liverani, né d’une mère somalienne réfugiée en Italie pour fuir la guerre en Somalie, devient alors le premier joueur noir à endosser le maillot de la Squadra Azzurra. Il sera, plus tard, suivi par Ferrari, Santacroce, Ogbonna et Balotelli, mais demeure le pionnier en la matière. À ce moment-là, en 2001, donc, Liverani évolue à Perugia. Une équipe qui s’est rendue célèbre la saison précédente pour avoir ôté le Scudetto à la Juventus lors de la toute dernière journée de championnat, l’offrant sur un plateau à la Lazio. Liverani, lui, a fait le grand saut pendant l’été. Il passe de la Viterbese, club de troisième division, à Perugia, directement en Serie A. Mais son adaptation est immédiate. Il surprend par sa vista au milieu de terrain, et ses prestations sont immédiatement remarquées aussi bien par le sélectionneur national que par les grands clubs italiens. Pendant l’été, des discussions s’engagent avec d’autres équipes, mais Liverani, finalement, reste. Enfin, pas pour longtemps.

Après seulement deux journées de championnat, il est acheté par la Lazio, qui débourse pour lui quelque 14 millions d’euros. Son arrivée à Rome ne fait toutefois pas que des heureux. En effet, Liverani, né à Rome, n’a jamais caché son affection pour l’autre club de Rome, la Roma. Une photo de lui en train de célébrer le Scudetto de la Roma (trois mois avant de signer à la Lazio) fait rapidement le tour du Web et déclenche les moqueries des rivaux giallorossi. Mais Liverani fait la sourde oreille. Et répond sur la pelouse. En quelques semaines, dans une équipe en fin de cycle qui a tout gagné entre 1998 et 2001, il s’impose comme le leader du milieu de terrain. Il marque des buts décisifs, comme ce magnifique lob face à Gigi Buffon, le 25 novembre 2001, qui décide le match entre la Lazio et la Juventus (1-0). Avec la Lazio, Liverani remporte la Coupe d’Italie en 2004, sous les ordres de Roberto Mancini, et devient même capitaine de l’équipe. Mais le joueur va connaître de vrais problèmes avec le nouveau président de la Lazio, Claudio Lotito. Il s’embrouille publiquement avec lui et décide donc, en 2006, de ne pas prolonger son contrat. Il quitte la capitale après 165 matchs disputés avec le maillot biancoceleste et rejoint la Fiorentina.

Reconversion en une semaine

À Florence aussi, Liverani ne va pas faillir à sa réputation. Pendant l’été, il est même rappelé en équipe nationale pour le premier match en tant que sélectionneur de Roberto Donadoni, cinq ans après sa dernière sélection. Mauvais souvenir, puisque l’Italie championne du monde s’incline 2-0 en amical contre la Croatie. Le natif de Rome va ensuite réaliser deux saisons sublimes avec la Fiorentina, ponctuées par une demi-finale de C3 et une qualification en Ligue des champions. Pourtant, Roberto Donadoni ne le rappellera jamais en équipe nationale, malgré un Euro 2008 qui semblait être largement à sa portée vu le niveau affiché par le milieu de terrain lors des mois précédents. L’été 2008 est décidément cruel : à la surprise générale, la Fiorentina décide de ne pas lui proposer de prolongation de contrat, qui file donc gratuitement à Palerme, club où il avait fait ses gammes à l’âge de 18 ans. Là encore, Liverani ne va pas décevoir. Il devient rapidement le pilier de Palerme, dans un milieu de terrain tout en qualité composé de Nocerino, Simplicio et Bresciano, avec Miccoli et Cavani aux avant-postes.


À la fin de sa première saison sicilienne, Davide Ballardini, son coach, définit Liverani comme « le meilleur joueur qu’il ait entraîné à ce poste » . Une sale blessure casse toutefois son élan, et l’ancien Laziale, à compter de la saison 2010-11, ne pourra plus s’exprimer à son meilleur niveau. Il ne dispute que 21 matchs cette année-là, puis 12, seulement, lors de sa troisième et dernière année palermitaine. Il termine son aventure par une finale de Coupe d’Italie contre l’Inter, dans « son » Stadio olimpico de Rome. Finale à laquelle il assiste du banc de touche, en rongeant son frein. Sans contrat, et diminué physiquement, Liverani décide de raccrocher. Puis un coup de fil ravive la flamme. Lugano lui propose un contrat de deux ans. Le deal est scellé. Liverani débarque en Suisse, mais va vite déchanter. Il ne dispute pas le moindre match, et comprend qu’il est temps de s’arrêter. Le 12 novembre 2011, il annonce la fin de sa carrière de joueur, et, une semaine plus tard, le voilà déjà sur le banc des jeunes du Genoa. La reconversion la plus rapide de l’histoire.

Encore un 0-0

Reste à savoir, désormais, si Liverani va être aussi bon pour dicter une stratégie à ses joueurs qu’il ne l’était pour dicter le jeu à ses coéquipiers. Car le défi est de taille. Le Genoa est une équipe malade qui, lors des deux dernières saisons, a dangereusement flirté avec la relégation, n’assurant son maintien qu’à la toute dernière journée. Le président Preziosi veut du changement, et ce changement passe par le nouveau coach, qui veut ramener de l’enthousiasme de ce côté-là de Gênes. « Mon idée du football est basée sur l’équilibre et l’organisation. Je voudrais un football qui propose des choses et pas seulement qui attend l’adversaire » , a-t-il affirmé lors de sa première conférence de presse. L’objectif, évidemment, c’est de retrouver une place dans le haut du classement de la Serie A. Mais visiblement, Liverani n’a aucun doute là-dessus. « Nous allons disputer un championnat tranquille. Après deux années de souffrance, les tifosi méritent cela, et pas autre chose » , a-t-il assuré. Pour le moment, le Genoa s’est renforcé avec les arrivées de Marchese, Gilardino, Perin, Konaté et de l’excellent Lodi. Mais, selon le nouveau technicien, il manque encore « un gardien expérimenté, un défenseur central et un attaquant  » pour que l’effectif soit complet. Le premier match amical du Genoa griffé Liverani s’est soldé par un bon vieux 0-0 face aux Grecs de Kallonis. Le même score que lors des trois dernières journées de Serie A, face au Torino, l’Inter et Bologne. Pour le changement, on attendra donc encore un peu. Mais pas trop quand même, hein.

Par Eric Maggiori
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