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Tiens, c'était quoi, la Coupe de la Ligue allemande ?

Si l'Allemagne a un match de Supercoupe entre le vainqueur de la Bundesliga et celui de la Coupe, comme tous les championnats, cela n'a pas toujours été le cas. Pendant dix ans, six équipes jouaient une Coupe de la Ligue étrange en plein été, sans intérêt sauf un trophée sans valeur. C'était le temps de la Likapokal.

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Si le Bayern est impossible à aller chercher sur le nombre de Meisterschale remportés en 54 ans de Bundesliga, il y a une compétition où son record est encore plus figé dans le marbre. Les Bavarois ont remporté six fois la Coupe de la Ligue allemande. C'est plus qu'aucun autre, alors qu'elle n'existe plus depuis l'été 2007, date de la dernière édition gagnée par le FCB, évidemment. Cette Coupe de la Ligue était alors un tournoi qui ne ressemblait en rien à celle de la France ou de l'Angleterre. Outre-Rhin, ce n'était pas un tableau parallèle à la Coupe nationale avec uniquement les clubs professionnels, mais plutôt ce qui devait remplacer avantageusement la Supercoupe d'Allemagne.


Pour ce faire, la Ligapokal réunissait début août six clubs, généralement les qualifiés pour une Coupe d'Europe durant la saison à venir. Elle ne servait donc même pas à filer une petite place de plus pour la C3, façon Coupe Intertoto. Elle était ainsi la plus belle des coupes inutiles, jusqu'à la fin des années 2000. Après dix ans de service, la Coupe de la Ligue allemande a finalement admis qu'il était de temps de tirer le rideau.

Bouche-trou estival


La Ligapokal est un souvenir d'autant plus étrange de l'histoire du football allemand qu'elle n'a jamais convaincu personne qu'elle valait le coup d'être jouée. À l'époque, de l'avis de tous les entraîneurs de Bundesliga concernés, la Coupe de la Ligue était une corvée, un passage obligé pris avec détente et sans esprit de compétition. En 2007, au contraire, Uli Hoeneß se réjouit « d'avoir gagné seulement 1-0 » contre Schalke. Dans le Spiegel, il explique alors qu'une victoire « 4-0 – et il y a eu les occasions pour – aurait rendu les attentes pour la saison à venir inatteignables » . Le risque, dans l'euphorie, était que « les joueurs pensent ne plus rien avoir à faire » . Le boss du Bayern sait qu'il ne s'agit là que d'une pré-saison et que les objectifs viendront plus tard. La Coupe de la Ligue allemande n'était certainement pas une fin en soi. Au moment d'y mettre un terme, le président de la Ligue Reinhard Rauball dresse un bilan peu ragoûtant : « La Ligapokal n'a jamais été attractive au niveau sportif. Les clubs peuvent, sur cette période de l'année, jouer des matchs amicaux plus lucratifs ou se préparer autrement à la saison. »

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À l'origine, pourtant, elle voulait être la promotion avantageuse du Fußball, tout en étant le parfait bouche-trou de l'été. Cet aspect purement fonctionnel se retrouve dès la toute première édition d'une Ligapokal. Pendant l'été 72, elle est montée de toutes pièces par la Ligue pour renforcer les clubs de Bundesliga en leur évitant une trêve trop longue. À cause des JO de Munich qui courent jusqu'en septembre, le championnat ne peut reprendre comme à son habitude. Alors, en 72/73, la Ligapokal est un coup d'une fois dans une formule déjà folle : huit groupes de quatre équipes qui s'affrontent lors de matchs aller-retour, puis dans la suite de la saison les quarts, demies et la finale à Hambourg. C'est déjà un beau bordel. Mais il remplit le calendrier à l'aise. Faute de nouveaux JO, l'expérience retourne toutefois dans les cartons. Seul le nom est ressorti en 1997 pour concurrencer la Fuji-Cup, un tournoi amical plus important que la Supercoupe, médiatiquement.


De nouveaux critères de sélection sont établis pour en faire le tournoi d'une petite semaine. La compète est réservée aux clubs européens, les matchs se partagent entre plusieurs villes de clubs « mineurs » (Iéna, Osnabruck, Augsburg, etc.), avec 90 minutes de jeu puis tirs au but dans la foulée pour départager. En 2007, le champion de 2. Bundesliga est finalement invité tout en restant à six participants. À six, quatre équipes seulement jouent un premier tour et les deux premiers du dernier championnat passent directement en demi-finales. Voilà, rien ne paraît normal et cohérent dans ce tournoi, souvent pris par-dessus la jambe et qui s'éternise parfois dans des séances de tirs au but, à croire que personne ne veut gagner. La Coupe de la Ligue paraît tellement ancrée dans la pré-saison qu'elle finit même par avoir son naming, comme un retour aux sources de la Fuji-Cup. Le début de la déchéance et de sa mise à mort. Elle ne survit pas à la fin du contrat avec Premiere, trois ans plus tard.

L'international du genre Bayern


La Ligapokal est doucement dépassée par les enjeux des clubs qui doivent grandir pour affronter la concurrence étrangère, notamment celle de la Premier League. Le marché intérieur arrive à saturation. Il n'est plus aussi intéressant. Et s'il s'agit seulement de se mettre en forme, les clubs peuvent s'organiser d'eux-mêmes. Alors, comme toujours dans ces cas-là, c'est le Bayern qui monte le premier au créneau pour ne pas être freiné par rapport au reste de l'Europe. En 2006, Rummenigge râle publiquement parce que le public n'est pas présent aux matchs. La demi-finale face à Schalke a lieu à Munich et peine à trouver 40 000 preneurs de tickets. En temps normal, l'Allianz Arena est toujours pleine. Le pari de la Ligapokal ne tient donc pas.


Kalle propose de déplacer le tournoi en Asie – précédant ce qui va venir, avec le développement des tournées et tournois asiatiques et américains d'aujourd'hui. En fait, Rummenigge joue le croque-mort. Il fait fuser ses critiques. Rien ne parvient à le convaincre et il le fait savoir. Exemple emblématique : l'entrée du champion de D2 parmi les six. « C'est une belle chose […], mais pas un bon signe quant à la qualité » , juge-t-il dans Bild. Quant à l'argent potentiellement recueilli avec le trophée, une dotation tout de même de 4,2 millions d'euros, c'est peanuts pour le Rekordmeister. « Contrairement à beaucoup d'autres équipes, la Likacup est financièrement peu intéressante pour le Bayern. » Deux directs qui ne suffisent pas encore à mettre KO la DFL. En 2007, la Ligapokal se maintient à Leipzig. C'est la dernière. Un an plus tard, avec l'aide du BvB, Kalle va parvenir à l'abolition du tournoi.

Dortmund recordman en Supercoupe


En 2008, Dortmund et le Bayern trouvent en effet un accord pour se mettre un nouveau challenge au programme. Mais la Ligue allemande n'est pas encore partante. Peter Peters, le vice-président de la DFL, explique alors les raisons de cette réticence par le manque de préparation en amont de l'événement, « notamment parce que les critères sportifs pour déterminer qui se qualifie pour une telle compétition doivent être choisis avant que la saison soit finie. Dans le cas d'un doublé, et c'est ce qui s'est passé avec le Bayern, cela pourrait être le vice-champion... » Peu importe que la Ligue n'en soit pas encore, ce n'est pas ce qui embarrasse le plus les Munichois.


L'argent, encore une fois, n'est pas un problème. Il s'agit de mettre la pression pour entériner la formule du match unique, qui allège considérablement le calendrier. Alors la Supercoupe officieuse d'Allemagne se déroule une première fois au Westfalenstadion. En 2010, après deux éditions en scred, elle est enfin récupérée par la Ligue allemande. Depuis, ce n'est pas Munich qui se frotte les mains. En Supercoupe, c'est Dortmund qui devient recordman des victoires. Tandis que dans la regrettée Coupe de la Ligue, les Schwarzgelben n'avaient jamais touché le trophée. À qui profite le crime finalement ?

Par Côme Tessier
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Pragmatique Niveau : CFA2
Qui se souvient du "Tournoi du club Europe" avec les équipes de Ligue 1 (encore appelée Division 1 jusqu'en 2001) ?

C'était un tournoi estival regroupant quelques équipes sans critère de classement de la saison précédente.Par exemple, à l'été 2000, je crois qu'il y'avait Paris,Monaco, mais aussi Marseille alors qu'ils avaient réalisé une saison putride.Les rencontres ne duraient même pas 90 minutes mais quelque chose comme 45 ou 60, je ne me souviens plus très bien.Ce machin était retransmis sur Canal +.Il a été abandonné au bout de deux éditions, trois au grand maximum.
Message posté par Pragmatique
Qui se souvient du "Tournoi du club Europe" avec les équipes de Ligue 1 (encore appelée Division 1 jusqu'en 2001) ?

C'était un tournoi estival regroupant quelques équipes sans critère de classement de la saison précédente.Par exemple, à l'été 2000, je crois qu'il y'avait Paris,Monaco, mais aussi Marseille alors qu'ils avaient réalisé une saison putride.Les rencontres ne duraient même pas 90 minutes mais quelque chose comme 45 ou 60, je ne me souviens plus très bien.Ce machin était retransmis sur Canal +.Il a été abandonné au bout de deux éditions, trois au grand maximum.


Ça ne me dit absolument rien !

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