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Tiémoué Bakayoko, le Prince de la ville

Placardisé par Leonardo Jardim à Monaco l’an dernier, le milieu de terrain déboule en équipe de France Espoirs avec un nouveau statut : celui de MVP du début de saison de l’AS Monaco. Deux ans après son arrivée sur le Rocher, le natif du XIVe arrondissement de Paris commence enfin à mettre à profit son immense potentiel. Entre Porsche Cayenne rose, cours de boxe, repas surprise et déprime, voilà Tiémoué lancé sur l’autoroute de la gloire. Ça commence sur la voie d'insertion des Espoirs.

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Le jour de ses vingt-deux ans, Tiémoué Bakayoko s’est offert le Madrigal. Comme un grand. Là, au milieu de la pelouse impeccable de Villarreal, il a marché sur le quatrième du dernier championnat d’Espagne pour emmener l’AS Monaco vers la Ligue des champions. Le lendemain de cette probante victoire en terre ibérique (2-1), le milieu de terrain de l’ASM pensait s’offrir une petite soirée avec sa petite amie. Une belle table en bord de mer, du côté de Beaulieu-sur-Mer, était réservée. Tête-à-tête. C’était en tout cas le plan annoncé par sa moitié. Une fois arrivé au restaurant, « Baka » a compris le traquenard : la moitié de l’effectif l’attendait pour souffler ses vingt-deux bougies. Parmi les convives : Nabil Dirar, Benjamin Mendy, Valère Germain, Thomas Lemar ou encore Marcel Tisserand. Une soirée, entre bonne humeur et fous rires, qui montre aussi l’importance prise par le milieu de terrain ces dernières semaines. Ce qui n’a pas toujours été le cas depuis son arrivée sur le Rocher en 2014 en provenance de Rennes. « C’est vrai que l’an dernier, j’avais des performances assez irrégulières. Maintenant, il y a eu peu de matchs officiels et je ne veux pas m’emballer. J’espère que ça va durer parce que je bosse pour enchaîner les bonnes performances » , lâchait-il avant d’affronter Guingamp pour le grand début de la Ligue 1. Il faut dire que l’an dernier, le numéro 14 – en référence à son arrondissement de naissance à Paris – a surtout rongé son frein. Leonardo Jardim lui réservait souvent le banc de touche quand son corps ne l’envoyait pas régulièrement à l’infirmerie. « J’ai appris de mes blessures. Je me sens bien physiquement. Le corps est le plus important. Et je connais le mien de mieux en mieux  » , soulignait le milieu en janvier dernier à la sortie d’une énième blessure musculaire. Une confidence qui n’a pas bouleversé Leonardo Jardim, avec qui le courant ne passait plus.

Premier match de Ligue 1 avec Monaco, et sorti au bout de trente minutes


Dès le début de leur cohabitation monégasque, les deux hommes ont eu du mal à être sur la même longueur d’ondes. Août 2014, le technicien portugais surprend son monde lorsque, dès la première journée de L1, il lance le jeune Bakayoko en lieu et place du capitaine Jérémy Toulalan. L’expérience tourne au fiasco. Monaco perd 1-2 face à Lorient à Louis-II, et Bakayoko est remplacé à la demi-heure de jeu. Il va mettre deux mois avant de revoir un coin de pelouse de Ligue 1 pour connaître une période faste qui va s’arrêter brusquement en janvier 2015 par une grave blessure à la cuisse. Le garçon manquera la campagne européenne et regardera ses copains valdinguer Arsenal de la C1. Son retour, au Vélodrome, courant avril, coïncide avec une défaite face à l’OM de Bielsa. Le joueur rentre un petit quart d’heure. Il est à la rue. Pis, il marche. Jardim est furax et ne va jamais lui pardonner. Alors, quand, à la reprise de la saison 2015-2016, Bakayoko enquille les retards et les mauvaises sorties en matchs amicaux, Jardim sort la sulfateuse verbale : « J’attends des joueurs qu’ils travaillent pour progresser et soient approchés par des grandes équipes. Lui a eu des difficultés. Et puis, il ne peut pas toujours jouer. C’est compliqué quand il y a des joueurs cadres au même poste. » Moralité, 2015-2016 va être un chemin de croix. Début de saison sur le banc, grillé par Mario Pašalić, puis des blessures à la pelle dont une sérieuse, courant octobre, contractée avec les Espoirs. Dès lors, Jardim commence à prendre ses distances. Avec le Portugais, il faut savoir déchiffrer les silences. Alors que Bakayoko, lui, aime qu’on lui dise clairement les choses. Résultat, une petite déprime pointe son nez. Alors, pour remonter la pente, deux hommes vont s’improviser en thérapeutes de fortune : Claude Makelele et Yannick Menu, son premier formateur rennais.

Salle de boxe et Porsche cayenne rose


Depuis son départ de Rennes, Bakayoko n’a jamais vraiment coupé les ponts avec son club formateur. Alors qu’il ronge son frein à la suite d’une vilaine blessure et qu’il ne joue plus, il fait appel à Menu. L’ancien formateur débarque sur le Rocher. Les deux hommes échangent. « Baka » a besoin d’être rassuré. De parler. D’évacuer sa frustration. D’échanger. De se faire rentrer dedans, aussi. À ce moment-là, le joueur roule dans un Porsche Cayenne couleur rose. À Monaco, un petit village, ça ne passe pas inaperçu. C’est significatif. Hasard ou pas, peu de temps après le départ de Menu, le rose va laisser place à une couleur noire passe-partout. Le début de la rédemption.

Dans sa vie privée, le garçon change tout. Il lâche sa villa avec piscine de Villefrance-sur-Mer pour un appartement. Il se met à la boxe. Fait appel à un préparateur physique, ainsi qu’un diététicien. Son corps change. La tête met plus de temps à suivre. Le déclic va s’appeler « Make » . Quand l’ancien joueur de Chelsea débarque en janvier au poste de directeur technique, il se rapproche rapidement de Bakayoko. Même poste, même sensibilité pour le football. Sauf que, comme sur le pré, Makelele bouscule son adversaire. Bakayoko a un côté zen, nonchalant. Surtout quand il débute ses rencontres. Alors, l’ancien milieu des Bleus lui rentre dans le lard. Et salement. L’idée est de piquer le joueur au vif. Et ça marche. Bakayoko remonte la pente, retrouve le terrain en fin de saison avant de faire – enfin – une vraie préparation durant laquelle il s’installe confortablement dans le nouveau 4-4-2 de Jardim. Toulalan parti, voilà Tiémoué responsabilisé à outrance. Même son entraîneur, Leonardo Jardim, l’a reconnu après la qualification contre Villarreal, son joueur a changé : « La saison dernière, il y avait Jérémy Toulalan à son poste. Avec son départ, il a gagné en confiance. Mais cela fait aussi plus de temps que Bakayoko est ici et travaille avec nous. Il grandit. »


« Je me sens bien, le schéma me convient sans doute mieux, je suis plus serein dans ma tête, étaye Bakayoko. Mais je ne m’enflamme pas, ça va très vite en football, ce qui compte, c’est de rester à ce niveau. » Ce niveau, justement, est en train de lui donner un nouveau statut.
Contre le PSG, dimanche dernier, il a marché sur Marco Verratti et Thiago Motta devant les caméras de Canal+. Toujours dans son style très particulier : port altier, fessiers bombés et crochets dévastateurs. À vingt-deux piges, la machine Bakayoko est enfin lancée. Pour de bon ?



Par Mathieu Faure
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