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Thiago Sylvain

Sauf surprise de la part d'Ancelotti le malicieux, à 17 heures précises, Sylvain Armand devrait honorer sa 401e cape en Ligue 1 face au Stade de Reims. Un joli score pour un joueur qui a lié son destin au PSG, il y a bientôt dix ans de cela. Ou comment prouver qu’on peut devenir un taulier, sans pour autant rester le patron.

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On l’oublierait presque, mais Sylvain Armand a lui aussi débarqué au PSG via une clinquante campagne de recrutement. C’était à l’été 2004, Paris renouait avec la Ligue des champions après trois ans d’absence. Certes, à l’époque, le sourcil de Carlo se traduisait plus par la tignasse de Vahid, et le teint hâlé de Leonardo par celui, nettement plus rosé, de Francis Graille. Mais qu’importe. Autre temps, autre moeurs. Toujours est-il qu’à l’époque, le club parisien marquait déjà ses retrouvailles avec le gotha du football européen en dépensant des fortunes. Cette année-là, pas moins de neuf recrues étaient présentées au coup d’envoi de la saison. Et pas des moindres. Thiago Sylvain donc, mais aussi Jérôme Beckham, Mario Maxwell, Zlatan Ibišević, Ezequiel Pancrate, Alex Hélder, Stéphane van der Pichot, Charles-Édouard Motta et Jean-Hugues Ateba-Verratti. Sans oublier Sergeï Lucas, transféré six mois plus tard dans l’effervescence la plus totale.

Sylvain rarement

Depuis son illustre promotion, Armand est désormais le dernier à se garer tous les matins sur le parking du Camp des Loges. Autour de sa Porsche, tout a changé. De la pelouse à la cantine en passant par le vestiaire, la buanderie, la salle de muscu ou la voiturette sans permis de Mamadou Sakho, rien n’échappe à la montée en gamme. Mais Sylvain, lui, demeure. Il fait maintenant partie des meubles. Mieux, il en est le plus ancien. Cette vieille commode dont on ne peut pas se séparer par peur de froisser la famille, mais qui fait toujours aussi bien son taf. En une décennie parisienne, il a survécu aux différents PSG. Le spectre de la relégation d’un côté, quelques maigres coupes glanées ça et là de l’autre, mais aussi huit présidents, six entraîneurs et trois actionnaires différents. Rien ni personne ne l’ont jamais découragé. De la jachère à la floraison, ce Stéphanois de naissance a toujours eu la main verte dans son idylle avec la capitale. Mieux que quiconque, il a su appréhender le caractère éphémère de la Ville Lumière et s’en accommode encore aujourd’hui. Le mot « concurrence » dépoussiéré dans le dictionnaire du club ? Son temps de jeu réduit à peau de chagrin ? Rien d’insurmontable, bien au contraire. Il relativise : « Pour ceux qui jouent moins, c’est important de montrer qu’on peut répondre présent même si on a moins de repères. Il faut travailler encore plus à l’entraînement pour être prêt le jour J. C’est juste une préparation différente. Mais de toute façon, avec tous ces grands joueurs et le plaisir que je ressens à jouer avec eux, la motivation vient naturellement. » L’optimisme aussi.

Sylvain armé

À bientôt trente-trois ans, l’ancien champion de France nantais ne vibre plus que pour une seule chose : être enfin sacré à Paris. Là où certains ont préféré jeter l’éponge et empiler les minutes en Chine ou ailleurs, Sylvain, lui, tient bon. Coûte que coûte. « Je me le dis chaque année depuis que je suis au club, sourit-il. En tout cas, c’est la plus belle équipe dans laquelle j’ai pu évoluer. Donc j’espère que c’est la bonne ! » Au passage, il se permet même d’illustrer ses rares apparitions par quelques perfs de haute volée. Comme dimanche dernier par exemple, où pour sa 400e en Ligue 1, le totem parisien a fait passer André-Pierre Gignac pour un vulgaire cadet en surpoids. À l’instar de Zoumana Camara, son compère dinosaure qui confiait récemment apprendre beaucoup de Thiago Silva « au niveau des déplacements et de l’anticipation » , Armand semble profiter de ces joueurs dont il ne pouvait jusqu’ici apprécier le talent qu’à la télé, comme tout le monde. Papus Camara toujours : « Il faut accepter et apprendre de ces joueurs-là. On a la chance d’avoir connu le club avant. On voit le changement, on mesure tout ce qu’il se passe aujourd’hui et on estime que c’est une chance d’être là. De vivre tout ça même si parfois le temps de jeu est limité…  » Sylvain souscrit. Mercredi dernier, lors du fameux incident entre David Beckham et Jordan Ayew, il n’a pas hésité à gicler du banc pour expliquer la vie au jeune Marseillais. Avant même que Beck’s ne passe la main dans sa mèche, Sylvain était déjà là, prêt à faire la police.

Et c’est sans doute aussi parce qu’il a connu l’ancien PSG, que l’homme aux 376 matchs en rouge et bleu prend grand soin de saluer son public après chaque rencontre. Applaudissements, pouce en l’air et poing serré qui vient frapper la poitrine. À une ou deux exceptions près, il est le seul à le faire. D’ailleurs, le Parc ne s’y trompe pas et scande régulièrement son nom, qu’il soit sur le terrain ou pas. Comme un symbole. Car s’il y a bien une chose qu’Armand Sylvain peut encore transmettre à Thiago Silva, c’est son club. Tout simplement.

Par Paul Bemer
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Dans cet article

Il a pas le côté clinquant de Thiago Silva, ni le talent de Sakho, mais bordel qu'est-ce qu'il a pu rendre comme services
Ibrahimosmic Niveau : DHR
Bande d'incapables so foot, c'est ça le PSG 2004: Sylvain Armand-Jean-Hugues Ateba-Mario Yepes-Vedad Ibišević-Jérôme Rothen- Fabrice Pancrate-Charles-Édouard Coridon-Hélder Cristóvão-Stéphane Pichot.
Venez les chercher !
Spikelee92 Niveau : CFA2
Voilà un gars qui est la depuis des lustres jamais un mot plus haut que l'autre qui repond tjr present sur le terrain quand on fait appel a lui toujours souriant qui aime sincerement le psg oui armand bravo je te rend hommage carlo a vu que tu etais un gars irreprochable je veux te voir porter le maillot bleu encore longtemps oui beckham est pro comme armand l'est tout autant.
J'attend ton entre sur la pelouse pour t'applaudir tu le merite bien plus que certain.
C'est vrai qu'en y pensant c'est le genre de joueur qui m'a rarement exaspéré. Rarement je me suis dit "mais bordel armand, pourquoi t'as fait ça". Dans la même ligne, je me suis rarement dit "bordel armand t'es vraiment trop fort". Comme les autres je souscris à son capital sympathie.
Armand dernière caution du "PSG vrai", son départ (ajouté à celui de Papus) mettra fin à une période du PSG et même d'une certaine partie du foot français...
GrafenWalder Pils Niveau : Loisir
(photo) voilà l'effet que ça fait quand on pénètre Marcel Picot, pas sûr d'avoir envie...
dwight.k.shrute Niveau : District
Message posté par Leck
Armand dernière caution du "PSG vrai", son départ (ajouté à celui de Papus) mettra fin à une période du PSG et même d'une certaine partie du foot français...


La période ou Paris jouait son maintien lors de la dernière journée du championnat face à Sochaux..
Toujours à fond le mec!
Bel article, tout comme celui sur Cleverley
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