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The Long Road

Plus que jamais, il est le successeur. Après avoir longtemps attendu dans l'ombre, Shane Long est progressivement devenu l'homme de l'Irlande après Robbie Keane. L'Euro 2016 doit être le théâtre d'une véritable passation de pouvoir entre la légende et son adoubé, héros définitif depuis un but victorieux contre l'Allemagne en octobre dernier. Et ce, alors que l'Europe du foot commence à lui faire les yeux doux.

C’est une valse historique à plusieurs temps. Son premier temps : le 29 mai 1994, quelques semaines avant la Coupe du monde américaine, à Hanovre. Jack Charlton sur le banc, Tony Cascarino à la finition et une victoire historique de l’Irlande (2-0) contre l'Allemagne, championne du monde en titre. Peu importe que l’ancien attaquant de l’OM ait estimé plus tard qu’il n’était « qu’un faux Irlandais » , la victoire est entrée dans l’histoire. Le second temps : le 5 juin 2002, à Kashima. Klose ouvre le score pour l’Allemagne, Robbie Keane égalise à la dernière seconde de la rencontre et s’amuse à faire des galipettes sur la pelouse japonaise pour boucler le scénario. Et enfin, le dernier temps : le 8 octobre dernier. Un Irlande-Allemagne, à l’Aviva Stadium de Dublin, pour la neuvième journée des qualifications à l’Euro 2016. Ce jour-là, une nouvelle génération va prendre le pouvoir, avec un nouveau buteur, un nouveau héros. Il s’appelle Shane Long, cavale pour Southampton et a aujourd’hui 29 ans. Hier, Long était considéré comme un mec trop fragile face aux buts, souffrant d’un manque d’expérience et d’un CV souvent jugé trop léger. Sauf que contre l’Allemagne, il a retourné son destin pour exploser au cœur de Dublin face aux champions du monde en titre (1-0) en donnant la victoire à son peuple. En sortant du terrain, face aux caméras, il lâchera un grand « yeeeeeees » . Son sélectionneur, Martin O’Neill, est depuis sans concession : « Depuis ce match, Shane est devenu un autre homme. Il y a des buts qui changent votre vie. Celui-là a définitivement changé la sienne. »

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La Shane dans la Poche


En réalité, pour prendre la dimension de ce qu’est devenu Shane Long, il ne suffit que de lever les yeux. Vendredi dernier, toujours à l’Aviva Stadium, l’Irlande a été accrochée à domicile face aux Pays-Bas (1-1). Long a ouvert le score à la sortie d’un cafouillage, Luuk de Jong a égalisé en fin de match. Mais le plus important ce soir-là était peut-être en tribunes. Enfoncé dans son siège, Mauricio Pochettino est attentif. L’entraîneur argentin de Tottenham est venu scruter l’attaquant irlandais d’un peu plus près en compagnie de son assistant, Jesús Pérez, et du boss du recrutement des Spurs, Paul Mitchell. Oui, le même Mitchell qui avait fait venir Long à Southampton en août 2014 avant de filer à Tottenham. Pochettino, lui, avait déjà rejoint Londres. Un peu plus bas, on pouvait également apercevoir Nicky Hammond, l’homme de l’ombre de West Bromwich Albion, qui était directeur sportif de Reading lorsque les Royals ont recruté Long en juin 2005. Pas très loin non plus, Pat Dolan, le conseiller de Shane Long. Selon les informations du site irlandais Sports Joe, la troupe s’est ensuite retrouvée au Luna, un restaurant du centre de Dublin pour discuter de la situation de l’attaquant des Saints à qui il reste encore deux ans de contrat dans le sud du Royaume. La raison est la même : Long est devenu un footballeur accompli et il est temps pour lui de grandir. Alors la cour autour de lui a commencé, on parle d’un intérêt de Liverpool, de Tottenham donc, de clubs espagnols et même de la Juventus Turin. Rien que ça.

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Que le temps où O’Neill expliquait dans la presse irlandaise vouloir que « Long devienne un grand buteur pour assurer la suite de Robbie Keane » semble lointain. Cette saison, c’est simple, Shane Long a fracassé ses limites avec un total de dix buts en Premier League (treize toutes compétitions confondues) et a surtout poussé Graziano Pellè - hier intouchable à Southampton - sur le banc des Saints. Pourquoi ? Car, cette « mentalité de tueur » demandée de tous, Long l’a enfin développé. L’exemple le plus marquant est peut-être une scène décrite par Ronald Koeman fin avril après une victoire à Birmingham, face à Aston Villa (4-2) : « Il est entré dans le vestiaire et s’est excusé de ne pas avoir marqué plus de buts. C’est une bonne mentalité, car il a eu pas mal d’occasions pour le faire. Je ne me plaindrai jamais d’un joueur qui travaille dur et donne tout sur le terrain. Rater des occasions est aussi une partie du boulot de buteur. » Ce jour-là, pourtant, Long a ouvert le score et a délivré deux passes décisives pour Dušan Tadić. Mais Shane Long n’en a jamais assez alors même que Koeman aime raconter sa joie d’avoir « joué avant Long » pour ne pas avoir à l’affronter.

Du hurling à l’Euro


Shane Long est simplement devenu la définition de l’attaquant moderne : un mec qui répète les efforts, qui aime se bouger contre les défenseurs, qui avance pour les autres. La vitesse avec l’amour du combat. Un état d’esprit tiré d’une enfance passée entre le hurling, le sport gaélique considéré comme le sport collectif le plus rapide existant, et le football gaélique. Long n’a commencé le foot qu’à douze ans, n’a pas connu d’académie et a galéré aussi à sa manière avec les réticences que cela entraîne. Reste que les exemples récents de Lambert, Austin, Vardy ont ouvert l’esprit de certains recruteurs anglais. Il faut se le dire tout de suite : Shane Long est plus complet qu’un Charlie Austin, qui devrait être son remplaçant logique à Southampton après avoir été acheté l’hiver dernier à QPR pour un peu plus de cinq millions d’euros. Interrogé après une victoire contre Manchester City en 2008 (2-0), Steve Coppell, entraîneur de Long à Reading entre 2005 et 2009, expliquait cette perception : « Shane n’a pas fait d’académie et on ne peut pas lui enlever son mérite. »


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Coppell avait alors fait venir Long en Angleterre pour le tirer de Cork City et avait remporté le titre en Championship avec l’attaquant irlandais en 2006. Long a pris son temps, a souvent été considéré comme un joker de fin de match, ce qu’il avait prouvé avec Reading pour sortir Liverpool de la FA Cup en 2010. C’est là qu’il a commencé à s’émanciper pour terminer là où il en est aujourd’hui. Son histoire avec la sélection a été similaire avant de sortir de l’ombre de Kevin Doyle ou de Robbie Keane. Lors de la campagne de qualifications pour le championnat d’Europe en France, Long a longtemps été un titulaire incertain, tantôt derrière Daryl Murphy, parfois bouché par Jonathan Walters. Et O’Neill a finalement décidé d’adapter son système à l’attaquant de Southampton : un 4-4-1-1 pour lui offrir des espaces où il devrait jouer devant tout seul. « Mon message est simple avec Shane : saisis ta chance, c’est maintenant. C’est ton tournoi » , le dit lui-même O’Neill. Un ultime tournant dans tous les cas avant d’aller toucher son sommet. Au bout de la route.

Par Maxime Brigand
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