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Thauvin et Marées

Meilleur joueur de l'OM cette saison, Florian Thauvin a logiquement placé la Russie dans son viseur. Les deux prochains matchs face au pays de Galles et l'Allemagne doivent lui permettre de faire ses preuves.

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Il paraît que le football moderne serait devenu une dictature nourrie aux statistiques, que l’on ne regarderait plus ce qu’il se passe sur le terrain et qu’on ne parlerait plus de foot au sens premier du jeu. Un chiffre, malgré tout, balancé quelques heures après la balade dominicale d’un OM libéré le 5 novembre dernier face à Caen (5-0) : depuis le début de l’année 2017, Florian Thauvin est impliqué sur 25 des 61 buts inscrits en Ligue 1 par son club, avec quinze buts et dix passes décisives. Il paraît aussi que « l’être humain est une bête compliquée » comme l’’expliquait récemment Pablo Aimar dans un entretien donné au quotidien argentin Página/12.

Drôle d’évolution que celle de l’image de Thauvin dans la conscience collective : à 24 ans, une mèche faussement rebelle sur la tête et un corps élastique, le natif d’Orléans est définitivement devenu le patron du nouvel OM, représenté par le triangle McCourt-Eyraud-Garcia. Soit le genre de mec qui prend le micro à la fin de chaque rencontre pour analyser les performances, bonnes ou mauvaises, de ses potes, le genre de joueur qui sublime un collectif miné par une confiance alternative, mais aussi celui qui venait récemment défendre face à la presse un Patrice Évra en chute libre, dont le sort devrait être réglé dans la journée de vendredi par l’état-major marseillais. Qu’il vente ou qu’il pleuve, Florian Thauvin sort le parapluie, protège l’équilibre du vestiaire de l’OM et affirme à qui veut l’entendre que rien ne peut atteindre l’institution : « L’OM et ses supporters, c’est quelque chose de fort, il faut tous qu’on aille dans le même sens, on ne forme qu’un. On est là pour faire la fête ensemble et gagner. »


Comment expliquer de façon rationnelle la mutation d’un joueur qui a longtemps cavalé avec l’étiquette « fils de Labrune » sur le front et qui ramenait, il y a encore peu de temps, au projet Dortmund ? Deux visages parmi d’autres sur la courbe qui accompagne Thauvin depuis son retour à l’OM en janvier 2016, consécutif à un hors-piste mal négocié à Newcastle : ceux de Franck Passi et de son successeur, Rudi Garcia. « Franck a été important pour moi. Il m’a toujours beaucoup parlé, expliquait l’attaquant à L’Équipe en mars dernier. Il m’a aidé et a imposé mon retour à Marseille l’été dernier. Sans lui, je ne serais peut-être pas à l’OM. Rudi Garcia est un entraîneur que j’ai failli avoir à Lille. Il me voulait avant de partir à la Roma. Cela a été un soulagement d’apprendre la nomination d’un coach que je connaissais déjà. » Un coach qui lui a surtout permis de sauter progressivement les marches qui devaient naturellement le conduire un jour à Clairefontaine.

« Il faut qu'il prenne du plaisir sur le terrain »


Et, en 2017, le Thauvin nouveau a dépoussiéré sa route et son jeu. Il y a l’homme, donc, qui n’hésite plus à assumer un rôle de cadre là où il n’était hier qu’un gosse avec de belles qualités et de gros défauts. En résumé, un sale gosse, capable d’insulter publiquement Dimitri Payet ou Mathieu Valbuena, incapable de résister à l’impatience du Vélodrome à son sujet. « Les gens commencent à le comprendre. Il y a toujours un vrai engagement dans ce qu'il fait, détaille son ancien entraîneur à Bastia, Frédéric Hantz. Sa carrière a été freinée à un moment par des choix risqués et courageux, mais ça lui a permis d'affirmer une force mentale qu'il a toujours eue. » Puis, le joueur, surtout, qui s’est longtemps persuadé qu’il pourrait faire la différence tout seul, avec « une mauvaise analyse de certaines situations » , poursuit Hantz, et dont le salut passerait par une simplification maximale de son jeu. C’est à cet instant que Garcia a débarqué dans la pièce pour cadrer un jongleur dont le seul objectif semblait être d’envoyer ses quilles dans des compilations YouTube à la manière de son idole, Arjen Robben. « Flo, je lui avais montré des stats il y a un gros mois, posait coach Rudi dimanche dernier. C’était un des joueurs qui cadraient le moins, même s’il tirait beaucoup, un de ceux qui perdaient le plus de ballons. Mais aussi un joueur impliqué sur presque 50% de nos buts. Il fallait qu’il ait la fixation de marquer, marquer, marquer. (...) Il faut qu’il prenne du plaisir sur le terrain, qu’il joue aussi pour les autres, et tout va suivre. Il est capital pour nous. » Et il l’est d’autant plus dans une période où Dimitri Payet, capitaine du navire, traîne la patte.

L'élève modèle


Meilleur joueur de l’OM cette saison aux côtés de Luiz Gustavo, Florian Thauvin allait donc voir. « Tout va suivre » , disait Rudi Garcia, et le projet du Patrick Swayze de Nemours a bien une finalité : envoyer Thauvin en Russie l’été prochain, ce pourquoi Didier Deschamps devrait (enfin) vraiment le tester face au pays de Galles vendredi soir ou en Allemagne mardi. Interrogé cette semaine, le sélectionneur a confirmé que ce rassemblement servait avant tout à récolter « plus d’informations » sur un vivier riche et une équipe type qu’il reste à dessiner. Un détail qui ne peut en être un pour Thauvin : lors de ces deux rencontres, Deschamps va varier les systèmes, et le 4-2-3-1 devrait permettre au sélectionneur de tous les Français de faire glisser l’ailier marseillais au moins une mi-temps sur la piste. Un peu plus, on l’espère, d’autant que Kingsley Coman, touché à un pied, n’est pas arrivé au rassemblement à 100%.

Cette rencontre face au pays de Galles, où l’on a plus à apprendre qu’autre chose, pourrait donc permettre à Florian Thauvin de goûter une deuxième sélection après sa dizaine de minutes prises contre le Paraguay (5-0) en juin. Tactiquement, l’idée fait sens, dans la logique collective aussi, le Marseillais apportant plus de variété offensive que son alter ego du Bayern. « Il a besoin de constance dans son jeu, il travaille pour l'avenir et il touche maintenant du bout des doigts ce qu'est le haut niveau. Il n'y est pas encore, mais il n'en est pas loin » , conclut Hantz. En attendant, c’est aussi son comportement qui a évolué : aujourd’hui, Thauvin ne revendique rien, arrive le premier aux rassemblements et accepte sans sourciller de patienter dans son coin, même si Deschamps a dû le bousculer sur son investissement lors de son premier entraînement chez les grands. Nous voilà, malgré tout, loin, très loin, d’un hiver 2015 où le gamin avait perdu le sourire et un bout de son talent. Après une victoire au confort – réussir à l’OM –, le voilà prêt pour l’épreuve d’immunité.



Par Maxime Brigand Propos de Frédéric Hantz recueillis par MB.
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