TFC : Tout fout le camp

Leader de la Ligue 1 début septembre, Toulouse pointe actuellement au douzième rang. Une méchante chute due en partie à un réalisme offensif déficient doublé d'une incapacité chronique à engranger des points à domicile. Ça va mal dans la maison violette.

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Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Toulouse n'est pourtant pas adepte des dictons et autres proverbes en tout genre. Le TFC a souhaité faire sa tête de mule dans le courant du mois d'août. Le président Olivier Sadran a laissé partir André-Pierre Gignac pour une belle somme d'argent (16 millions d'euros, ndlr). L'homme d'affaires a renfloué les caisses et n'a pas voulu recruter un grand buteur, arguant le fait que son équipe pouvait bien jouer sans Dédé. Mi-septembre, le boss toulousain est tout fou. Douze points, une victoire à Bordeaux et voilà Toulouse leader du championnat avec Xavier Pentecôte en avant-centre. Et pourtant, les Haut-Garonnais jurent à l'époque que cela ne va pas durer et s'inquiètent de retomber dans les travers de l'an dernier. Le bel été indien ne va, en effet, pas durer.

La saison automnale précipite les problèmes toulousains. Le temps devient gris et la qualité de jeu au Stadium se dégrade. Daniel Braaten, trois cageots lors de ses trois premiers matches, marque le pas. En même temps, le Norvégien n'a pas été acheté pour jouer devant, lui le milieu de terrain de métier. Pentecôte se blesse, les Violets enrôlent alors Yanis Tafer et Federico Santander en roues de secours. Un espoir français et un jeune bulldozer paraguayen. Leurs premières rencontres en Ligue 1 s'avèrent plus que médiocres. Le Téfécé ne possède plus de mecs capables de faire la différence en un contre un. L'entraîneur Casanova reconnaît, dans les médias locaux, les difficultés de ses attaquants. « Les deux joueurs qu'on a recrutés ont une énorme pression, qui ne vient pas du club, mais de leur entourage et même d'eux-mêmes. Ce ne sont pas les remplaçants de Gignac, ce sont des jeunes joueurs qui ont un grand potentiel, une belle marge de progression et qui n'ont pas d'expérience. Je ne veux pas qu'ils se mettent autant de pression, sinon ce sera compliqué pour eux » . Les longs ballons remplacent le jeu court, Étienne Didot et Moussa Sissoko se blessent. Bref, l'ambiance vire au tristounet de l'autre côté de la Garonne.

Objectif : regagner des matches à l'ancienne

A la mi-novembre, les faits sont là. L'effectif n'a pas beaucoup évolué depuis l'an dernier, il s'est même appauvri après le départ d'André-Pierre Gignac à l'OM. Alain Casanova n'a pas vraiment changé de philosophie de jeu et les cadres, si bons en début de championnat, semblent flancher physiquement. La fébrilité s'est installée sans que personne ne s'en aperçoive. Les Toulousains veulent par conséquent retrouver le goût de la victoire, quitte à regagner à l'ancienne, par de bons vieux 1-0. « Cette année le championnat est vraiment serré, il n'y a pas beaucoup d'écart. On est tous à peu près sur la même ligne comptable, explique Sissoko dans les colonnes de La Dépêche du Midi. Cependant c'est sûr que si on ne capitalise pas rapidement, ça risque de devenir compliqué. On n'a pas trop le choix : il faut rectifier le tir. Peu importe la manière, il nous faut trois points absolument » . La rencontre de ce soir face à Marseille arrive à point nommé. Le TFC affronte le champion de France en titre et son buteur Gignac, en mal de confiance. L'année 2010 n'est décidément pas brillante pour les anciens comme pour les néo-Toulousains.

Par Romain Poujaud

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