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TFC et LOSC à la relance

Si les deux équipes tournent bien depuis le début de saison, elles doivent arrêter d’avoir des trous d’air pour être à la hauteur de leurs ambitions respectives, à savoir l’Europe et le titre.

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Toulouse et Lille n’ont pas les mêmes rêves. Le Lille du tandem Seydoux-Garcia gère pour le moment plutôt bien une toujours difficile saison post premier titre, mais doit s’accrocher à la loco du PSG pour continuer à croire au doublé. Le Tef’ plus humble du besogneux combo Sadran-Casanova doit lui s’éviter d’alterner le bon et le moins bon pour rester dans les clous de son ambition plus mesurée, l’Europa League. Deux objectifs identifiés et différents mais un même besoin pour ces deux équipes : être plus régulières.

Un Tef' trop généreux

Comme la saison passée, le Tef’ sait se montrer généreux. Lorsque les bons résultats s’enchaînent, que la dynamique est bonne, l’équipe toulousaine a la sale manie de sortir le bon vieux match bien moyen qui plombe tout. Qui plus est contre des équipes mal en point qui souhaitent se relancer. Quand le Téfécé, 3ème de ligue 1, se pointe au stade Bonal début octobre, Sochaux est au plus mal. Les Doubistes viennent de prendre 10 pions en deux matchs contre Rennes et Auxerre. Résultat, Toulouse en prend trois dans un match qu’Etienne Didot résume simplement « On avait une possession stérile, dans les têtes, on a loupé ce match. Sochaux avait plus faim que nous et ça s'est vu tout simplement. On a eu une large possession du ballon mais pas suivie d'effets, c'était plus un non-match de notre part qu'autre chose  » .

Un mois plus tard, après un bon match contre Rennes et une victoire à 10 contre 11, bis repetita. L’Auxerre de Laurent Fournier n’a pas gagné depuis cinq journées. Le Tef’, aux portes du podium, mais encore sans inspiration, en prend cette fois deux. Après le match, Alain Casanova ne constate pas autre chose : «  En première période on a certes dominé, mais sans se créer d'occasion par manque de percussion  » . Comprendre, cette équipe n’aime pas avoir le ballon. L’athlétique bloc toulousain n’est jamais aussi bon que lorsqu’il peut défendre et évoluer en contre. Contre Lille, une équipe joueuse, et après une cette sortie oubliable à l’Abbe-Deschamps, le match devrait donc être meilleur.

Lille ne doit pas lâcher

Le LOSC a obtenu gain de cause. Avant un match crucial en Champions League la semaine prochaine contre Moscou et juste après l’imbroglio qui a pesé autour du match contre Evian, Lille a vu son match de la 14ème journée avancé à vendredi. Une bonne nouvelle, car à force de se fatiguer à jouer à fond sur deux tableaux, le LOSC, pas mal en point, affiche tout de même un léger retard sur la grosse machine de Kombouaré. Six points qui n’ont encore rien de rédhibitoire mi-novembre mais qui pourront s’avérer pesants si la machine parisienne se lance définitivement. Le LOSC perd peu (une défaite), mais a cumulé les nuls (six pour autant de victoire) contre des équipes comme Sochaux, Lorient ou Valenciennes. Des points que ses concurrents directs n’ont pas perdu ou ne perdront sous doute pas.

Comme l’évoquait un Rudi Garcia tendance lapalissade: « Les matchs nuls ne font pas avancer » . Certes. Avant d’enchainer : « Mais ils laissent toutefois l’équipe dans une dynamique positive » . Ok, mais le LOSC n’a plus de temps à perdre pour s'incruster dans le duo de tête. Invaincus à l’extérieur, les Dogues doivent prendre des points au Stadium. Dans le même temps, si le PSG devrait facilement se défaire d’un Nancy au fond du seau au Parc, l’OL reçoit lui le Stade Rennais et Marseille se déplace à la Mosson. Deux rencontres entre prétendants qui devraient se chiper des points entre eux. L’occasion est trop belle.

Opposition de style

Sur le papier, la structure tactique des deux équipes est la même. Deux 4/3/3 dans l’ère du temps. Sur le terrain par contre, les expressions collectives des deux clubs sont antinomiques. Leurs coachs aussi. Rudi Garcia, le costar assumé, les sourcils froncés, le regard d’acteur hollywoodien surjoué qui va avec, assume pleinement driver l’équipe la plus sexy du championnat. Ou tout simplement la plus joueuse. Un vrai toque nordique revendiqué, modèle de jeu d’une ligue 1 encore trop frileuse : «  Notre invincibilité à l’extérieur en Ligue 1 témoigne de notre capacité à prendre le jeu à notre compte, même hors de nos bases. Nous avons souvent à faire au même scénario face à une équipe qui nous attend et qui nous laisse la possession du ballon. Globalement, nous jouons de la même façon à domicile et à l’extérieur » indique-t-il sur le site officiel du club, sûr de sa force.

Casanova, plus branché survêt-casquette, accepte lui le côté pataud de son schéma ultra défensif. Un faux 4/3/3, un vrai 4/5/1, fierté d’un entraineur austère qui ne s’embarrasse pas en effet d’annonce ingérable. Mais avec le soutien de son président Oliver Sadran, qui déclarait il y a peu dans France Football: « Je connais la philosophie d'Alain Casanova et il est faux de dire qu'on ne fait que défendre. Archifaux ! D'abord, il fait avec les moyens dont on dispose. Ensuite, il applique une méthode en l'absence de laquelle le club serait passé à la trappe. Ce qu'on fait est cohérent. Ce que je veux, c'est réaliser une bonne saison qui nous permette de rester en Ligue 1. O.K., ce n'est pas très sexy, mais il faut savoir qui on est  » . En vrai, le TFC en est encore au stade pré-natal du projet lillois. L’idée est d’abord d’être régulier en haut. Le coach sexy, bankable et les rêves de beau jeu viendront plus tard. Pour le moment, il s’agit de s’accrocher et de valoriser le meilleur départ toulousain de l’histoire. Rien que ça.

Par Antoine Mestres
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