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Tevez, c'est fort Apache

L'attaquant de l'équipe d'Argentine reste le chouchou de Diego Maradona à l'heure de défier l'Allemagne en quart de finale. Parce qu'il est un buteur hors pair. Parce qu'il est aussi l'enfant du peuple argentin.

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Le 17 juin 2004, on a tout compris. Alors que l'Europe découvre un jeune prodige nommé Wayne Rooney, plus jeune buteur d'un Euro face à la Suisse, l'Amérique du Sud tombe le même jour sous le charme d'un autre jeune crack. Les cheveux en vrac, des dents qui partent en quenouille et une cicatrice gigantesque à vous faire passer Rooney pour un mannequin : Carlos Tevez est une gueule, une vraie. Mais surtout, au-delà de ce physique digne du musée des horreurs, Tevez est un fou capable de tout. Ce jour-là, dans l'arène de River Plate, le jeune attaquant de Boca Juniors va chauffer les Barras locaux après avoir marqué un pion en mimant une poule mouillée, le sobriquet préféré de Boca quand on évoque River. Les gros bras de Los Borrachos del tablon (Les ivrognes de la table) menacent d'envahir le terrain pour lui faire la peau et l'émeute est seulement évitée parce que Tevez est expulsé, sourire au coin des lèvres. Oui, Carlitos n'a peur de rien car il se sent le représentant absolu de son peuple. Hier, celui de la Bombonera, aujourd'hui celui de toute l'Argentine. Et c'est peut-être ce qui en fait un joueur définitivement à part.

Un Adriano qui ne serait pas alcoolique


Au sein d'une attaque argentine d'une richesse inégalée actuellement, Tevez joue à fond cette carte de l'homme du peuple. Diego Maradona, qui en connaît un rayon sur le sujet, ne peut ignorer la popularité quasi équivalente à la sienne de l'avant-centre de Manchester City. Et tant pis pour Diego Milito, artisan principal du triplé historique de l'Inter Milan cette saison, et Sergio Agüero tout simplement le gendre de Maradona lui-même. Dans une Albiceleste attendue comme jamais depuis plus de vingt ans, l'Apache est un catalyseur unique pour délester ses partenaires, Lionel Messi en tête, et leur permettre de donner le meilleur d'eux-mêmes, avec le moins de pression possible. Il faut dire aussi que si Tevez est une star absolue de sa patrie, c'est qu'il ressemble terriblement aux Argentins, du moins à l'image qu'ils se font d'eux-mêmes. Batailleur, agressif, sanguin et le petit soupçon de vice qui va bien, la fameuse viveza, que d'aucuns appelleraient “l'acuité oblique”, cette intelligence instinctive façonnée dans la rue. Celle d'où vient Carlitos. Mieux : celle dont il se réclame. Au fond, Tevez figure une sorte d'Adriano argentin qui n'aurait pas fait de l'alcool son compagnon le plus fidèle.

Une intensité folle qui compense tout le reste


Mais réduire le champion olympique 2004 à un simple étendard vivant du peuple argentin serait une méprise profonde. Si “Scarface” est un incontournable des Ciel et Blanc, c'est aussi (surtout ?) parce qu'il est un véritable tueur devant les buts adverses. Cette saison, chez les Citizens, le natif de Buenos Aires a encore facturé 26 pions en 36 apparitions. Son secret ? Ah, voilà une vraie bonne question. Car un premier regard nous indique de prime abord que ce gars n'est pas exceptionnellement rapide, pas formidablement puissant, pas extraordinairement technique. Mais quelle intensité ! Rarement, on aura vu un attaquant sublimer les différents compartiments de son jeu sur sa seule intensité. Intensité dans les courses (qui lui permettent toujours d'avoir un léger temps d'avance sur l'adversaire), intensité dans les contacts (même face à des monstres, il ne tombe que très rarement), intensité dans ses initiatives (qui compense une technique pas toujours hyper fluide). Résultat : une capacité à marquer de toutes les façons imaginables, des golazos les plus pétaradants comme sur son second but en huitièmes de finale face au Mexique, aux buts les plus roublards comme sur son ouverture du score contre les Aztèques avec un hors-jeu d'au moins un mètre. Fort de ce doublé essentiel, Tevez devrait donc encore guider le trident offensif argentin avec Messi et Higuain. Et à la place de la charnière Friedrich-Mertesacker, on se ferait du mouron. A cause de Tevez. A cause aussi des 40 millions d'Argentins qui semblent l'accompagner partout où il se trouve.

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