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Teodorczyk, le buteur muet

Vingt et un matchs, dix-sept buts. En quelques semaines passées en Belgique, Łukasz Teodorczyk est devenu un des transferts les plus efficaces de l'histoire d'Anderlecht en défonçant tous les compteurs... et parfois même les journalistes. Portrait d’un homme allergique aux conférences de presse.

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Fin août dernier, alors qu’il est anderlechtois depuis quelques jours seulement, Lukasz Teodorczyk passe par cette étape obligatoire : la conférence de presse de présentation. Mais à travers ses quelques déclarations banales, le Polonais fait rapidement comprendre qu’il n’en a rien à foutre d’être là. Avant de le faire savoir officiellement : « Si ça ne dépendait que de moi et que mon ami interprète n’avait pas été à mes côtés, j’aurais déjà mis fin à l’interview depuis longtemps. » Teodorczyk vient de frapper fort : en vexant le gratin du journalisme belge, le buteur de vingt-cinq ans ne sait peut-être pas qu’il sera attendu au tournant tout au long de la saison. Le souci, c’est que pour le moment, la route du Polonais ressemble plus à une grande autoroute allemande qu’à un chemin sinueux de Saint-Agrève, lui qui n’a encore vécu que cinq matchs (sur vingt et un) sans trouver la faille. Et vu qu’il parle sur le terrain, Teo ne va pas s’emmerder à s’épancher dans la presse.

Huit cents kilomètres pour rien


Journaliste pour le quotidien polonais Gazeta Wyborcza, Radoslaw Nawrot raconte dans les pages de Sport/Foot Magazine (Belgique) que l’aversion de Teodorczyk pour la presse ne date pas d’hier : « Il a toujours eu des difficultés avec les journalistes, il se méfie d’eux. Il pense que les journalistes ne sont pas nécessaires, il les voit quasiment comme une menace. » Si son plus grand fait d’armes dans le domaine est plutôt récent et date de sa période au Dynamo Kiev (2014-2016) quand il rembarre un compatriote journaliste qui s’est tapé huit cents kilomètres pour l’interviewer, le Polonais savait déjà s’y prendre quand il jouait au Lech Poznań (2013-14), où il aurait réussi à bloquer le numéro de téléphone de son attaché de presse. Et depuis sa première conférence de presse retentissante en Belgique, le grand Teo a accumulé ce que les reporters nationaux prennent comme des provocations. Héros des Mauve et Blanc début octobre au Standard en offrant une victoire que les siens attendaient depuis quatre ans, il passe devant la zone de presse sans dire un mot. Plus tard, il empêche toute connaissance de se confier sur sa personne, alors que des journalistes du magazine flamand Fan! se sont déplacés en Pologne pour écrire un article sur ses origines.

Casseroles familiales


« Je l’ai rencontré à plusieurs reprises à Poznań, mais il avait du mal à se libérer. Il n’aime clairement pas les interviews, c’est quelqu’un de compliqué à aborder, analyse Radoslaw Nawrot. Si vous le rencontrez après une défaite, bonne chance pour qu’il s’exprime ou qu’il vous explique les raisons de l’échec. Je pense que sa personnalité renfermée avec les médias s’explique par une jeunesse quelque peu difficile. Il a grandi à Zuromin dans une petite ville de quelques milliers d’habitants à une centaine de kilomètres de Varsovie. (...) Je ne pense pas que ça ait toujours été rose pour lui. »

La jeunesse de Lukasz Teodorczyk est en effet le nœud central de son exécration de la presse. En octobre 2012, alors qu’il s’apprête à faire ses débuts avec l’équipe nationale polonaise, le jeune attaquant découvre un article sur ses racines publié dans le Przeglad Sportowy. Le journaliste y décrit l’enfance difficile de Teo aux côtés d’un père alcoolique, violent envers sa femme et ses trois fils, et qui sera viré de son boulot, puis finalement de sa maison. Mais l’article ne s’arrête pas là dans les confidences et déballe ensuite les déboires du frère de Lukasz, impliqué dans des affaires de drogue et de vol. Largement affecté par ce papier et montré du doigt par ses voisins de Żuromin, sa ville natale, le joueur décide de s’enfoncer totalement dans le mutisme.

Alors quand il est accusé par sa Fédération en octobre dernier d’avoir participé à une soirée bien arrosée à quelques heures d’un match de qualification face à l’Arménie, Teodorczyk noie directement le poisson. « Cela en arrangeait certains de sortir cet article, glisse-t-il... en conférence de presse. Moi, je m’en fiche. J’ai d’autres choses à faire. Je n’ai jamais caché ne pas trop aimer donner d’interviews, car j’ai eu une mauvaise expérience avec un journaliste en Pologne. Je préfère donc ne pas trop parler. » Après quatre mois largement réussis à Bruxelles, le joueur prêté par le Dynamo Kiev dispose du soutien entier des supporters anderlechtois qui se contrefoutent de connaître sa vie privée. Avec une moyenne d'un but planté toutes les 94 minutes, on comprend pourquoi.

Par Émilien Hofman
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Dans cet article

GENERAL DE GOAL. Niveau : Ligue 2
en voyant le titre,je pensais qu'il etait vraiment muet(langue des signes etc...)j'ai cliqué pour savoir comment il communiquait sur le terrain avec ses coequipiers

Si j'étais sportif de haut niveau,je ne donnerais pas d'interview non plus avec cette presse à polemiques

Lamine Turgut Niveau : CFA
Fait pas cette connerie, mec …

Il y a 2 raisons pour lesquelles je ne suis pas passé pro :
1. j’ai toujours dit que je ne parlerai JA-MAIS à la presse et
2. je jouais en district.

Le microcosme journaleux-maçonnique m’a savonné la planche …
omnisportdieng Niveau : District
Ne regrettes rien l'ami
Au moins, tu peux te la coller le samedi soir personne te fera chier. Pas meme le coach, qui a des chances d'arriver au stade encore plus avine que ses joueurs.
Lamine Turgut Niveau : CFA
-1 … ?!?

Ah … le lobby des « coachs qui aiment bien passer au balto se siffler une quinzaine de jaunes dès 11h le dimanche avant le match » a sévi …

(cette discrète obédience de l’UNECATEF est décidément bien puissante …)
5 réponses à ce commentaire.
omnisportdieng Niveau : District
Certes d'aucun diront qu'il est tenu de communiquer avec la presse . Mais faudrait t'il rappeller que derrière ces joueurs se cachent des âmes sensibles ,des drames parfois ? J'approuve totalement sa méthode.
Bald&bearded Niveau : CFA2
Ca fait bien 40 points au scrabble en plus ! Je suis le seul à avoir calculé ?

FourFourTwo Niveau : Loisir
On a pas le droit au nom propre au Scrabble ! Tu l'aurais su ça t'aurai éviter d’appeler ta grand tante pour qu'elle débusque la boite dans son placard, tout au fond, vu qu'elle y joue plus depuis que Fifi son dalmatiens à manger deux A
Bald&bearded Niveau : CFA2
Détrompe toi j'adore le scrabble, pas besoin de mes aïeux (qui sont davantage tournés belotte). Et ce n'était pas un dalmatien mais un épagneul, qui s'appelait Gitane, car ils adoraient donner des noms de clopes à leurs animaux.
3 réponses à ce commentaire.
le milieu mediatique est tellement pourri en meme temps, y'a aucune morale journalistique c'est derangeant. apres c'est un debat eternel mais je seras pour que les journalistes puissnt avoir des regles a respecter lorqu'il parle de quelqu'un et de ce qui touche a son identité intime. balancer l'ihistoire de la famille du mec comme ça est vraiment degueulasse.
Après franchement les journalistes francophones sont plus peace en Belgique, le milieu est relativement petit (1200 journalistes sportifs et collaborateur variés pour le pays entier et donc 3 langues). Les journalistes belges sont pas véhément comme les français (sauf Pauwels, mais lui est totalement à côté de ses pompes, à la recherche du buzz permanent).
Psychedelic Train Niveau : DHR
C'est ce qui, un temps, devait être appelé "déontologie journalistique", mais je crois que ça a disparu au profit de la "déontologie économique" = fait ce qui te plaît, pourvu que ça rapporte!
bachounet Niveau : CFA
S'il n'y avait pas des tas de lecteurs pour les journaux pourris type people...il n'y aurait pas de journalistes pourris...

C'est comme en politique, on adore cracher sur nos élus pourris, mais qui les a élu ? Et même parfois ils sont réélus haut la main après des condamnations...

Alors il est de bon ton de cracher sur tous ces gens là...mais souvent commencer par une petite auto critique ne ferait pas de mal...il est bien évident que je ne te vise pas spécialement sur mes remarques, cela concerne tout le monde (yc moi).
3 réponses à ce commentaire.
valeureux liégeois 74 Niveau : National
C'est un super joueur. Il joue bien dos au but, très précis dans le dernier geste, très fort de la tête, ses déplacements sont tjs justes et il se bat comme un diable sur le terrain. Sans lui, Anderlecht serait bien + bas en championnat. C'est d'ailleurs la seule éclaircie dans les transferts estivaux du RSCA (avec Chipciu dans une moindre mesure, je trouve qu'il a qque chose).
Concernant son aversion pour les journalistes, on peut le comprendre vu ses expériences antérieures et ça ne va pas s'arranger vu le climat actuel entre Anderlecht et certains médias belges.
Petit HS. Je suis surpris que So foot n'ait pas profité que Qabala soit dans un groupe avec Saint Etienne pour évoquer le joueur Hüseynov de Qabala (qui ne jouera pas ce soir). Le joueur qui avait commandité le meurtre d'un journaliste (et dont So foot avait parlé en 2015).
Le gars a déjà rejoué 5 matchs ( 14 mois de prison, pour avoir commandité un meurtre... ).

Enfin je trouve que ça correspond à une certaine ligne éditoriale de So foot... et je trouvais ça surprenant qu'il y ait pas un nouvel article.
valeureux liégeois 74 Niveau : National
Tout à fait d'accord. La D.H a sorti un article ce jour sur ce sujet justement. C'est dingue cette histoire.

http://www.dhnet.be/sports/football/div … 613075a162

PS: le "à crainte" pique bien les yeux.
1 réponse à ce commentaire.
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