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  1. // Billet d'humeur
  2. // Taxe Hollande

Taxe à la gorge

François Hollande vient de perdre un petit millier de voix. Car à en croire Christophe Jallet, les footballeurs risquent de ne plus lui accorder leur suffrage depuis qu’il a annoncé l’instauration d’une imposition à hauteur de 75% au-delà d’un million d’euros de revenus annuels. Une fois la terrible menace énoncée, il s’avère très difficile de déterminer ce qui est le pire dans une telle déclaration : la démagogie du candidat socialiste qui cherche s’attirer la sympathie de Mélenchon et de son électorat à peu de frais ou bien la tentative de la part du joueur du PSG de nous convaincre que les pros auraient pu voter PS.

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C’est devenu une sorte de running gag. La présidentielle vient de connaître un énième « sérieux » coup d’accélérateur. Soucieux de ne pas laisser Sarkozy dicter le rythme de la campagne pendant que le Front de gauche grignote des points, le président du conseil général de Corrèze a dégainé le parfait argument pour séduire à gauche et provoquer un tollé à droite : une mesure – à défaut de réforme - fiscale qui tape sur les riches ou du moins ceux qui le sont par leurs revenus (à différencier du patrimoine, plutôt préservé en France). Largement inspiré par la révélation de la hausse à contre-courant des rémunérations des patrons français, cette taxe, en s’abattant après le seuil du million d’euros, ratisse finalement assez large chez les fortunés et concerne donc aussi artistes et sportifs, qui porteront, forcément, de manière bien plus médiatique et larmoyante la longue complainte des privilégiés.

« On en a parlé entre nous les joueurs, je ne vous le cache pas. On verra s'il passe mais je doute que cette proposition soit la bonne. Si on était soumis à ce régime, on aurait forcément l'impression de travailler pour pas grand chose. Moi, je n'ai braqué personne pour avoir ce que j'ai. On a l'impression qu'on tire dans les pattes de ceux qui réussissent  » . Ces déclarations de Christophe Jallet dans le Parisien (où l’on explique qu’avec 100 000 euros bruts mensuels, sans les primes et autres adjuvants pécuniers, il est l’un des moins bien payés du club) ont en tout cas démontré une des qualités insoupçonnées du débat sur la fiscalité: injecter une surprenante prise de conscience politique et citoyenne chez les stars à crampons, bien davantage en tout cas que le désespoir du monde rural, la spirale miséreuse des banlieues ou la crise économique générale.

Ligne de défense

Ne soyons pas injustes, les propos n’ont rien de scandaleux ni même d’absurde. Ils sont plutôt révélateur d’une mentalité assez répandue dans le monde du football professionnel, qui s’articule en deux arguments. Un : nous contribuons déjà grandement à la solidarité puisque nous payons – malheureusement (ne donnons-nous pas du rêve aux gens, ce qui n’a pas de prix ? )- des impôts. Deux : notre argent n’est pas volé ou « braqué » selon l’expression du latéral droit parisien. Donc, conséquence logique, il est injuste de s’en prendre de surcroit à nous. Il est vrai que le « coup » d’Hollande oublie que le fond du problème se situe davantage dans le fonctionnement structurel du capitalisme financier international, avec ses modes de rétribution des actionnaires et des dirigeants des « grosses » entreprises, sur lequel il lui sera plus compliqué d’imposer la solidarité que de ponctionner les hauts salaires dans le cadre étroit de l’état-nation; ou de ce qui reste de sa souveraineté.

Ainsi, si cette promesse électorale – ou électoraliste - a permis à tous les tenants du libéralisme et de la culpabilité française de s’épancher sans guère de contradiction sur les plateaux de débats télé (d’"I-Télé" à "C dans l’air"), avec l'éternelle rengaine contre cette France catholico-révolutionnaire où l’on n’aime pas les riches, il n’empêche que la ligne de défense « Jallet » - reprise dernièrement par le bordelais Michaël Ciani et le président de la LFP, Frédéric Thiriez - s’avère donc surtout symptomatique d’un façon très « droite populaire » de penser le rapport à l’enrichissement, et dénote une perception très singulière de ce qui fonde sa rémunération.

Manne d’or


On pourrait lui rappeler déjà que, même en étant hypothétiquement soumis à cette mesure, il lui restera largement de quoi vivre aisément dans un pays ou le salaire médian - c’est à dire que la moitié des français gagne moins - tourne autour de 1600 euros. Surtout, une petite réflexion sur l’origine de sa bonne fortune ne serait pas de trop, sans le pousser néanmoins à se pencher sur La Contribution à l’économie politique de Marx et aux joies de la constitution et de la répartition de la plus value. Car sans la passion de ce peuple ingrat qui s’apprête à mettre ce dangereux bolcho d’Hollande à la présidence de la République, sans leur abonnement à Canal ou bientôt Al-Jazira, et donc les droit télés en découlant, bref sans cet amour du foot porté par le peuple et dont la manne d’or retombe sur leur maillot, les footeux seraient juste de bons sportifs parmi d’autres, touchant les 3000 euros mensuels, en moyenne, des handballeurs (dont le palmarès ne souffre pourtant aucune comparaison avec celui des Bleus depuis 2000). En outre, l’infrastructure économique (par exemple les stades), sociale (la sécurité sociale, les assedics, etc..) et culturelle (dont So Foot ou L’Equipe) ne surgit pas du néant pour leur permettre de briller sur leur seule qualité individuelle.

Le footballeur n’est pas un salaud, juste un égoïste qui aime se justifier, comme tous les beaux patrons du CAC 40, pas plus pas moins. Il n’en a d’ailleurs ni le pouvoir, ni l’influence, c’est juste un friqué, pas un possédant ni un puissant. Pas de quoi en revanche pleurer sur son sort, ni de s’attendre de sa part à une conscience citoyenne dépassant celle d’une Parisot – pourtant passée par l’IEP. Mais, s’il vous plait, pour terminer, juste une dernière question : est-ce qu’il essaie vraiment nous convaincre qu’il y avait la moindre chance qu’il vote à gauche ?

Par Nicolas Kssis-Martov
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