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  3. // Nomination de Martino

Tata Martino, qu'est-ce qu'il y a sous ton grand chapeau ?

C'est officiel, Gerardo Martino est le nouvel entraîneur du FC Barcelone. Relativement méconnu en Europe, Tata est un Bielsa sans la folie. Un type qui aime le jeu court et beau. Un entraîneur fait pour le Barça? A voir.

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Vilas Boas ? Trop cher. Luis Enrique ? Trop compliqué (1). Hiddink ? Trop hollandais. Bielsa ? Trop fou. Le Barça a donc choisi de se rabattre sur la véritable solution de facilité : Tata Martino. Un entraîneur argentin inexpérimenté en Europe et inconnu du grand public. Avant de signer pour les Blaugrana, le nom de Martino avait déjà circulé dans les bureaux de Málaga, de la Real Sociedad ou encore de Colo-colo (Chili). Problème : l'Argentin, en course pour la Libertadores avec son club de cœur, Newell's Old Boys, avait prévenu qu'il resterait en poste jusqu'à une hypothétique finale des siens dans la compétition. Une condition que personne n'était alors disposé à accepter (la finale de la Copa Libertadores à lieu en ce moment, en pleine pré-saison européenne). Pour Martino et Newell's, la Libertadores s'est finalement arrêté en demi-finale contre l'Atlético Mineiro de Ronaldinho et Bernard. Les séances de tirs au but et la malchance auront eu raison des Argentins, grandes révélations du tournoi, grâce à un football particulièrement jouissif. Cette élimination, conjuguée au départ surprise de Vilanova, aura finalement permis à Martino d'accepter de relever le plus gros et périlleux défi de sa vie : entraîner le Barça. Un rêve inimaginable il y a quelques semaines pour celui qui avait affronté les Blaugrana en tant que joueur de Tenerife au début des années 90.

Fan absolu de Guardiola

À première vue, on se dit que remplacer Tito par Tata ressemble à une bonne blague. À première vue seulement. Car Martino, au-delà d'être la solution la plus économique qui se présentait à Zubizarreta, le directeur sportif culé, est aussi l'entraîneur le plus à même de poursuivre la philosophie Cruyfiste remise au goût du jour par Guardiola il y a quelques années. Lorsqu'il reprend Newell's Old Boys, le club formateur de Lionel Messi est au bord de la relégation. Comme tous les clubs argentins actuels, il n'a aucune identité de jeu, un collectif rachitique et une notion du spectacle toute relative. Dans le marasme du football albiceleste, Newell's Old Boys n'est qu'un mauvais élève de plus. Martino qui sort d'une expérience plutôt réussie avec la sélection paraguayenne, va tout changer. Celui qui se considère alors comme un « fan absolu du Barça et de Guardiola » transpose la formule blaugrana à sa nouvelle équipe. Les débuts sont difficiles, mais au fil du temps, Newell's devient rapidement l'équipe argentine la plus séduisante (et intéressante) à voir jouer. Tata mise tout sur le collectif et la possession de balle. Il remplace très vite son attaquant de métier par Scocco, un 9 et demi, plus participatif dans le jeu. Puis reboote Vergini, son bourrin de défenseur central, en premier relanceur de son équipe. Enfin, il travaille son pressing qu'il souhaite haut et intense. Tata perd des matchs, mais jamais l'idée de jeu qu'il a mis en place. À ceux qui le critique pour l'absence de plan B, il lance : « Mon plan B, c'est d'améliorer mon plan A. » Le titre logique de champion d'Argentine lui donnera finalement raison. « En Argentine, nous sommes focalisés par le résultat, on ne pense qu'à cela et ça nous fait beaucoup de mal depuis trop longtemps maintenant. On devrait s'inquiéter de la manière plutôt que du score final, en pensant comme ça, tout irait bien mieux. » Stat intéressante : le Ñuls de Martino a toujours pris le dessus, en matière de pourcentage de possession de balle, sur ses adversaires. Voilà le genre de truc qui a sûrement pesé dans la décision finale des dirigeants du Barça.

Le quatrième entraîneur argentin de l'histoire du Barça a plutôt une conception aristocratique du football. Adoubé par Menotti qui dit de Tata qu'il « honore le football et la profession d'entraîneur » , Martino ne fait partie d'aucun des deux grands courants habituels footballistiques argentins. S'il se décante plus pour le menotisme que pour le bilardisme, Martino est un Bielsista convaincu depuis que ce bon vieux Marcelo l'a dirigé au Newell's Old Boys en 90. À l'image de Guardiola, Martino voue lui aussi un véritable culte à l'Argentin : « Bielsa, c'est de la minutie, de la passion, du travail et une honnêteté intellectuelle à toute épreuve. J'aime penser que je suis l'un de ses élèves. Pour l'instant, j'ai la même coupe de cheveux que lui, mais j'aspire à lui ressembler autrement que physiquement » , se marrait Tata avant de reprendre les rennes de Newell's Old Boys. Pour l'instant, il est plutôt en avance sur les temps de passage de son idole au niveau des titres gagnés (même si la plupart ont été remportés dans le championnat paraguayen). Comme Bielsa avec le Chili, Martino a fait des miracles avec le Paraguay. En 2010, l'élève avait même dépassé le maître en hissant les Guaranis jusqu'en quart de finale du Mondial. Martino, comme son ami Marcelo, avait alors offert la plus dure des oppositions à Del Bosque et ses hommes dans un match complètement dingue. Comme Bielsa, Martino est une des idoles de Rosario. L'ancien n°10 du Niouls n'a pas seulement remporté le titre en tant que joueur et entraîneur. Il est carrément le joueur ayant disputé le plus de matchs avec le maillot de Newell's. Il a aussi fait partie de la fameuse équipe championne d'argentine 88. La seule dans l'histoire à être sacrée championne avec onze joueurs exclusivement formés au club. Pas étonnant, après cela, qu'il accorde, comme Bielsa, une attention toute particulière à la Cantera. Un bon point de plus pour le futur entraîneur blaugrana.

Incapable de donner un ordre à Messi ?

Comme Bielsa ou Guardiola, Tata se définit comme un véritable passionné de football. Un mec capable de passer des heures entières à discuter du ballon sans éprouver la moindre lassitude. Là encore c'est un bon point. Le Barça s'écoute autant qu'il se regarde. Un discours médiocre est le pire ennemi du storytelling. En l'état actuel des choses, Martino représente un bon compromis entre Pep et Bielsa. S'il n'est pas aussi charismatique que le Catalan, ni aussi radical que Bielsa, l'option Martino offre la possibilité au Barça de toujours continuer un cycle que personne en Catalogne ne veut voir s'éteindre. Martino, connu pour ses cotés sanguins, aura la charge de réanimer une flamme qui avait menacé de s'éteindre définitivement avec les absences et les coups de pompe à répétitions du malheureux Vilanova. Reste à savoir s'il en a vraiment la carrure et les épaules. Il y a quelques mois, Tata déclarait à la chaîne Fox Sport qu'il aurait « bien du mal à donner des consignes à Messi. Il fait tout bien. » Réputé méticuleux, obsessif et proche des joueurs, Martino va devoir mettre son admiration pour Messi de côté pour mieux gérer les égos de stars qu'il n'a jamais vraiment eu le plaisir de diriger. Quand on s'appelle à la fois Gerardo et Tata, les troubles de la personnalité ne sont normalement pas un souci.

Par Javier Prieto-Santos

(1), l'Asturien, l'un des favoris à la succesion de Tito, a signé au Celta Vigo depuis quelques semaines.

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ValCurvaFiesole Niveau : DHR
(Messi-bashing ? Allez, je m'y mets.)

Et quand ça foirera on nommera Messi joueur-entraîneur-président-socio unique.
Un bon article qui semble donner raison à la direction du Barça.
Note : 13
Je pense que tout le monde se méprend quand même pas mal sur Messi, en disant qu'il dirige tout et ce tout le temps. Certes, c'est la pierre angulaire ou plutôt le joyau du FCB depuis quelques saisons, donc forcément tous les regards sont braqués sur lui et ses performances scrutés à la loupe. Mais je pense que ce qui a été dit sur Martino/Messi a été déformé, en Espagne la différence c'est que les journalistes ont clairement dit que c'était un gars que Messi admirait énormément, ils n'ont pas été jusqu'à dire que c'était lui qui l'avait choisi.
Bielsistes et menottistes 'canal historique' c'est un peu comme luthériens et calvinistes, pas tout à fait pareils mais avant tout protestants...

Pas évident qu'il tienne bien longtemps si ça tangue mais en cas d'échec on pourra toujours blâmer le lobby catalaniste, obstacle par ailleurs plus crédible que Messi qui ne peut qu'être content d'être dirigé par l'une des plus grandes idoles de son club de coeur (et formateur).
romlakers Niveau : CFA2
Messi choisit même les entraîneurs au Barca dorénavant . Le premier joueur président de l'histoire .
Roo le titre. Sinon le Messi bashing c'est tellement tendance en ce moment. C'est sûr que le mec fait juste que des saisons stratosphériques.
entre "bielsistes" ou "menotistes", mon choix est vite fait, je préfère le "jacky duguépérisme" un courant entre le "alain perrenisme" et le "jean guy wallemmisme".

Nan mais sérieux les gars arrêtez de tout le temps vouloir intellectualiser le foot. Ce n'est jamais que onze mecs en short qui courent après un ballon, le reste c'est de la littérature.
Gareth Root Bale Niveau : Loisir
Avec ce nouveau renfort, je les sens "in-trai-tables, par-fai-tement in-trai-tables" le barça cette année !
tata remplace tito, mais qu'en pense desmond tutu ?

variante:...tant qu'il les fait pas jouer en tutu

...prend garde laurent ruquier. j'arrive! sinon je suis au niveau pour prendre la relève du SAV
C'est sûrement pas moi qui fera du Messi-bashing mais ça me gêne quand même de voir l'importance qu'il prend. À l'époque de Blanc à Bordeaux, on avait dis que Blanc prenait trop d'importance par rapport à Triaud et surtout, on disait que c'était la faute de Triaud, trop faible. Là, j'ai l'impression que c'est pareil. Le club se met à genoux devant Messi comme il se mettait à genoux devant Guardiola (époque Laporta). Et ça, c'est la faute de la direction (j'ai défendu Rosell sur ses transferts l'autre jour, mais là je peux pas le défendre - idem pour Zubi), pas la faute de Messi.

Même des légendes (et capitaines, eux) comme Totti ou Gerrard ont pas autant d'influence sur le choix de l'entraîneur. C'est assez flippant. Qu'il soit consulté sur les recrutements offensifs, oui et c'est même une bonne chose mais là...

Ceci dit, je me fais pas trop de soucis. Un Bielsa sans la folie, c'est aussi ce que recherchait le Barça. D'autant plus qu'avec un type comme Xavi dans le vestiaire, tout devient plus simple (cf l'auto-gestion pendant l'interlude Roura, ce qu'il a fait avant la remontada contre le Milan, son rôle de quasi conseiller auprès de Del Bosque, etc).
el peruano loco Niveau : Ligue 2
A lire l'article, on croirait que le Barca cherchait un clone de Pep au rabais ou bon marché c'est selon. Moi j'y vois plutôt que le fait que la direction mise sur un electrochoc dans le jeu (sans tout révolutionner hein ?!) avec un gars qui n'est pas un catalan pur jus issu du serail catalan et habitué des bancs de Can Barca où il se serait familiarisé avec les joueurs qui forment l'ossature de cette équipe.

C'est une forme de changement dans la continuité donc. Est ce que celà va remettre cette équipe au sommet pour autant en Europe, lui faire retrouver l'envie, cette envie qui a fait cruellement défaut à suivre. J'aime à penser que oui, les équipes de Martino sont habités par une hargne, un dégout de la défaite. Donc à voir comment celà pourrait se transposer dans cette équipe nantie de titres et qui pourtant s'est prise deux grosses baffes en C1 et n'a plus gagné de clasicos depuis 1 ans.


Quoiqu'il en soit, j'applaudis des deux mains déjà le simple fait que le Barca se soit souvenu que l'Amérique du Sud regorge de talents aussi sur ses bancs de touche. Car c'est bien beau les hypes Pep a mangé de l'asado avec Bielsa, ou les admirations sans borne des fanboys pour les MoO, Pep et autres. Bref cette consaguinité européenne...Un autre coach sudaméricain réussisant en Europe après El Cholo ce serait tellement le pied et ça ne ferait plus de Siméone une espèce d'ovni dans le paysage des tacticiens. Par ailleurs on en finirait avec la loose de Cuper.....--' Après j'espère que ce sera au tour de l'Afrique, Eto'o en coach du FCB ^^

Question comme ça au hasard et Rubi le désormais ex nouvel adjoint de Tito qui est parti, il deviendra quoi dans l'organigramme catalan ?
Autant j'étais enthousiaste au premier abord pour cette signature (j'voulais surtout pas de Luis Enrique ou d'un ancien de la maison) autant la présentation qu'en fait l'article me fait peur.
Donc il joue sans vrai 9, voue un culte à la possession de balle et n'a pas de plan B ? Youpiiii, donc en gros on réitère une recette qui ne fonctionne plus depuis deux ans. Malin.
Chris-Sheva92 Niveau : DHR
Se faire surnommer "Tata" c'est pas un peu ambiguë?
Un culte à la possession non, il a convaincu une équipe habituée à jouer le maintien et à galérer de ne plus se contenter de contres et de coups de pied arrêtés, d’avoir plus la balle que la plupart des adversaires. On parle de 55/45, pas des 70/30 du Barça.

Et encore ça dépend des circonstances, il n'a pas hésité à opter pour un jeu plus rugueux et défensif à l'occasion. J'ai pas le souvenir de son Libertad comme une équipe de poètes en Coupe d'Amérique du Sud.

En bon disciple de Bielsa c’est plutôt un maniaque de la recherche d’espaces que du tiqui tiqui pépère dans le rond central. A priori plutôt fan du Barça 2008 que 2013 quoi.

Je suppose qu'il essaiera de retrouver le type de combinaisons qui rendaient le premier Barça de Guardiola si époustouflant (plus facile à dire qu'à faire), pour le reste, il peut tout à fait préférer un Mascherano bien hargneux à un Busquets par exemple, indépendamment des nationalités.
FootAddicted Niveau : CFA2
Je ne vois pas en quoi il serait la solution de facilité. Je comprends bien que sa philosophie de jeu est la plus adaptée à la culture du Barça mais ce mec n'a jamais entraîné en Europe, encore moins une équipe de stars. Je trouve au contraire que c'est un gros pari risqué pris par le club.

Sinon, un petit aperçu de son historique et de son palamarès n'aurait pas été inintéressant pour les gens qui ne suivent pas le foot sud-américain comme moi.
vous êtes sérieux avec les titres des articles??? vous avez taper dans l'armoire à doc gynéco???
Message posté par Jamz
Autant j'étais enthousiaste au premier abord pour cette signature (j'voulais surtout pas de Luis Enrique ou d'un ancien de la maison) autant la présentation qu'en fait l'article me fait peur.
Donc il joue sans vrai 9, voue un culte à la possession de balle et n'a pas de plan B ? Youpiiii, donc en gros on réitère une recette qui ne fonctionne plus depuis deux ans. Malin.


Pas à ce point, c'est quelqu'un qui privilégie la possession de balle, cherche les pressings hauts, mais il reste un grand pragmatique, par ex, il a adapté son style quand il coachait le Paraguay, rappelons-nous le match en 2010 où ils étaient sur le point d'éliminer la roja en quarts.

Son discours sur le plan A à améliorer plutôt que de chercher un plan B est intéressant, il correspond au diagnostique quant au barça l'année dernière, le problème à un moment donné est que le barça pressait moins bien, était moins rigoureux dans certains schémas et rotations, en gros il y'avait un laisser aller sur certains aspects, il fallait d'abord améliorer le plan A, et réfléchir éventuellement à un plan B après, et non avant.

Techniquement, je pense que Martino est le meilleur choix possible dans le contexte actuel, si la démission de Villanova avait été annoncée en Juin, on parlerait probablement soit de Pellegrini, soit de Luis Enrique. Mon sentiment est que Martino a le bon profil techniquement, la grande inconnue est s'il pourra s'adapter au fonctionnement européen, là réside une grande inconnue. Après, il ne faut pas oublier que Rijkaard et Guardiola sont arrivés sans avoir une grand expérience auparavant...

Article intéressant à ce sujet http://www.guardian.co.uk/football/blog … ino-bielsa
tribulationsduneordure Niveau : Loisir
Y'a que moi qui trouve le commentaire en dessous de la photo totalement inutile ? "Toute la pluie tombe sur lui", ben en même temps s'il est sous la pluie... Je vois même pas le rapport avec l'article btw, il pleut a Barcelone? J'dois être ben trop con pour ce site
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