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Talisca, à fond la caisse

Les supporters de Benfica l'adorent déjà, comme ceux de Bahia l'avaient aimé auparavant. Lui, c'est Anderson Talisca. Un type qui aime les voitures et les grands matchs. Ça tombe bien, car ce soir, le Zénith se dresse sur la route des Lisboètes.

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Vendredi dernier, Anderson Talisca aura trompé le portier du Vitória de Setúbal de toutes les manières possibles. D'abord, une mine dans la surface, puis un coup franc imparable à ras de terre et pour conclure, un but de renard. Au total, le jeune Brésilien s'est offert un coup du chapeau alors qu'il n'avait planté qu'une banderille sous ses nouvelles couleurs à l'occasion d'un tournoi amical. Si le jeune milieu offensif s'est montré très ému après avoir marqué le premier des trois buts, Jorge Jesus, lui, était surtout satisfait et se frotte déjà les mains quant à un éventuel futur transfert alors que le joueur formé à Bahia vient juste de débarquer à Lisbonne. « Dans quelques années, il devrait nous rapporter quelques millions » , a carrément déclaré l'entraîneur des Aigles en conférence de presse d'après-match. Il faut dire que Jesus a été quelque peu traumatisé par un début de mercato au cours duquel il a beaucoup perdu. Mais grâce à Talisca, l'entraîneur aussi talentueux que mal sapé a aussi énormément gagné, et ce n'est pas José Mourinho qui dira le contraire.

Invité à parler foot portugais par la chaîne TVI 24, le « Special One » s'est montré très élogieux envers le milieu baiano. « S'il n'y avait pas ces problèmes de permis de travail, Talisca jouerait déjà en Angleterre. » L'histoire dit qu'il ne faut jamais interpréter une déclaration du Mou avant de l'avoir tournée dans tous les sens, mais force est de constater que le môme possède un talent certain et une maturité rare pour son âge. Cette même maturité qui lui permet de s'imposer sereinement dans l'effectif du finaliste des deux dernières éditions de l'Europa League. De fait, la pression est un mot qui ne figure pas dans son dictionnaire. Ou plutôt, elle est son amie. C'est grâce à elle qu'il élève son niveau de jeu. Plus l'enjeu est grand, plus Talisca est fort. Au Brésil, il a commencé à se faire une réputation à 18 ans, en inscrivant son premier but chez les pros en demi-finale du championnat de l'État de Bahia. Le lascar a ensuite attendu un déplacement au Morumbi (stade du São Paulo FC) pour planter son premier pion à l'échelle nationale. Et surtout, plus récemment, il a donné la victoire aux siens en plein Mineirão permettant à Bahia de se maintenir dans l'élite brésilienne. Ou comment devenir un héros à 19 piges.

L'affaire « Veloster »


S'il n'est pas (encore ?) perméable à la pression d'un grand club tel que Benfica, c'est que du haut de ses 20 balais, Talisca a fait du chemin. En plus d'avoir eu une enfance compliquée (en portugais, le mot « talisca » désigne une personne squelettique), le néo-Benfiquista a à peine eu le temps de profiter des avantages qu'apporte la condition de footballeur professionnel que la presse brésilienne lui était déjà tombée dessus. L'histoire du Veloster en reste le meilleur exemple. Le Veloster, c'est le nom du « bolide » - dont la vitesse maximale s'élève à 201 km/h - que Talisca avait décidé de s'offrir peu de temps après avoir obtenu un nouveau contrat avec l'Esporte Clube de Bahia. La presse nationale avait perçu cet achat d'un mauvais œil, tout comme son entraîneur de l'époque, Jorginho. Ce dernier estimait que son milieu offensif était trop jeune pour conduire une voiture « aussi rapide » .

Heureusement que Talisca n'avait pas investi dans une Ferrari car il aurait pris cher. Très cher. Car au-delà du fait qu'il se soit offert une voiture « sportive » , la presse et Jorginho lui ont aussi reproché d'avoir dépensé une somme indécente pour acquérir l'automobile (70 000 reals soit environ 23 000 euros), alors que le club était criblé de dettes et que de nombreux joueurs recevaient leur salaire en retard. « Je n'ai pas trouvé cela très correct de sa part. Cela relevait du domaine de la vie privée. En plus, avant ça, j'avais acheté une maison à ma mère et un appartement à mon père » , se défendait le Baiano il y a quelques mois encore.

Un sixième de la valeur marchande de l'effectif


L'injustice est d'autant plus grande que son enfance a été difficile. Comment pouvait-on reprocher à un gamin qui avait passé son enfance et son adolescence à courir derrière des repas dignes de ce nom ( « J'ai connu la faim. Au collège, je déjeunais rarement. Et le peu de fois que je déjeunais, je mangeais des trucs que les plus riches mangeaient au goûter » ) et à esquiver les balles ( « Le quartier de Rua Nova ou j'habitais était très dangereux. Des gens y mourraient très fréquemment » ) de se faire plaisir pour l'une des premières fois de sa vie ? Talisca ne l'entendait pas. Mais il a fini par se faire pardonner par la voie de son transfert à Benfica.

Car en partant de Bahia, il a rapporté 4,05 millions d'euros à son nouvel ex-club, soit un peu plus d'un sixième de la valeur marchande de l'effectif baiano. Tout le monde est content, donc. Aussi bien Bahia, provisoirement sorti d'affaire économiquement, que Talisca qui pourra acheter la caisse de ses rêves sans que cela n'attire l'attention - sauf s'il conduit aussi mal que son coéquipier Jara. À une seule condition. Qu'il continue de marquer des buts et d'en donner. Et ce, n'importe où au milieu de terrain. Car comme le stipule sa page Wikipedia, le bougre a la particularité de pouvoir évoluer en 6, relayeur et neuf et demi. Il est à l'aise partout. Enfin, pas tout à fait. « Le problème avec le Veloster, c'est que la caisse est basse, alors que moi, je suis grand. Ce n'est pas confortable. » Foutue voiture.

Par William Pereira
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Castelejo24 Niveau : CFA2
Lui quand il aura épuré son jeu et gagné en efficacité (à l'image d'un Matic à son arrivée), ça va être du très très lourd, bonne pioche pour les Benfiquistas, quand ils font des bons choix faut bien le souligner, à l'image d'un Samaris aussi
23'000 euros pour une hyundai c'est en effet cher paye, je comprend le scandale dans la presse....
didier gomis Niveau : CFA
Note : 1
Le problème avec le hummer, c est que la voiture est haute et que je suis petit! Sacré Valbuena!
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