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Tahiti, les pagaies sont sur le sable

Défait par le Portugal (5-3), mais vice-champion du monde de beach-soccer, Tahiti a surpris tout le monde en accédant à la première finale de son histoire. Apparue il y a quelques années, la sélection tahitienne a réalisé un très beau Mondial, venant à bout de certaines des meilleures nations. Retour sur le parcours des Tiki Toa.

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Cela ne pouvait pas plus mal démarrer. Opposée au Portugal, pays hôte et meilleure équipe de la compétition, la sélection tahitienne encaisse l'ouverture du score après seulement trois petites secondes de jeu. Sur l'engagement, l'incontournable Madjer a fusillé Jonathan Torohia d'une frappe monstrueuse. Un énorme coup de pagaye sur la tête des Tahitiens, totalement absent des débats lors du premier quart d'heure. En quinze minutes, la Selecção inscrit deux buts supplémentaires. À trois-zéro, le match semble terminé. Mais c'est sans compter sur une réaction d'orgueil des Polynésiens. Ces derniers réduisent la marque grâce à deux chefs-d'œuvre de Labaste et Li Fung Kuee. Après ce réveil, les Tiki Toa concèdent un nouveau but portugais avant de de réduire le score. En fin de rencontre, Tahiti frôle l'égalisation, mais la réussite fuit l'équipe. Finalement, le Portugal assure son succès en marquant un cinquième pion à trente secondes du coup de sifflet final. Défaits, les Tahitiens ne s'effondrent pas de tristesse sur le sable portugais. Ils savent qu'ils viennent de marquer l'histoire de leur pays.

Une ascension précoce


L'important, c'est de participer. Voilà un adage qui colle à la peau de toutes les équipes sportives de Tahiti. Toutes, à l'exception d'une : celle de football de plage. Apparue sur la planète beach en 2011, la sélection tahitienne a vécu une évolution rapide. « Quand je suis arrivé à la tête de l'équipe, il n'y avait qu'un terrain de beach. Il y avait beaucoup à faire » , se souvient Fabrice Marchand, sélectionneur de l'équipe de 2011 à 2013. À ce moment, le sport n'est pas très répandu sur l'île. La Fédération tahitienne décide donc de médiatiser la pratique grâce à de nombreux stages. « En trois ans, on est parvenu à initier un peu plus de 1000 joueurs au football de plage » , explique-t-il. Fort d'un engouement nouveau, les Tiki Toa s'immiscent dans les compétitions internationales. En 2011, Tahiti se qualifie pour la première Coupe du monde de son histoire. En Italie, l'équipe se fait sortir dès la phase de poules, mais montre de belles choses. Deux ans plus tard, la sélection polynésienne réalise un grand coup en terminant quatrième du Mondial organisée chez elle.

« Les joueurs se sont professionnalisés. Ils se sont améliorés sur les plans techniques, physiques et tactiques » , commente l'ancien entraîneur. Les progrès sont saisissants et permettent à Tahiti d'obtenir un nouveau statut sur la scène intercontinentale. Présents au Portugal pour leur troisième Coupe du monde avec un statut d'outsider, les Tiki Toa, tel un ouragan du Pacifique, balayent tout sur leur chemin. Cela commence avec une phase de poules parfaite, couronnée de trois succès en autant de matchs, dont un contre le double champion du monde russe (6-7). Qualifiée pour les quarts, l'équipe entraînée par le Suisse Angelo Schirinzi se débarrasse de l'Iran (5-4), avant de faire tomber l'Italie en demi-finale au terme d'une rencontre dantesque (6-6 a.p, 3 t.a.b 1). Malgré la défaite en finale contre le Portugal, le bilan de ce Mondial est plus que positif. « Je ne pensais pas qu'ils arriveraient à éliminer les grandes nations. Je pense que le fait que les joueurs se côtoient depuis des années a joué en leur faveur » , avance Fabrice Marchand. Plus qu'une équipe de beach, cette sélection tahitienne est une véritable famille.

« Ces joueurs vivent ensemble »


Depuis 2011, l'équipe polynésienne est quasiment composée des mêmes joueurs. Jonathan Torohia, Teva Zaveroni et Naea Bennett constituent le noyau dur de la sélection. Présents depuis le début de l'aventure, des liens forts se sont tissés entre les joueurs. « J'ai vu cette équipe se former. C'est un petit groupe de 13-15 éléments. Ils se voient tous les jours, vivent ensemble. Même les femmes des joueurs sont proches les unes des autres. C'est une famille où l'entraide passe avant le reste » , raconte Fabrice Marchand. En plus d'afficher une solidarité exceptionnelle sur et en dehors du sable, l'équipe dispose de sérieux arguments sportifs. « La plupart évolue en club. Il y a notamment Raimana Li Fung Kuee qui a été formé à Nantes et qui est certainement le meilleur joueur de l'équipe » , poursuit-il. Ajoutez à cela un gardien, Jonathan Torohia, qui joue comme un numéro 10 et vous comprenez mieux le succès tahitien. Grâce à la médiatisation issue de la finale disputée, nul doute que la pratique du beach-soccer va s'étendre encore plus sur l'île. Voilà un sport où Tahiti est promis à un bel avenir. Enfin.

Par Lhadi Messaouden
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