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Tafforeau : « L’identité du LOSC va complètement changer »

À la retraite depuis 2011, Grégory Tafforeau profite de son temps libre pour enflammer les prés de l’AS Hellemmes, en banlieue lilloise. L’ancien arrière-gauche et capitaine des Dogues en profite également pour donner son avis sur la saison du LOSC et sur la révolution entamée par le club avec l’arrivée de Bielsa.

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Qu’est-ce qui fait que tu te plais toujours autant à l'AS Hellemmes ?
La compétition ! C’est surtout ça qui me motive et qui me manquait depuis la fin de ma carrière en 2011. Alors, quand les dirigeants m’ont proposé de ne plus seulement entraîner les U15, mais aussi d’intégrer l’équipe, je n’ai pas su refuser. J’ai cogité pendant un an, mais j’ai vite été rattrapé par l’esprit de compétition.

Il paraît que tu n’es dispo que pour les matchs le week-end. Ça ne pose pas de problèmes à tes coéquipiers ?
J’en ai beaucoup discuté avec l’entraîneur. Je me disais que ça pourrait être difficile de faire passer la pilule et je ne voulais pas que ça gène qui que ce soit. Si ça avait posé un problème à un joueur, je ne l’aurais pas fait. À mon plus grand étonnement, c’est l’inverse qui s’est passé. Mes coéquipiers ont tout de suite accepté, ce sont même eux qui ont insisté pour que je sois présent les jours de match.

J’imagine que ce n’est pas ça qui te permet de vivre. Que fais-tu aujourd’hui ?
Je suis reparti en formation pour obtenir mon diplôme d’entraîneur et, en parallèle, j’ai pris en charge les jeunes du FC Bondues, un club un peu mieux structuré du côté de la formation qu’Hellemmes. J’ai aussi une société d’équipement qui existe depuis huit ans et dont je suis devenu, avec le temps, actionnaire et investisseur. Ça me permet de varier les activités, tout en me faisant plaisir avec le foot.

Et ça va, on ne te saoule pas trop à la sortie des matchs ?
En règle générale, ça se passe bien. Bon, lors d’un de mes premiers matchs à l’extérieur, on jouait du côté de Lens et il faut bien avouer que l’on ne m’a pas très bien accueilli... Mais bon, je sais pertinemment que le foot amateur n’est pas réputé pour faire de cadeau aux anciens professionnels sur un terrain. Et puis je n’ai pas à me plaindre : globalement, tout se déroule sans accroc.


Tu continues de suivre le LOSC ?
De très loin, j’avoue. Cette saison, je ne suis allé qu’une fois au stade Pierre-Mauroy pour un match contre Nice. J’ai participé également à quelques matchs avec les anciens, mais ça ne va pas plus loin. Pour tout dire, j’ai encore un peu de rancune sur la façon dont l’aventure s’est terminée avec le LOSC. Et puis il faut bien avouer que les matchs ne sont pas hyper excitants... Ça manque d’envie, de jeu et ça crée un fossé en moi. Je ne me retrouve pas dans le Lille d’aujourd’hui.

« Au début des années 2000, l’idée c’était de former des joueurs et de les revendre au bon moment. Là, depuis Garcia et l’arrivée des premiers gros salaires, on sent que le LOSC délaisse un peu la formation pour acheter directement à l’extérieur. »

Pourquoi ça ?
À l’époque, le club était très convivial, là, j’ai l’impression que l’identité a pas mal changé, que l’équipe se renferme sur elle-même et que les joueurs ne sont pas particulièrement attachés au club. Et je ne suis pas le seul à penser ça : la plupart des supporters avec lesquels je parle me disent la même chose. Ils sont déçus et regrettent clairement le début des années 2000 où, avec un effectif sans doute moins talentueux, l’équipe parvenait à faire de meilleurs résultats grâce à une attitude exemplaire.

Dans ce cas, j’imagine que tu dois être déçu de la saison réalisée par le club...
Ça ne regarde que moi, mais je trouve que l’effectif est mal équilibré. Il y a beaucoup de très jeunes et quelques anciens, ça manque de joueurs de 26-27 ans qui font le lien et qui jouent un rôle important dans un vestiaire. Quand on regarde les cinq ou six dernières recrues, on se dit qu’il va leur falloir du temps pour avoir un réel impact sur l’effectif. Il faudrait au moins trois ou quatre joueurs avec du vécu, qui ont connu les gros championnats européens.

Et l’arrivée de Bielsa, tu vois ça comme un soulagement ?
Je ne parlerai pas de soulagement tant que la saison n’a pas encore démarré, mais c’est clair qu’il a la réputation de prôner le beau jeu. Pour le moment, en tout cas, on est un peu dans l’inconnu, on ne sait toujours pas quels joueurs Bielsa va ramener. Ce qui est sûr, c’est que l’identité du club va complètement changer. Ça ne concerne pas que Bielsa : d’ici deux ou trois ans, tout sera différent au LOSC. Au début des années 2000, l’idée c’était de former des joueurs et de les revendre au bon moment. Là, depuis Garcia et l’arrivée des premiers gros salaires, on sent que le LOSC délaisse un peu la formation pour acheter directement à l’extérieur. Il faut juste espérer que le club ne s’écroule pas financièrement d’ici cinq ans...


Selon toi, qu’est-ce qui manque au LOSC pour passer un palier ?
De nouveaux cadres, je pense. Il faut repartir sur un nouveau cycle avec des joueurs investis dans le projet et pas seulement intéressés à l’idée d’effectuer une ou deux piges. À voir si les nouveaux actionnaires pensent la même chose... Ce qui est sûr, c’est qu’ils préparent très bien leur coup depuis plusieurs mois et qu’un gros projet est en train de se mettre en place.


« J’ai quitté le monde du foot sans regret. C’était même plus un soulagement qu’autre chose... »

Si on te propose un jour de travailler au LOSC, tu réponds quoi ?
Seydoux n’est plus là, donc tout est possible. Le LOSC, ça reste mon club, mon équipe de cœur. Alors, oui, pouvoir y entraîner fait partie de mes objectifs, mais je n’attends pas cette opportunité à tout prix.

Malgré le poids des années, il y a des souvenirs qui restent mémorables avec Lille ?
Certainement la première Ligue des champions avec Halilhodžić. Le fait de jouer dans de grands stades et d’affronter de grands joueurs, ça m’a marqué. Il y a aussi ce fameux match que l’on gagne au Stade de France contre Manchester United. Il repasse encore aujourd’hui sur Grand Lille TV, c‘est un bon souvenir pour tout le monde et ça rejoint ce que je te disais tout à l’heure. On avait sans doute moins de qualité qu’aujourd’hui, mais on avait un gros état d’esprit et un gros vestiaire. On se côtoyait tous beaucoup en dehors de l’entraînement à l’époque, et je pense que c’est ce qui nous permettait d’être si costaud.

Et toi, qu’est-ce qui t’a manqué pour passer un palier ?
J’ai eu l’occasion de partir plusieurs fois. Monaco me suivait, l’Angleterre aussi, mais j’ai toujours été assez sécuritaire. Je savais ce que j’avais au LOSC et je me méfiais vachement de ce vers quoi je pouvais aller. Après, je ne regrette rien. Je suis fier de mon parcours et de ma carrière. D’ailleurs, j’ai quitté le monde du foot sans regret. C’était même plus un soulagement qu’autre chose...

Tu ne te reconnaissais plus dans le foot des années 2010 ?
C’est ça ! Je sens un énorme décalage entre ma génération et la nouvelle. À mon époque, on bossait davantage, on n’était pas dans le confort, ni focalisé sur l’argent. Il fallait prouver que l’on méritait un gros contrat. Aujourd’hui, tout a changé et le nouveau projet du LOSC le prouve. Les nouveaux investisseurs sont là pour faire du business et ils ne s’en cachent pas. Seulement, le foot ce n’est pas uniquement ça.



Propos recueillis par Maxime Delcourt
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