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Tacopina : « La Serie A est le produit sportif le plus sous-évalué au monde »

Cet avocat américain de cinquante ans en est déjà à son troisième club italien acheté depuis 2011. Après la Roma et Bologne, le voici maintenant à Venise où, parti de tout en bas, il compte bien exploiter l’énorme potentiel d’une des villes les plus connues au monde.

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Quelles sont vos origines italiennes ?
Mes parents sont nés à Rome, mais moi je suis né à Brooklyn. La première fois que je suis venu en Italie, j’avais trente ans. J’ai grandi avec une double culture, mais je n’avais pas les moyens de revenir sur les terres de mes ancêtres, j’ai dû attendre d’être avocat pour me le permettre.

Votre volonté d’investir dans le football italien est une façon de boucler la boucle ?
La Roma était un rêve, c’était l’équipe de mon père, c’est mon équipe. J’ai été le premier étranger à vouloir vraiment acheter un club italien, et c’est une vraie fierté. Pendant quatre ans, j’ai essayé d’acheter la Roma. D’abord avec Georges Soros en 2008, puis avec Inner Circle Sports, une banque américaine. Ensuite, j’ai convaincu Thomas Di Benedetto et James Pallotta en 2011, et le deal avec la banque Unicredit de mon ami Mauro Baldissoni s’est fait. J’ai été vice-président de la Roma pendant trois ans. Tout le monde me prenait pour un fou à vouloir investir dans le football italien, mais pour moi c’est le marché sportif le plus sous-évalué dans le monde. Il y a quinze ans, la Ligue italienne était encore number one, c’est assez récent, tandis que la Premier League était proche de la banqueroute. Or, cette dernière s’est inspirée des sports US en développant le commercial, le marketing, les revenus du match-day.

Ce que la Serie A n’a pas été capable de faire.
Les propriétaires des clubs italiens comme Berlusconi et Zamparini sont parmi les meilleurs businessmen au monde, mais ils font surtout de l’interaction sociale.
« La Roma, on l’a achetée pour 130 Millions d’euros, ce qui est incroyablement bas, c'est le prix d'un joueur ! »
J’ai discuté avec beaucoup d’entre eux, leur demandant pourquoi ils ne voulaient pas créer un vrai modèle de business au lieu de ne s’occuper que de la vente des droits télés. (Il grimace) Ils ont tenté de se justifier sans me donner de réponse. Le modèle doit être le Real Madrid ou Manchester United. Je me suis informé, j’ai étudié afin de créer un système viable. La Roma, on l’a achetée pour 130 Millions d’euros, ce qui est incroyablement bas, c'est le prix d'un joueur ! À titre de comparaison, il y a deux ans, les Clippers, la seconde équipe de NBA de Los Angeles, qui n’a jamais rien gagné, qui craint, a été vendue pour 2 Milliards de dollars. C’était donc une vraie opportunité, on a donc importé notre business model. Et maintenant, la Roma vaut déjà 400 millions d’euros !


Après la Roma, vous avez tenté la même aventure à Bologne.
C’est une équipe qui a quand même gagné 7 Scudetti et c’est une belle ville. Une autre belle opportunité donc, voilà pourquoi j’ai quitté mon poste à la Roma en 2014 où j’avais fait le taf. Bologne m’a couté 28 millions d’euros, un prix dérisoire. Mais il y a vraiment eu quelque chose de fort. J’ai marié la ville et le club alors qu’avant, il y avait toujours un mur. On a cassé ce mur et on est devenu une seule chose. La fanbase est l’équipe, sans fans, pas de business. J’allais donc au sein de la communauté, dans les hostos, les écoles. J’ai passé énormément de temps avec les Bolonais, pour instaurer une vraie relation et j’ai passé une superbe année qui s’est finie par le retour en Serie A. Bologne était en bonne santé avec un partenaire solide comme Joey Saputo, milliardaire. Et à ce moment-là, il y a opportunité de Venise.


Pourquoi Venise ?
« Nous sommes en Italie, le football est la chose la plus importante avec la religion et la famille, Venise est la plus belle ville du monde, la plus particulière et une des plus visitées avec une vingtaine de millions de touristes par an, ci vous avez une équipe de foot à Venise, elle sera facilement reconnaissable. »
Une opportunité spéciale car les Russes, précédents propriétaires, venaient de partir. Je dois remercier mon ami Mauro Vladovich, secrétaire de la Fédération italienne, qui me conseille. C’est lui qui m’a parlé de Venise, au début, je me suis dit : « Venise ? Ils ont vraiment une équipe de foot ? Je n’en ai jamais entendu parler. » J’ai commencé à sérieusement y réfléchir et me dire : nous sommes en Italie, le football est la chose la plus importante avec la religion et la famille, Venise est la plus belle ville du monde, la plus particulière et une des plus visitées avec une vingtaine de millions de touristes par an, ci vous avez une équipe de foot à Venise, elle sera facilement reconnaissable. J’en ai parlé avec le maire de la ville, il a été très impressionné par mon projet et d’accord avec moi concernant le nouveau stade. On a trouvé une zone à Tessera, près de l’aéroport, ce serait parfait. Mon équipe en charge du projet est la meilleure, c’est la même qui s’est chargée du Juventus Stadium. Et il n’y aurait pas seulement un stade, mais aussi un centre commercial, des hôtels, comme aux États-Unis. Tout a été calculé et ça créerait 10000 emplois.

À Venise, par où avez-vous commencé ?
En renouvelant le logo et le nom du club, avant il s’appelait UnioneVenezia FCB et maintenant Venezia FC. D’un point de vue marketing, Venise doit être le mot central. Tout le monde connaît ce nom, là il est seul, bien en vue, avant il était perdu, on représente Venise, la province de Venise et maintenant la région Veneto. C’est le premier truc que j’ai fait avant d’acheter un joueur. Ensuite j’ai choisi Giorgio Perinetti, un des meilleurs directeurs sportifs italiens, personne ne croyait qu’il viendrait en Serie D. Je lui ai dit : « viens bosser avec moi, tu laisseras un véritable héritage » . Et il est venu. Avec lui, pour le côté sportif, on peut dormir tranquille.

Vous misez plus sur les touristes ou sur les Vénitiens ?
Les gens de Venise, Mestre, Murano, Marghera, etc. sont la priorité, mais on veut former une fan base élargie. On va faire des tournées d’été en Asie les trois prochaines années. Nos maillots sont déjà vendus dans le monde entier. Je ne suis pas un philanthrope, l’aspect business est fondamental. Il y a énormément de touristes, ils viennent ici en vacances et donc dépensent beaucoup. On a noué un partenariat financier avec l’Ava (l’association des aubergistes vénitiens). Il y a 400 hôtels à Venise qui vendent nos billets. Un client se présente à la réception, voit le dépliant « Venice Soccer experience » et se dit « ah tiens, il y a une équipe de foot ici » . Et au lieu de faire 5 musées le lendemain, il va peut-être faire quatre musées et un match.


La Roma, Bologne, Venise, vous vous sentez comme un promoteur du football italien ?
Ça le devient même si ce n’était pas volonté initiale. Je voulais acheter une équipe, m’en occuper et être fier. Au début on se moquait de moi, après la Roma, on me félicitait, après Bologne, on m’a aidé. J’ai fait venir Pallotta et Saputo, deux hommes très riches, dans le foot italien, j’ai aidé Thohir à prendre l’Inter, mais aussi Piazza à acheter la Reggiana. Il m’avait appelé pour demander des conseils, je lui ai dit : « tu es italo-américain, soit fier de ton héritage ! » . Personnellement, je me sens plus italien qu’américain dans de nombreuses situations. Je suis un important avocat américain, j’aime les États-Unis, l’opportunité qu’ils ont donné à mes parents, mais quand je suis en Italie, je me sens à la maison.


Vous n’auriez jamais pu acheter une équipe anglaise par exemple ?
« Quand je me balade à Vensie, que je navigue sur le grand canal, je me dit que je suis chanceux d’avoir une équipe de foot ici »
Il y a cinq ans, des Anglais ont acheté Bournemouth pour 2 Millions d’euros, le club était en 3e division. Aujourd’hui, ils sont en Premier League et il vaut 200 millions d’euros. Il n’y a aucun autre business dans le monde qui a ses courbes de progression ! Je l’ai vu aussi avec Bologne ou nos recettes ont grimpé en un an. Mais bon, j’en ai fini d’acheter des équipes, et pour mener ces projets à bien, il faut travailler dur et de la passion, or, la passion, je l’ai pour l’Italie. Quand je me balade à Vensie, que je navigue sur le grand canal, je me dit que je suis chanceux d’avoir une équipe de foot ici.

Quel bilan tirez-vous après un an et demi ?
Nous avons démarré sans identité, sans joueurs, et maintenant, nous ne sommes qu’en 3e division, mais nous avons Pippo Inzaghi comme entraîneur, le New-York Times, le New York Post, la BBC sont déjà venus nous voir. Pourquoi ? C'est très simple (il montre la coque de son smartphone avec le logo du club) : Venise !

Propos recueillis par Valentin Pauluzzi
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