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T’as le look, Coco

Il est le meilleur joueur lyonnais depuis le début de saison. Le plus régulier, le plus influent, le plus beau à voir jouer. Lui, c’est Corentin Tolisso. Un milieu de terrain de vingt-deux ans qui pourrait bien être en train de réaliser la plus belle saison de sa jeune carrière. Une carrière qui s’écrira vraisemblablement en lettres majuscules.

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Sonné après un choc à la tête, Maxime Gonalons est obligé de céder sa place à Lucas Toussart après seulement trente minutes de jeu, face à Zagreb, pour la première journée de Ligue des champions. Alexandre Lacazette, sorti sur blessure quelques jours plus tôt face à Bordeaux, n’étant pas sur la pelouse, le brassard se retrouve autour du bras de Corentin Tolisso. Anecdotique ? Pas vraiment, au vu de l’importance prise par le joueur dans l’effectif lyonnais ces derniers mois. Déjà titulaire quasi indiscutable lors des deux dernières saisons, le natif de Tarare semble encore avoir changé de dimension depuis le début de l’été. Pour commencer, le joueur s’est découvert des talents de buteur assez prometteurs. Avec cinq buts inscrits depuis le début de la saison – Trophée des champions, championnat et Ligue des champions confondus – le nouveau meilleur pote de Geoffrey Jourdren n’est plus qu’à deux unités de son meilleur total sur une saison. Un record en sursis, donc. Surtout, le milieu de terrain paraît plus que jamais indispensable au système de jeu de Génésio. Impérial dans les airs, solide à la récupération, doté d’une qualité de passe plus qu’intéressante et d’un instinct de buteur naissant, on imagine mal comment l’OL aurait pu faire sans lui ces dernières semaines. Et pourtant, l’homme n’était pas loin de faire ses valises cet été.

L’OL, son amour


Au cœur de l’été, donc, attiré par le soleil et le projet sportif de Naples, Corentin Tolisso était à deux doigts de s’envoler vers le sud de l’Italie pour y passer sa visite médicale. Tout était acté, les deux clubs étant tombés d’accord sur un transfert à hauteur de 37 millions d’euros. Un deal qui arrangeait tout le monde, en somme. Sauf qu’au dernier moment, le joueur décide de se rétracter. Un choix orienté par les propos de son coach qui lui a réitéré tout le bien qu’il pensait de lui et l’importance qui serait la sienne au sein de l’équipe pour la saison à venir. Mais, surtout, un choix du cœur, comme l’expliquait le gamin de vingt-deux piges après sa prise de décision : « Je suis très attaché au club et je ne me sentais pas de partir maintenant. J'ai encore de grandes choses à faire avec l'OL avec une belle saison en perspective. » Et la belle saison annoncée n’a pas tardé à pointer le bout de son nez. Dés le Trophée des champions, en fait, où, au milieu d’une équipe lyonnaise complètement apathique, Coco fut le seul joueur entreprenant, jusqu’à sauver le peu d’honneur restant en fin de match (défaite 4-1). Les bases de son nouveau statut étaient alors posées. Car dans les semaines qui suivirent, il fut l’un des principaux artisans des belles performances lyonnaises. Et même si les six buts de Lacazette en trois matchs ont forcément plus attirés l’attention, il ne faut pas s’y tromper, au milieu de terrain, le maître à jouer des Gones a le numéro huit floqué dans le dos.

Un véritable maître à jouer


Déterminant dans le système mis en place par Génésio, Tolisso semble avoir décidé de toujours garder la tête hors de l’eau, même quand l’ensemble de son équipe boit la tasse, comme lors de la déroute dijonnaise (défaite 4-2). Une forme étincelante que le joueur traîne même avec le maillot de l’équipe de France espoirs sur les épaules. À l’image de cette victoire 2-0 face à l’Islande où le milieu de terrain inscrit les deux buts de l’équipe. Une nouvelle prestation de patron pour celui qui s’est vu confier le brassard par Pierre Mankowski en fin d’année dernière. Car malgré son jeune âge, à n’en pas douter, Corentin Tolisso est bel et bien un leader. Ainsi, alors que la plupart des observateurs voyaient l’OL s’écrouler suite aux blessures de Lacazette et Fekir face à Bordeaux, il s’est chargé de rassurer tout le monde. Comment ? Avec trois buts et une passe décisive en quatre matchs, tout simplement. Dont son premier doublé en Ligue 1 face à Montpellier. Mais surtout en respectant à merveille le rôle de leader technique et de vestiaire qui venait de lui tomber sur les bras. Le tout à vingt-deux ans et seulement trois ans après avoir fêté son premier match en professionnel, le 10 août 2013. L’homme respire tellement la confiance, que malgré la contre-performance à Lorient, ce week-end, l’OL arrivera en terres sévillanes sans trembler. Car Coco sera là, prêt à mener les siens vers un deuxième succès européen cette saison. Et sans doute qu’à ce rythme-là, un certain Didier Deschamps devrait finir par réaliser qu’on n’a pas besoin de jouer en Angleterre pour être un putain de milieu de terrain.


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    Par Gaspard Manet
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