Sylvain Distin : « Je ne comprends pas »

Il a eu le nez creux en quittant Portsmouth l'été dernier. Et comme à Newcastle ou Manchester City, l'ancien Parisien s'est imposé illico à Everton, glanant même le brassard de capitaine. Mais cela ne suffit toujours pas à lui donner sa chance avec les Bleus.

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Tu peux nous dresser un bilan de ta première saison à Everton ?


En début de saison, ils ont eu des résultats un peu difficiles juste avant que j'arrive. Ensuite, on a eu beaucoup de blessés, jusqu'au mois de novembre-début décembre. On a eu des résultats un peu mitigés. On s'est retrouvés à un moment avec dix joueurs en moins. On a donc fait avec ce qu'on avait, puis avec les matches d'Europa League aussi, on a accumulé pas mal de fatigue. Donc première partie de saison plus que moyenne.

Dommage, parce qu'à partir de janvier, vous avez régalé...


Quand on a commencé à récupérer les joueurs un par un, on a retrouvé un peu notre groupe et on a très bien fini la saison. C'était super plaisant. On a concédé seulement deux défaites en 25 matches, un truc comme ça. On finit à deux points de l'Europa League donc quelques petits regrets. Mais bon voilà. On va faire ce qu'il faut pour avoir moins de blessés la saison prochaine quoi.

Le club d'Everton est-il encore loin du Big Four ?


Everton, c'est vraiment une super bonne équipe. Chaque année, si elle n'attrape pas l'Europa League, elle est juste derrière. Cette année, quand on voit les équipes qui ont fini devant, qu'on finit à deux points ou un truc comme ça de Liverpool, qu'on doit être peut-être à six ou huit points du quatrième... Et les équipes qu'il y a devant nous, encore une fois, ce ne sont pas des pieds nickelés quand même. Notre classement, je pense, reflète la qualité d'Everton. Et aussi, on se dit, ouais, avec quelques points à rattraper par-ci par-là en début de saison, on aurait pu facilement être cinquièmes ou quatrièmes.

A l'image de la réussite de Tottenham, le Big Four est-il plus ouvert qu'avant ?


Plus accessible ? Mouais. C'est juste que cette année, Liverpool a fait une mauvaise saison. Mais sinon, ça reste quand même difficile. Les deux premiers étaient quand même assez bien décrochés. C'est surtout qu'il y a deux-trois équipes en-dessous qui ont les moyens financiers d'acheter des super joueurs. Ça fait des belles équipes. Il y a des équipes régulières comme Everton qui a plus ou moins la même équipe depuis quelques années, la même chose pour Aston Villa. L'écart entre le Big Four et les 3-4 équipes qui suivent s'est vraiment resserré. Donc c'est intéressant pour le championnat, c'est bien.

Tu as encore fait du bon boulot en Premier League et pourtant pas un coup de fil de Raymond. Surpris ?


L'équipe de France, j'y pense plus trop. Il y a un moment où il faut être réaliste. Je crois qu'il y a deux ans de ça, il y avait une équipe A et une équipe A', vous comptiez une quarantaine de joueurs plus ceux qui sont un peu sur une liste d'attente. On va dire qu'il y a cinquante joueurs et je n'ai jamais été dans cette liste-là. Et à partir de là, tu te dis que bon, il faut arrêter d'y penser. Le seul petit point noir pour moi, ça serait de savoir pourquoi, c'est tout. Pour simplement comprendre car il faut savoir que, derrière, il y a beaucoup de joueurs qui ont été testés, de tous les niveaux, de tous les âges, de tous les championnats et je n'ai jamais eu l'opportunité de montrer ce que j'étais.

C'est la déception de ton parcours, non ?


En même temps, j'ai fait toute ma carrière sans l'équipe de France et je ne cours pas après. Cela aurait été simplement un plus, certainement une fierté aussi, mais ça s'arrête là. Je n'ai pas eu besoin de ça pour faire ma carrière et je suis très content du parcours que j'ai fait. C'est juste une petite question personnelle où j'aurais bien aimé comprendre pourquoi je n'ai jamais eu ne serait-ce qu'une sélection, aucune présélection, jamais eu un fax qui disait que s'il y avait des blessés, je pouvais faire partie de la liste. Je n'ai jamais eu l'occasion de discuter avec qui que ce soit donc, non, c'est plutôt un trou noir.

En Angleterre, on s'étonne de tout ça ?


On me pose assez régulièrement la question du fait de mon parcours, du fait que, peu importe les clubs, ça s'est toujours bien passé dans un championnat pas facile non plus. Quand on me pose la question, à mes coéquipiers, mes entraîneurs, je ne sais pas trop quoi leur répondre quoi. Ça doit certainement être que je ne suis pas assez bon, je ne vois pas d'autres raisons.

Là, tu es en vacances. Tu vas quand même en profiter pour regarder les Bleus en Afrique du Sud...


Je vais quand même suivre, mais je suis en vacances donc je ne vais pas me replonger dans le foot 24 heures sur 24.

T'en penses quoi de ces Bleus ?


Bon, je ne suis pas là pour critiquer les choix des uns ou des autres mais, pour moi, il y a des choses que je n'arrive pas à comprendre. J'évolue par exemple aux côtés d'un joueur comme Louis Saha, que je vois évoluer tous les jours, qui a fait une super saison et qui n'a pas eu sa chance d'aller en équipe de France alors que pour moi il est plus que bon. Mais, c'est comme ça, ce sont des choix et parfois on ne comprend pas toujours le pourquoi du comment.

Anelka en pointe, c'est un autre choix étrange ou plutôt un faux-débat ?


C'est un faux-débat puisque, de toute façon, c'est le sélectionneur qui décide. Les gens peuvent en débattre tant qu'ils veulent, ça ne changera rien du tout. Les journalistes, supporters ou autres peuvent en parler des heures. C'est un peu comme le débat de sélectionner lui plutôt qu'un autre, c'est la même chose. C'est parler un peu dans le vent.

Tu la vois aller jusqu'où cette équipe de France ?


C'est difficile. C'est sûr qu'au regard des matchs précédents, on se dit que ça ne va pas être facile, mais peut-être que quelque chose peut se passer. L'alchimie peut arriver subitement et les résultats venir d'un coup pendant la Coupe du Monde. La Coupe du Monde c'est quand même un événement spécial pour se transcender.

Propos recueillis par Ronan Boscher

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