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Sylvain Deplace : « Loulou Nicollin a su me convaincre »

Sylvain Deplace, c'est une gueule, une carrière terminée à 30 ans et un trio fou formé avec Gava et Maurice à l'époque où l'OL ne gagnait pas encore. Passé par le MHSC, l'homme qui bosse aujourd'hui chez Tarvel se confie avant le duel entre ses deux équipes.

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Tu as été formé à Lyon, mais tu as joué pour l’OL et pour Montpellier. Tu supporteras qui vendredi soir pour le match ?
L’Olympique lyonnais évidemment ! C’est mon club de cœur. J’étais encore au stade hier soir d’ailleurs… (L’OL s’est incliné face à La Gantoise ce mardi soir dernier, ndlr)

Lors de ton premier match en pro, vous perdez 0-3 à l’extérieur face à Montpellier… Qu’est-ce qu’on ressent après ça ?
D’après mes souvenirs, j’étais remplaçant. Je suis entré en jeu et j’ai même pris un carton jaune assez rapidement. Après, j’étais jeune et inconscient, donc je n’avais pas trop douté (rires). Mais on se dit quand même que ça va être compliqué de revenir, et ça ne laisse pas de bons souvenirs à l’arrivée. Heureusement, j’en ai eu de meilleurs plus tard !

Tu as repensé à cette défaite lors de ton transfert à Montpellier ?
Non pas du tout ! J’ai même un bon souvenir à Montpellier, puisque j’ai marqué mon premier but en pro là-bas avec Lyon ! Montpellier, c’est plein de symboles pour moi en fait !

Tu formais avec Florian Maurice et Franck Gava un trio magique des années 90 à l’OL. Comme en Coupe d'Europe, face à la Lazio...
Forcément, les matchs de Coupe d’Europe avec l’OL face à la Lazio resteront gravés à jamais dans ma mémoire. D’abord, le premier parce que je marque, même si, bon, ma frappe est contrée (rires). Mais c’est surtout le match retour qui laisse de supers souvenirs. On avait gagné là-bas alors que personne ne nous attendait et on avait un stade olympique acquis à notre cause, au moins pour la moitié, puisque les supporters de l’AS Roma viennent quand même au stade quand la Lazio joue, mais pour supporter l’adversaire ! Du coup, on avait eu une ovation là-bas après la rencontre. On avait parfaitement mené notre partie ce jour-là (l’OL l’avait emporté 0-2, ndlr).

C’est le meilleur souvenir de ta carrière ?
Ouais, clairement. C’est l’un des premiers exploits majeurs dans les campagnes européennes de Lyon, donc on était un peu à l’orée des belles années suivantes du club !

Quand tu quittes l’OL en 1997 après six saisons, c’est Karim Benzema qui t’apporte un bouquet de fleurs et ton maillot. Tu ressens quoi à ce moment-là ?
C’était compliqué à cette période, parce que j’ai failli prolonger pour un bail de sept ans avec Lyon, puisque Jean-Michel Aulas m’avait proposé ça, donc forcément, ça a été un crève-cœur de quitter le club à ce moment-là. En même temps, j’étais aussi en pleine ascension, j’étais en équipe de France A’, je voulais franchir un palier et l’OL d’alors n’était pas encore l’OL des années 2000 que l’on a pu connaître après. Force est de constater que je me suis planté (rires) ! Mais bon, c’était mon choix, donc il ne faut pas le regretter.

Tu rejoins Montpellier dans la foulée. Pourquoi ce choix à l’époque ? Comment s’est passé ton transfert ?
Pourquoi Montpellier ? Parce que Loulou Nicollin, comme il sait le faire avec les Lyonnais, a su me convaincre. Mais une fois arrivé sur place, c’est vrai que l’adaptation n’a pas été celle espérée. Au départ, c’était pas mal, mais ensuite, c’est parti en déconfiture, notamment à cause d’un manque de confiance de la part du coach envers moi. J’ai appris plus tard que Loulou me voulait, certes, mais je n’étais pas forcément sur les tablettes de l’entraîneur (Michel Mezy, ndlr). Donc j’ai connu une saison très compliquée au MHSC.

Tu finis ta carrière de footballeur pro en 2002 à Martigues à 30 ans. Pourquoi s’être arrêté si jeune ?
J’étais un peu lassé déjà. Le milieu avait pas mal changé entre les années de ma jeunesse à l’OL, où on était tous issus du centre de formation et où il y avait une certaine façon de voir le football. Quand j’ai vu que cela avait changé, je ne m’y suis pas trop retrouvé, j’étais un peu perdu, un peu déçu aussi de la tournure du ma carrière, mine de rien. Parce qu’en étant à l’orée des belles années de l’OL, et chez les A’, ça m’a fait mal de tomber dans les oubliettes à Montpellier. Et après, les rebonds sont toujours compliqués, même si mon passage à Guingamp s’est bien passé. Et puis, finir à Martigues en Ligue 2 avec une descente en National, ce n’était plus très motivant.

Sept ans après ta carrière de footeux, tu as fini par te reconvertir chez Tarvel en 2009, (une entreprise spécialisée dans les terrains de sport par le biais des espaces verts, ndlr). Qu’as-tu fait de ta vie entre-temps ?
Déjà, j’ai passé tous mes diplômes d’entraîneur, enfin ceux qu’il fallait pour pouvoir entraîner en National. J’ai pris un club amateur dans la région lyonnaise (le CS Meginand, ndlr), que j’entraîne encore aujourd’hui ! Cela fait maintenant treize ans que je suis là-bas. Et puis j’ai goûté à divers boulots pour savoir ce qui pouvait m’intéresser. Finalement, je n’ai pas vraiment trouvé ma voie et je suis donc resté dans le monde du football amateur.

Du coup, Tarvel, c’était l’emploi rêvé pour toi, non ?
Oui, carrément ! Je suis resté dans mon monde, j’ai même appris à comprendre comment fonctionnait un terrain que j’avais foulé pendant 30 ans ! Donc c’était plutôt sympa ! Sauf que par la suite, le synthétique est arrivé, et ce n’était pas trop ma tasse de thé, mais je suis obligé de constater que c’est le marché qui veut cela. D’ailleurs, aujourd’hui, je développe surtout le synthétique, malgré moi, parce que j’aimerais développer un peu plus les terrains naturels, mais c’est comme ça.

Comment es-tu arrivé là-bas ?
Complètement par hasard ! Tarvel réalisait le terrain synthétique de mon club amateur, et j’étais responsable d’aller chercher des sous chez les sponsors, donc par la force des choses, j’ai interpellé le grand patron de l’entreprise avec qui j’ai eu un rendez-vous. Après ça, il a accepté de financer mon club, et après une période d’essai convaincante pour tout le monde, nous nous sommes associés !

Ta carrière de footeux, ça te sert dans ton métier aujourd’hui ?
Oui, puisque j’ai un ressenti un peu différent par rapport à cela, grâce à ma carrière. Mes collaborateurs et moi-même pensons savoir ce qui est le mieux pour les sportifs. Après, certains de nos clients se foutent royalement de mon avis, mais d’autres sont intéressés par mon expérience de joueur professionnel, pour avoir ce qu’il y a de mieux pour leur club amateur.

Du coup, que penses-tu des pelouses françaises actuellement ?
C’est vrai que quand on regarde les pelouses anglaises, il y a de quoi être un peu jaloux, mais justement, les gazons qui sont utilisés en Angleterre arrivent de plus en plus en France. Donc on peut espérer une vraie amélioration de ce coté-là dans les années futures. Il y a pas mal de choses qui sont faites ici et là pour éliminer les défaillances. La pire de toutes pour moi, c’est l’entretien. Je suis très sensible à cela. Aujourd’hui, il y a encore des villes qui entretiennent elles-mêmes leur terrain, alors qu’à un moment donné, il faut un jardinier qui respire le terrain de foot, qui vive pour le terrain de foot, pour savoir exactement ce qu’il faut faire à n’importe quel moment.

Le synthétique, c’est l’avenir selon toi ?
Jamais dans l’élite en tout cas ! Si cela arrive, je ne comprendrais plus rien, parce que le synthétique n’est pas adapté pour cela, parce que les sensations sont différentes, les rebonds ne sont pas les mêmes. Sur un gazon naturel, si tu veux faire une transversale de 60 ou 70 mètres, tu peux la faire ! Sur un synthétique, c’est un peu plus complexe… Mais les clubs comme Lorient ou Nancy vont revenir au naturel très rapidement, voire même au naturel amélioré. De toute façon, le conseil d’administration de la Ligue a interdit l’utilisation des terrains synthétiques à partir de 2018 en Ligue 1.

Pour finir, un pronostic pour le match de vendredi soir ?
J’espère le rebond des Lyonnais, après les défaites face à Nice et La Gantoise. Je vois une victoire étriquée de l’OL, avec des buts, donc un 2-1 ou un 3-2 pour moi !


Par Maxime Nadjarian et Gad Messika
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