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Sylvain Armand, une décennie parisienne

Ce vendredi, Sylvain Armand retrouve le PSG avec Rennes. Un match qu'il coche sur son calendrier à chaque début de saison, car neuf ans à Paris, forcément, cela laisse quelques souvenirs. Et dans la capitale, le défenseur rennais en a également laissé beaucoup, surtout des bons.

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« Après une défaite à Toulouse, on est quand même allé saluer les supporters avec Sylvain, et on leur a jeté nos maillots. Celui de Sylvain m'est revenu dans la gueule, et j'ai essayé de le lui cacher, mais il l'a finalement su. C'est dingue, les supporters ne pouvaient pas le saquer. » En début de saison 2004-2005, Jérôme Rothen se souvient d'un accueil glacial pour Sylvain Armand au PSG. « Quand j'ai signé, on m'avait dit que Juan Pablo Sorín serait l'arrière gauche, avec lui l'équipe ne perdait jamais, il était super populaire. » Mais au final, prolonger le prêt de l'Argentin s'avère trop cher pour le club de la capitale, encore loin des fastes de QSI, et le plan B vient de Nantes. « Yepes, l'autre recrue venue de Nantes, et lui ont eu du mal à se faire accepter » , se souvient Alain Cayzac, dirigeant historique du club. Lui ne pense pas forcément aux supporters, mais au vestiaire, pas forcément ravi de voir débarquer les deux Canaris. José-Karl Pierre-Fanfan, défenseur central titulaire alors, s'explique : « On avait mal vécu les départs de Gaby Heinze et Juan Pablo Sorín, même celui de Fred Déhu, car on sortait d'une grosse saison avec eux. Et vu que Sorín avait été exceptionnel sur le terrain et aussi dans la vie du groupe, Sylvain est arrivé sur la pointe des pieds et avec une grosse pression. »

2004-2005, annus horribilis


Les premiers mois sont difficiles, le joueur est « un peu en dedans » pour reprendre les mots de Rothen. Et surtout, il se confronte à la folie du PSG, un club où la pression est démultipliée par rapport à Nantes. « Il a clairement vécu des trucs qu'il n'aurait jamais pu vivre à Nantes, un gros club, mais pas avec l'instabilité alors de mise à Paris et son ultra médiatisation » , analyse Pierre-Fanfan. Il faut dire qu'Armand est gâté : polémique sur les transferts de Frédéric Déhu et surtout Fabrice Fiorèse - avec le vomi de Vahid Halilhodžić en supplément -, un premier Classico où il se fait expulser après 20 minutes pour un tacle trop appuyé sur le « traître » , une découverte douloureuse de la Ligue des champions conclue sur un triplé fatal de Sergueï Semak au Parc ou encore le départ de l'entraîneur qui l'a recruté en février... « Même lorsque que l'on gagne 2-0 contre Porto en Ligue des champions, le tenant, avec un superbe but de Coridon, moi je me pète la cheville et manque 4 mois de compétition, on avait clairement une malédiction cette saison-là » , confirme Rothen. « C'est clair que cela a dû le vacciner vu qu'il a connu le pire d'entrée, après plus rien ne pouvait lui arriver » , estime Pierre-Fanfan, pour qui, cependant, Armand n'a fait que récolter ce qu'il avait semé : « Cette exposition, si on vient à Paris, c'est qu'on la voulait... »

Alain Cayzac : « Il a vécu le meilleur et le pire avec le PSG, c'est ce qui caractérise une légende »


Malgré cette première saison cauchemardesque, Sylvain Armand va pourtant serrer les dents, s'accrocher et durer neuf saisons, quasiment toutes comme titulaire. Comme arrière gauche le plus souvent, en défense centrale sur la fin, mais aussi en milieu défensif à certains moments pour colmater les manques. Et surtout, le joueur va tout connaître à Paris, de ces polémiques de l'été 2004 au titre de champion 2013, en passant par plusieurs victoires en coupes ou une relégation évitée de justesse en 2008. « Il a vécu le meilleur et le pire avec le PSG, c'est ce qui caractérise une légende » , n'hésite pas à affirmer Alain Cayzac, admiratif du joueur et de l'homme. « Avec 380 matchs pour le club, c'est le second joueur le plus utilisé dans l'histoire du PSG, c'est un joueur emblématique pour Paris, tout le montre. » Emblématique car il a vécu les deux premières saisons du projet QSI, mais surtout parce qu'il a traversé tête haute la période qui a précédé, marquée par les limites économiques du règne de Colony Capital. « Il est toujours resté droit, que ce soit dans les victoires comme dans les défaites, cela montre la qualité de l'homme » selon Cayzac. Pour Grégory Coupet, qui a connu le joueur de 2009 à 2011, on touche là au secret de la longévité d'Armand à Paris, un club où il est peu courant de faire partie des meubles : « C'est quelqu'un de très porté famille et amis. Son principe de vie, c'est d'être un être humain avant d'être un joueur de football. » Ce que Cayzac résume en « bon vivant, amoureux de la vie » , mais qu'à l'époque, Jérôme Rothen ne comprenait pas forcément : « Il avait toujours du recul dans les périodes difficiles, donc il n'est pas aussi usé que quelqu'un qui prend tout à cœur. Mais parfois, cela peut énerver, ce recul, on peut croire que la défaite ne l'a pas affecté. » Mais cette capacité à accepter le sort, voire à avaler quelques couleuvres, permet sa longévité à Paris, un club qu'il appréciait avant de devenir pro comme il l'expliquait à son arrivée sur PSG TV. « Lui se mettait des objectifs restreints, ne s'offusquait pas si le club avait moins d'ambition » , se souvient Rothen. « Moi, en revanche, je pétais des câbles, car les promesses sur le recrutement n'étaient pas tenues, lui restait tranquille... »

Une merguez pour David Beckham


Preuve de ce choix de carrière qui consiste à privilégier le bien-être quotidien aux sommets sportifs, en 2007, le latéral gauche choisit de rester dans la capitale malgré les difficultés du PSG, plutôt que de rejoindre la F1 lyonnaise qui lui ouvrirait un accès illimité à la Ligue des champions. « J'ai tout fait pour le retenir, car je ne voulais pas les perdre, lui et Rothen. Ce qui m'a marqué, c'est qu'il a décidé de rester avant même d'évoquer l'aspect financier, se souvient Cayzac. On a signé un nouveau contrat pour la forme, mais il m'a donné sa parole plusieurs semaines avant, pendant la préparation, et cela n'a jamais été une question d'argent, il voulait sentir qu'on tenait à lui, c'est tout. » À Paris, l'époque où il était la tête de Turc des supporters ou un joueur effacé du vestiaire est alors révolue. En quelques saisons, il est devenu l'un des ciments du groupe. Pierre-Fanfan : « C'est un modèle pour n'importe quel joueur, conscient de ses forces et limites, qui ne faisait jamais rien pour pourrir l'ambiance. » Au contraire, l'ex-Nantais se met à assumer le rôle de rassembleur, en étant « attentif aux autres et en facilitant l'intégration de chacun » , assure Coupet, qui se souvient avoir « plusieurs fois refait les matchs autour d'un verre » chez Armand, car « on a souvent du mal à trouver le sommeil après une rencontre, et donc c'était bon de temps à autre d'avoir ce moment de partage » . Un bonheur que même David Beckham expérimentera lors de son court séjour parisien, en dégustant une merguez lors d'un barbecue chez les Armand.

Grégory Coupet : « C'était notre guide Michelin »


« Il ne fait pas de considérations par rapport au CV, Beckham ou stagiaire, c'est pareil » , selon Coupet. La preuve, Alain Cayzac affirme qu'Armand était « l'un des rares joueurs avec qui je me permettais d'aller dîner, en général avec nos épouses » . Pour Coupet, Sylvain Armand laisse le souvenir « d'un être humain extraordinaire, qui aime découvrir les univers des autres et partager les siens » . Notamment sa passion pour la bonne nourriture : « C'était notre guide Michelin, il connaissait les bons restos, mais aussi les endroits sympas pour voir des spectacles ou du théâtre dans la capitale. » Avec Christophe Jallet, Jérémy Clément ou encore Guillaume Hoarau, ils constituent alors une sorte d'épine dorsale de l'esprit PSG pré-QSI, un club encore « familial » et non pas une multinationale. « C'est dingue qu'il ait pu faire aussi longtemps à Paris quand on voit comment il a commencé » , continue de s'émerveiller Rothen. Son départ, après deux ans dans le pharaonique projet QSI a coïncidé avec les arrivées successives de plusieurs monstres en défense. « Il avait conscience qu'il était temps de partir pour continuer à jouer, et que dans un club comme Rennes, il pourrait apporter ce dont Paris n'avait plus besoin » , analyse Pierre-Fanfan, pour qui Armand a eu le mérite de « partir par la grande porte » sur un titre de champion. Au moment de son départ, le président rennais Frédéric de Saint-Sernin passe un coup de fil à Cayzac : « Tu penses quoi de Sylvain Armand ? » La réponse est sans équivoque : « Fonce, tu ne regretteras pas. » Un an et demi plus tard, le Stade rennais est visiblement satisfait de son acquisition, même s'il est peu probable que le défenseur central fasse neuf saisons en Ille-et-Vilaine.

Tous propos recueillis par Nicolas Jucha
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Dans cet article

Diané regarde depuis le banc des matchs en Corée du Sud, au Pohang Steelers.
Armand? Le mec a été correct en ArG, puis rapidement moyen, puis une véritable bite : il se faisait bouger et bouffer de la tête par des hobbits. Footballistiquement, on charrie Nanard Mendy mais Syl à gauche avec Rothen devant lui et son tourniquet atroce, j'en ai souffert.
J'entends physiquement souffert.

Il glisse en def centrale, où il devient très bon durant une saison 1/2 de mémoire. A ce moment là, il porte le vice-capitanat. Je me rappelle d'une intervention à quelques journées de la fin du champ', où on était en tête : "On préfèrerait être second, il y aurait moins de pression".

Ce type n'a jamais été un grand, alors de là à l'apparenter à une légende...
Dan_Petrescu Niveau : CFA
Fulgrita tu trolles j'espère?
On ne mesure pas un joueur seulement à ses perfs mais aussi à son impact sur l'équipe, demande à tous les clubs plus modestes du championnat voire à l'étranger. même si le moral ne suit pas, les joueurs emblèmes sont respectés.


Soi tu trolles, soi tu peux retourner faire des photos avec Germain le lynx
Kadda Marteri Niveau : District
Armand une légende? Qu'est qu'il ne faut pas lire... Lisez plutôt ça http://www.cahiersdufootball.net/articl … e-psg-4963
Bald&bearded Niveau : CFA2
D'autant plus que l'article ne traite pas des qualités footbalistiques du joueurs mais de tout ce qu'il a pu apporter à côté. Je l'aime bien moi le Sylvain, et cet article ne fait que renforcer ma pensée.
c'est simple, durant les années dégueulasses made un colony, c'était le seul avec Pauleta que les virages n'ont jamais pris en grippe. Pourtant on etait un peu à cran à l'epoque. Un bonhomme quoi, pas un grand de chez grand mais un mec fiable, ça change des starlettes qui se la raconte apres 3 matchs en ligue 1.
mackallaway Niveau : CFA2
C'est sur que passer derrière Sorin, mais bon on parlait d'un mec qui était surement le meilleur arrière gauche en France à l'époque.
Quand il a formé la paire avec Sakho en def central, c'était assez solide et efficace. Mais bon entre arriver et jouer avec certains bras cassés, pseudos stars du Brésil et les joueurs de QSI.

Au final, ça me manque aujourd'hui cette crise de Novembre qui arrivait doucement avec l'hiver : on démarrait pas trop mal le championnat, on se prenait à y croire que c'était LA saison et les nuls et défaites commençaient à s'enchainer jusqu'à Noel (avec tout le folklore qui va derrière : la taupe, les banderoles de démission, le caillassage des voitures, Sammy Traoré voulant bastonner des contestataires)

C'EST TROP CALME ET TROP BIEN AUJOURDHUI!
Cayzac le "dirigeant historique" du psg qui parle de Armand comme une "légende" ...

Ca fait beaucoup en un seul article.
l'anecdote c'était lors de son arrivée. en 2004, ce n'était pas colony aux manettes.
2006/2006/2008, il commençait à faire partie des meubles et on s'est jamais lâché sur lui comme on pouvait se lâcher sur pancarte camara bourillon diané et bien d'autres.
Cayzac pas un historique?
Le mec est au board depuis les annees 80.

Armand peut dire merci a QSI, s'il a une telle aura aujourd'hui c'est parcequ'il est le symbole du "c'etait mieux avant" repete par enormement de fans historiques du Pez.
Un mec moyen +, a la credibilite renforcee par son refus de partir a Lyon (et son attentat sur Fiorese), qui n'a pas grand chose a mettre en avant mis a part sa fidelite.
joker7523 Niveau : CFA
C est vrai qu au début j étais pas très confiant sur son apport, je croyais plus en Super Mario yepes.

Puis remplacer Sorin dans la performance et dans le coeur des supporters parisiens était clairement impossible!

Puis il y a eu ce match contre l Om au parc ou Armand te lance un bon gros tacle sur cette petite crotte de fiorese et la j ai commencé à l apprécier. ^^

J oublierai pas son but à Lens en 2007 durant le maintien tout comme je n oublie pas qu il a refusé le Lyon de l époque et ça participe à l attachement sincère qu il a eu pour notre club. Je le mettrai pas en légende mais en historique mais déjà pour moi ça signifie beaucoup.

Respect et merci. Mais ce soir pas de quartier! ^^
Kadda Marteri Niveau : District
Armand qui tacle Fiorèse. Ce jour là résume toute la carrière du bonhomme à Paris. Uno, il sait pas défendre. Deuxio, sans lui on est mieux (victoire 2-1 à 10 avec des buts de Pedro et un bonbon jaune de Cissé)
Orso94210 Niveau : CFA
Bon, bah je dois être le seul à avoir beuglé devant le tacle de "la machoire" sur Fiorèse. C'était idiot de faire un tacle comme ça à ce moment du match.

Le fait qu'on les tape ensuite délicieusement à 10 contre 11 m'aura permis de relativiser, mais c'était imbécile de laisser son équipe à 10 contre un OM qui était nettement supérieur à l'époque.
J'trouve assez marrant que parmis tout les supporters membres des virages etc aucun relève ( certains même abonde dans ce sens ) le fait qu'armand a succéder a Sorin ?!
Sorin qui est un de mes chouchous du psg, n'a jamais joué Arg ( ou alors pour dépanner ) il jouait un cran plus haut..

Armand ni chaud ni froid ! J'aimais bien et respectais mais c'est sûrement pas un des mecs qui me viendrait en premier a l'esprit si j'évoquais les joueurs qui m'ont marqué a panam.
mackallaway Niveau : CFA2
Surtout Armand, Pauleta, Alonzo (voir Yepes et Rothen) étaient les seuls à venir saluer les supporters au stade et en déplacement. Pas les premiers à filer à toute vitesse au vestiaire.
oui oui diané le sauveur oui ;)
Hormis son super but contre Lens au parc et son but à sochaux, y a pas grand chose d'autre à retenir de son passage à Paname. C'est déjà beaucoup rapport à certains tu me diras.
Message posté par Dan_Petrescu
Soi tu trolles, soi tu peux retourner faire des photos avec Germain le lynx


1) Je ne trolle pas pour une fois.
2) Merci pour la référence à Germain, mais je ne vois pas le rapport ; quand on trouve un joueur nul, on est forcément adorateur du club depuis QSI? Ridicule.
3) On écrit "soit".
papapav24 Niveau : DHR
J'ai bien aimé Armand. Pas le plus fort mais je ne l'ai pas souvent vu marcher sur un terrain.
Puis un joueur qui reste fidèle, c'est quand même de plus en plus rare. Surtout quand on se souvient qu'à l'époque, Paris alignait très rarement 2 victoires consécutives sur 1 saison.

Bref, une belle petite carrière que pas mal de joueurs envieraient aujourd'hui.
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