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Sweet smell of Success

Arrivé cet été à Watford après deux petites saisons pros à Grenade, Isaac Success est l’un des nouveaux espoirs du système Pozzo. Voilà l’histoire d’un gosse sauvé de la rue par un ticket de bus, entre un titre de champion du monde et un peu d’afrobeat.

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Une salle des machines. Voilà ce que devait au départ être la nébuleuse Watford dans le système Pozzo qui s’étire du nord de l’Italie au sud de l’Espagne en passant donc par le nord-ouest de Londres. Dans la famille, il y a le père Giampaolo, qui s’occupe essentiellement d’Udinese, mais surtout le fils, Gino, qui a débuté sous les ordres paternels avant de prendre le contrôle du Watford FC et qui avance aujourd’hui comme le boulon essentiel du rouage. Son secret est simple : accepter d’attendre comme l’avait expliqué un jour le boss du scouting du club italien, Andrea Carnevale, dans les colonnes d’El País : « Chelsea, Manchester, l’Inter, Arsenal et les équipes portugaises sont partout. Ils cherchent le produit sûr à 100%. Nous, on se contente de 50%, de le faire venir à Udine et le faire ensuite devenir un bon joueur en deux ans. » La récolte ? Asamoah Gyan, Gökhan Inler, Alexis Sánchez, Juan Cuadrado, entre autres. Chaque détail peut ainsi révéler beaucoup. Comme le nom du docteur Ramon Cugat, spécialiste vénéré par Pep Guardiola depuis les années 90. Cugat est également un homme de confiance de Gino Pozzo et le fils de Giampaolo ne fait pas confiance facilement. Surtout lorsqu’il s’agit de ses joueurs. En arrivant à Watford, l’Italien a révolutionné la vie quotidienne du secteur pro en mettant notamment en place des menus spéciaux pour chacune des pièces de son laboratoire. Chaque produit est unique alors Gino en prend soin. Voilà comment il y a quelques semaines, Isaac Success Ajayi s’est retrouvé entre les mains de Ramon Cugat. Deux-trois consultations, pas mal de conseils et l’attaquant débarqué cet été en Angleterre contre quinze millions d’euros a enfin réussi à soigner ses tendons fragiles. Success, c’est l’histoire d’un produit, recruté à dix-huit ans et assemblé à Grenade - l’autre partie du système -, qui est devenu « un bon joueur en deux ans » à peine. Mais aussi un peu plus que ça.

C’est l’histoire d’un bus


Car il y a quatre ans, celui qui affiche aujourd’hui sa grosse carcasse en Premier League n’était personne une fois sorti de Benin City, au sud du Nigeria. L’homme parle désormais de sa « bataille pour s’en sortir » , d’un passé « un peu fou » . Peut-être simplement car la vie d’Isaac Success tournait autour de ce schéma : se lever, tuer le temps, jouer pas mal à la BJ Foundation Academy et chercher ensuite de la nourriture en fouillant les mariages ou d’autres cérémonies. Survivre pour vivre, avant tout. « C’est un petit peu dingue, mais je remercie Dieu de m’avoir aidé. En Afrique, il faut souvent lutter. On doit se battre, simplement, et croire que ce qu’on fait chaque jour va nous ouvrir une voie pour le futur. Ma vie, c’était ça » , expliquait-il il y a quelques semaines au Guardian. Sa voie personnelle porte le nom de Douglas Idahosa, l’un de ses anciens entraîneurs à Benin City. « Il m’a dit qu’il croyait en moi donc un jour, il a payé 2500 naira (soit environ sept euros, ndlr) pour que je puisse prendre le bus jusqu’à Calabar. Les joueurs qui étaient présents ce jour-là avaient déjà intégré le centre d’entraînement de l’équipe nationale et cela m’a juste poussé à me battre pour devenir l’un d’eux. C’était l’objectif et j’y suis arrivé. J’ai été reçu à mon tour. Ma carrière a débuté comme ça. » Sur un ticket de bus en 2012 donc avant d’exploser définitivement aux yeux de tous lors de la CAN U17 organisée au Maroc l’année suivante. Durant la compétition, Success claque sept buts en cinq matchs, termine meilleur buteur, mais ne peut empêcher la défaite du Nigeria en finale contre la Côte d’Ivoire. Suffisant pour titiller les scouts européens dont ceux d’Udinese pour la suite que l’on connaît.

Afrobeat, joker et Zidane


Car durant les mois qui suivent, il remporte la Coupe du monde U17 en battant en finale le Mexique (3-0) aux Émirats arabes unis. Ses performances sont alors éclipsées par celles d’un certain Kelechi Iheanacho, mais Success en montre assez pour entrer dans le système Pozzo et ne plus en sortir. Gosse, Isaac rêvait de jouer contre le Real de Zidane. Rêve consommé l’an dernier avec Grenade avant de plonger dans « le défi » du foot anglais à bientôt vingt et un an. Résultat, s’il est souvent utilisé dans un rôle de joker de luxe par Walter Mazzarri, Success est déjà l’un des espoirs de la salle des machines qu’est devenue depuis plusieurs années Watford avec qui il a ouvert son compteur en octobre contre Bournemouth (2-2). De la patience pour développer son rapport à la tactique, mais aussi pour ne pas griller le talent en rodage. Pas grave, le jeune international nigérian tue le reste du temps dans son label de musique IS Music qui produit notamment Trazyx, l’un de ses amis d’enfance dont il tente de lancer la carrière. Tout en tournant dans ses clips. C’est peut-être aussi ça, la recette du Success.


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Par Maxime Brigand
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