1. //
  2. //
  3. // Swansea/Arsenal

Swansea, bons cygnes, bon genre

Sa promotion était passée par le jeu la saison dernière. Son maintien semble emprunter le même chemin. Façonné par Roberto Martinez, Paulo Sousa et Brendan Rodgers aujourd’hui, le promu Swansea, seul club gallois de l’élite, tire son épingle du jeu cette saison.

3 0
Presque planqué à une confortable 13ème place, à six points de la zone de relégation, Swansea est sorti indemne de la première partie de saison. Les observateurs anglais lui prédisaient pourtant avant l’entame de saison les joies de la bataille contre la relégation. Erreur. Le club gallois n’a pas esquivé les fondamentaux du club efficace de bas de tableau : assurer le plus de points possibles à domicile. Sur les matches aller, seul Manchester United a réussi à repartir du Liberty Stadium avec les trois points en poche. Le reste s’y est cassé les dents. Garry Monk, défenseur de Swansea, résume à sa façon la situation dans le Guardian : « Franchement, s’il n’y a pas trois équipes plus mauvaises que nous cette saison dans le championnat, ben moi, je me colle une balle en pleine tête » . Sereins les cygnes. Cela confirme aussi la tendance observée depuis trois saisons (2 promus sur 3 maintenus), qui ne consiste plus à faire des bizuts de la chair à canon pour les autres équipes. Harry Redknapp, après le nul concédé au Liberty Stadium (1-1), sortait les louanges : « Swansea m’a impressionné. C’est brillant la façon qu’ils ont de se passer la balle entre eux. Peu d’équipes viendront ici prendre les trois points » . Roy Hodgson, qui a pris une baffe en venant au Pays de Galles en septembre dernier analysait, à chaud, juste après la défaite (3-0), la principale force de ce Swansea : un style de jeu maison depuis quatre ans. « Il semble que la philosophie de jeu introduite par Roberto Martinez a été reproduite sous Brendan Rodgers. C’est un style dont le club est fier je pense. Cela implique beaucoup de passes, jouer sur les ailes et avoir des milieux de terrain susceptibles de conserver le ballon dans les petits périmètres. Cela demande beaucoup d’entraînement, beaucoup de répétitions » .

Une philosophie: garder la balle au sol

Actuellement à la tête du mal en point Wigan, Roberto Martinez, ancien jouer de Swansea aussi, et coach en 2007 expliquait dans les colonnes de ce même Guardian les fondements de ce Swansea joueur : « Quand je suis arrivé, nous étions en milieu de tableau en League One et nous avions très peu à dépenser. On sentait bien qu’on se devait d’être un peu plus créatif. Tout ce que nous pouvions changer, c’était la façon de jouer. Donc, c’est ce qu’on a fait, en changeant de système, en se concentrant plus sur la possession de balle, faire quelques résultats et développer une mentalité de gagnants » . Sous les ordres de l’ancien manager de l’Academie de Chelsea, période Mourinho, ancien coach de la réserve londonienne aussi, Brendan Rodgers a récolté à sa prise de fonction en 2010 les fruits de cette philosophie de jeu, obtenant pour son premier poste chez les seniors, un premier succès, une montée historique en Premier League. « Nous défendrons toujours notre philosophie. Nous voulons garder la balle au sol. C’est la seule chose que nous sachions faire. Et pourquoi changer une formule gagnante, qui nous a déjà si bien servis ? » .

La révélation Michael Vorm

Cet été, pour fluidifier encore un peu plus le jeu gallois, la cellule de recrutement au budget transfert limité (6 millions d'euros) avait sondé très sérieusement Marcos Senna, pour que finalement Rodgers mette le hola : « Je ne louerai jamais assez le professionnalisme de Marcos, c’était un joueur de premier plan pour nous et je suis sûr qu’il aurait pu apporter beaucoup au club. Mais quand vous pensiez à l’argent qu’on aurait dû lui donner, le package que nous lui proposions, j’ai juste senti que ça ne le ferait pas » . Rodgers a eu du nez, puisque que la non-signature du métronome fatigué espagnol n’a pas empêché Swansea d’être, derrière City, Chelsea et Arsenal, l’équipe qui se fait le plus de passes dans le championnat. Un bémol : la majorité de ces échanges ont lieu dans sa propre moitié de terrain. Le problème des Swans est en effet de transformer cette domination dans la possession et la maîtrise du cuir en réelle menace offensive. Les ailiers Nathan Dyer à droite et Scott Sinclair à gauche abattent certes un boulot considérable. Danny Graham, la signature record de l’été (4 millions d'euros, un ancien laveur de vitres), après un début de saison chaotique, joue de mieux en mieux son rôle de pivot, grosses hanches, buteur mais il n’est pas rare de le voir isolé dans la surface, en souffrance de soutien. Ce défaut rejaillit immédiatement sur la perméabilité défensive de l’équipe galloise. Peinant parfois à être au plus près de sa ligne d’attaque, elle laisse une zone d’espace suffisante pour laisser les artistes de Premier League s’exprimer. Contre Manchester City, malgré une possession de balle à son avantage, Swansea a réussi à essuyer une trentaine de tirs adverses pour s’en prendre finalement quatre dans la musette. Et ce, malgré Michael Vorm, la véritable révélation de la saison à Swansea, et peut-être bien en Premier League tout court. Bien souvent sauveur, à l’instar de son homologue batave Tim Krul à Newcastle, l’ancien portier d’Utrecht, signé cet été contre un chèque d’1,7 millions, a déjà réussi à garder neuf fois sa cage inviolée. Seul Man United fait mieux. Dernier rempart de la 5ème meilleure défense du championnat, un paradoxe au regard de la philosophie de départ de l’équipe, il sera l’obstacle le plus difficile à faire chuter pour Arsenal ce dimanche. Si seulement Blackpool avait pu y penser plus tôt…

Par Ronan Boscher
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Aucun commentaire sur cet article.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
Article suivant
Giroud fait taire l'OL
3 0