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  1. // La Paradinha interdite

Sus à la Paradinha!

C'est la grande mode au Brésil : les tireurs de pénaltys ne se contentent pas de ralentir leur course d'élan, ils font aussi des feintes de frappe pour être sûrs de ne laisser aucune chance au gardien. Lassée de tout ce cirque, la Fifa a décidé d'interdire la “paradinha” à partir du 1er juin.

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En portugais, ça veut dire “petite pause”. Mais dans le jargon des gardiens de but, ce serait plutôt “piège à con”. Immortalisée par le roi Pelé dans les années 60, la “paradinha” n'était alors qu'un subtil changement de rythme dans la course d'élan. Aujourd'hui, les attaquants brésiliens sont bien plus vicieux. Ils interrompent brusquement leur course, avant d'enchaîner les feintes de frappe jusqu'à ce que le gardien se décide à plonger. C'est sûr, un péno, c'est encore plus facile à marquer quand le gardien est à terre.

L'un des plus grands spécialistes en la matière est un ancien pensionnaire de Ligue 1. L'ex-Lyonnais Fred, décidément pas à une polémique près, use et abuse des feintes de frappe à chaque fois qu'il se retrouve devant le point de pénalty. Sa spéciale : frapper dans le vent en avançant de manière à ce que son pied dépasse le ballon, puis revenir en arrière pour achever le portier adverse. Neymar, la petite merveille de Santos, fait encore plus fort. Aussi adulé pour la fulgurance de ses dribbles que critiqué pour ses manies de truqueur, il a inventé la “double paradinha”. Sa course d'élan terminée, il shoote le gazon, puis refeinte en passant le pied juste au-dessus de la gonfle... avant de la glisser hors de portée du gardien, qui, presque par lassitude, finit par plonger. Dimanche dernier, contre l'équipe de Ceara, ça n'a marché qu'une fois. Après avoir égalisé à l'aide de sa fameuse “paradinha dupla”, le sale gosse que tout le monde s'arrache a l'occasion de donner l'avantage à son équipe grâce à un nouveau penalty. Mais cette fois, le gardien Diego ne se laisse pas intimider. Il reste de marbre. Du coup, le petit Neymar perd les pédales et tire à côté. Fallait pas abuser.

Halte au cirque !


Même si la “paradinha” a encore du mal à s'exporter au-delà des frontières du Brésil, la Fifa a décidé mettre fin à cette nouvelle mode pour éviter que le mal ne se propage de façon incontrôlable à l'occasion du Mondial en Afsud. Lors d'une réunion de l'International Board il y a une dizaine de jours, le secrétaire-général Jérôme Valcke a mis les points sur les I : « Les feintes au moment de la course sont autorisées, mais le fait de feinter la frappe alors que la course d'élan est terminée est maintenant interdit et constitue désormais une infraction à la loi 14 (NDLR : relative aux coups de pied de réparation) ainsi qu'un acte antisportif » . En gros, si le tireur s'amuse à faire semblant de frapper pour tromper le gardien, il écope d'un carton jaune et le péno doit être retiré. La règle entrera officiellement en vigueur le 1er juin.

Mais comme les Brésiliens ne font décidément rien comme les autres, c'est un Colombien nommé Viafara qui a payé pour toutes les humiliations subies par les gardiens brésiliens. A l'occasion de la demi-finale de la Coupe du Brésil, son équipe, le Vitoria de Bahia, mène déjà 3-0 contre l'Atlético Goianense, quand l'arbitre siffle une faute à l'intérieur de la surface. Viafara se charge du péno et le transforme à l'aide d'une “paradinha” pur jus, qui montre qu'il fait tout pour s'adapter aux coutumes de son pays hôte. Pas de bol, l'arbitre de la rencontre, un certain Héber Roberto Lopes, décide d'appliquer la nouvelle règle dix jours avant la date prévue ! Viafara écope d'un carton jaune. Suspendu, il ne disputera pas la finale de la coupe... contre le Santos de Neymar. Ironie du sort, notre ami colombien n'est autre que le gardien de but de son équipe...

Et ce n'est pas le seul portier à s'être mordu les doigts après s'être risqué à reproduire le geste qui fait cauchemarder tous ses confrères. Même le mythique Rogério Ceni, le gardien aux 91 buts marqués, dont 39 sur pénalty, est passé pour un abruti en foirant une “paradinha” en avril dernier. En tout cas, c'est officiel : s'ils veulent faire les malins en Afrique du Sud, les tireurs de pénos n'auront qu'à se rabattre sur la bonne vieille Panenka.

Louis Génot, à Rio de Janeiro





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