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Sur un air de handball

Face au Portugal, l'Espagne a longtemps buté sur la défense lusitanienne ou, au mieux, sur l'excellent gardien Eduardo. Victoire étriquée certes mais méritée...

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Il y a une règle dans le football qui dit qu'il est beaucoup plus facile de contrer une équipe qui joue au handball qu'une horde de dribbleurs fous. De fait, la défense portugaise a longtemps camouflé les attaquants espagnols. Après dix minutes au galop, toutes en pénétrations-frappes-enchaînées de Villa et Torres, la Roja eu la mauvaise idée de reprendre ce petit trot très « Afsud 2010 » : une passe, deux passes, trois passes, impasse. Pendant que les Rouges font tourner, de gauche à droite, de droite à gauche, deux passes en arrière une passe en avant, les Portugais campent dans la surface. Ne se livrent pas. Attendent le centre. Puis Ricardo Carvalho et Bruno Alvès font le job, et confient la balle à des types qui l'aiment d'amour : Coentrão, Raul Meireles ou Cristiano Ronaldo, jamais avares d'une chevauchée souvent plus érotique (passements de jambes en veux-tu en voilà) qu'héroïque (pas de but au final)...

Classique : la possession aux Espagnols, les actions dangereuses aux Portugais. C'est Coentrão qui déboule plein axe, régale d'une passe derrière le pied d'appui pour Tiago qui dégaine, bing ; Casillas en deux fois. Puis, c'est Meireles qui fait la différence, centre pour Almeida, trop court (38e) ; Coentrão qui copie-colle pour Tiago, cette fois (42e) ; et enfin Almeida qui s'enfonce dans la zone rouge et manque de pousser Puyol à l'auto-goal... Et Cristiano Ronaldo dans tout ça ? Eh bien il est là, les jambes arquées, comme un cow-boy tout juste sorti du saloon, à 30 mètres. Le menton haut, il toise, arme et sacoche (27e). Il a visé le cœur : Casillas repousse des poings. De ce duel, on retiendra deux choses : Ronaldo a décidé de la jouer perso (il avait déjà cogné un coup-franc excentré et à 33 mètres en oubliant ses gars qui traînaient dans la surface à la 17e), et le gardien espagnol est fébrile. On dit que sa douce, présente au Mondial pour le compte de la télévision espagnole (une sorte de David Astorga en plus aimable), se ferait tamponner par les joueurs, ce qui aurait le don de fragiliser Iker...

De son banc, Del Bosque a tout vu. Et il a compris. Le problème s'appelle Torres. Qui aime tant la profondeur, qui va si vite mais qui, là, depuis quinze jours, semble bien incapable de mettre un pied devant l'autre. Le coach espagnol le sort, fait entrer Llorente (59e) qui, immédiatement, met du mouvement dans cette ligne d'attaque -il place une tête qui force Eduardo à la parade. Autre effet positif de ce coup de coaching : Villa est libre. Il a retrouvé de l'espace devant, alors il le bouffe, à pleine bouche : une première frappe à la 60e, en forme d'avertissement, et le but, enfin, trois minutes plus tard. Au départ, un tiki-taka classique, une-deux-trois-quatre, en mouvement cette fois, le coup de génie de Xavi (une talonnade d'ores et déjà élue plus belle passe-dé du mondial), pour Villa qui s'essaie du gauche, avant de la mettre au fond du droit. Cinq minutes plus tard, Sergio Ramos enflamme la surface portugaise, puis Villa claque une nouvelle fonte (76e). Aussi simple que ça.


Célestin Burnin

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