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Sur la route de Dejan

Dans un documentaire publié jeudi sur le site de Liverpool, Dejan Lovren, arrivé au club en juillet 2014, raconte sa vie d’ancien réfugié qui l’a mené de Kraljeva Sutjeska à l’Allemagne, puis à la Croatie en pleine guerre de Bosnie. Back to the 90's.

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Un décor simple et un silence. Aucun mot, juste un bruit lointain. Le vestiaire des joueurs de Liverpool à Anfield a toujours été entouré d’un mythe. Non, personne ne peut entendre les supporters une fois qu’il a pénétré dans cette pièce méticuleusement insonorisée. Le bruit se fait entendre dans le couloir et c’est, selon beaucoup, là qu’il est le plus impressionnant. C’est là où on peut prendre le pouls de ce qu’est vraiment Anfield, là aussi où un adversaire peut commencer à prendre des coups dans sa confiance. C’est peut-être avant tout à cet endroit que la soirée du 14 avril dernier a basculé. Il est un peu plus de vingt-deux heures, le Borussia Dortmund mène 2-0 et imagine déjà les contours d’une future demi-finale de Ligue Europa. Tout va dans ce sens sauf qu’à Anfield, peut-être plus qu’ailleurs, la raison n’existe pas. Jürgen Klopp est alors face à ses joueurs dans ce vestiaire et balance ceci : « N’oubliez pas ce que ce club a connu, n’oubliez pas Istanbul. À cet instant, vous pouvez le ressentir, le toucher et le sentir. Le reste vous appartient. » L’histoire a tourné et on connaît la suite. Quarante-cinq minutes plus tard, Liverpool a retourné Dortmund (5-4) et Dejan Lovren a lâché une glissade devenue mythique sur le but décisif. Comme un repère sur sa vie, son destin, son histoire. Comme pour définitivement être adopté par Anfield. Et rien ne sera plus jamais comme avant.

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« On avait tout pour être heureux »


C’est justement d’avant qu’il est question. Car si Lovren a évolué pendant plus de trois ans en France, qui peut estimer vraiment le connaître ? Personne. Le voile vient d’être levé sur ce passé. Dans la matinée de jeudi, le Liverpool FC a publié en accès libre un documentaire remarquable sur l’histoire d’un joueur devenu pilier du système Klopp. Son nom : Lovren - My Life as a Refugee. Se taire et écouter maintenant. Pour l’international croate (31 sélections), ce moment était le bon : « Quand je vois ce qu’il se passe aujourd’hui, je me rappelle forcément de mon histoire, de ma famille et à quel point certaines personnes ne veulent pas de vous dans leur pays. Je comprends que certains veulent se protéger, mais d’autres n’ont pas de maison. Ce n’est pas de leur faute ; ils ne se battent que pour sauver leur vie et celle de leurs enfants. Ils veulent sécuriser leur avenir et celui de leurs enfants. Je connais cette situation et j’ai envie de dire qu’il faut donner une chance. Vraiment. » La vie de Lovren a commencé à Kraljeva Sutjeska, un village de Bosnie-Herzégovine, à l’été 89. Il parle d’un endroit « calme » , que sa mère lui décriera plus tard comme « merveilleux » pour la vie de famille. Des parents commerçants, des voisins avec qui tout se passe bien. « Pour être honnête, on avait tout pour être heureux. On n’a jamais eu aucun problème que ce soit avec nos voisins musulmans, serbes. Et la guerre est arrivée. (...) Zenica a été attaquée, car la ville était plus importante, mais les choses les plus horribles sont arrivées dans les petits villages. » Nous sommes en avril 1992, la guerre de Bosnie a commencé.

Munich, la Croatie et les patins à glace


Dejan Lovren n’a alors que trois ans et va traverser un conflit qui fera finalement plus de 100 000 morts. Il raconte : « J’aimerais pouvoir expliquer tout ce qu’il s’est passé, mais personne ne connaît exactement la vérité. C’est arrivé, c’est tout. Tout a changé en l’espace d’une nuit, la guerre s’est développée entre les trois cultures. Les gens ont changé. Je me rappelle les sirènes, j’étais effrayé parce que je pensais aux bombes. Ma mère m’a récupéré et on a été au sous-sol. Je ne sais pas combien de temps on y est restés, mais je pense jusqu’à la fin des sirènes... Après, avec ma mère, mon oncle, la femme de mon oncle, on a pris la voiture et on a été jusqu’en Allemagne. On a tout laissé derrière nous – la maison, le commerce. Ils ont pris un sac et direction l’Allemagne. » Munich plus précisément, 17 heures de route, avec l’objectif de rejoindre un grand-père installé là-bas. Derrière lui, Lovren laisse aussi le frère de son oncle « tué avec un couteau devant d’autres personnes » et, à Munich, il fait la connaissance d’un ami qui pleure tous les jours, car « son père est mort à la guerre. Cela aurait pu être le mien. »

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La famille a alors l’autorisation de rester en Allemagne jusqu’à la fin de la guerre. Elle veut rester à Munich, les autorités refusent et, un jour, cette phrase : « Vous avez deux mois pour préparer vos affaires et partir. » Jusqu’ici, la mère de Dejan passait ses matinées à écouter les informations à la radio, suivre la situation au pays et pleurer, surtout. Problème : l’Allemagne est vue comme une « seconde maison » où Dejan Lovren commence à jouer au foot dans un petit club où son père est coach. Mais il faut repartir, ce sera en Croatie. Une nouvelle vie, où la mère travaille chez Walmart, où le père est peintre en bâtiment et où le quotidien est difficile. « Ma mère m’expliquait parfois qu’on ne pouvait pas payer l’électricité. Un jour, mon père a pris mes patins à glace. J’ai demandé à ma mère où ils étaient. Elle m’a expliqué qu’ils avaient été obligés de les vendre, car on n’avait plus d’argent pour vivre. C’est le moment de ma vie où j’ai pensé : "Je ne veux plus jamais entendre ça" » , raconte Lovren. Depuis, l’enfant de Kraljeva Sutjeska a changé de vie, a une fille et un fils, sait que le monde a changé, mais pas totalement, mais qu’il ne veut pas oublier et surtout partager. « Oui, je travaille dur et je vis de ma passion. Mais, par exemple, ma fille doit comprendre qu’elle n’a pas besoin de vingt jouets pour être heureuse et que, parfois, un ou deux suffisent. » Au bout de la route.


L'intégralité du documentaire est disponible sur le site de Liverpool.

Par Maxime Brigand
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