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Supporters : les politiques s'en mêlent

Dans la continuité des Assises du supporterisme organisées au Sénat en février dernier, le député d'Europe Écologie les Verts (EELV), François de Rugy, a rencontré le secrétaire d'État aux sports, Thierry Braillard. Le but : affiner une proposition de loi qui contournerait les réticences de la FFF et de la LFP et imposerait la représentation des supporters au sein de ces instances comme des clubs.

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Cagoules sur la tête, armes factices en mains, écharpes et drapeaux à l'effigie de leur groupe, dans une mise en scène comparable aux communiqués les plus vindicatifs du FLNC ou d'ETA, les supporters de la Brigade Loire, groupe de fans du FC Nantes, se sont déguisés en terroristes pour protester contre les mesures jugées « délirantes » de la préfecture de la Loire concernant leur déplacement à Saint-Étienne, dimanche 12 avril. Ils ont expliqué vouloir « communiquer de façon (tristement) ironique sur le contexte qui entoure les supporters en France » . Un contexte - où prévaut très régulièrement l'absence de concertation - unique en Europe.

« Sans supporters, il n'y a pas de football durable »


Et c'est également de Loire-Atlantique qu'est venue, jeudi, la volonté politique d'associer davantage les supporters à la vie des clubs et à l'organisation des matchs, afin justement d'éviter d'en arriver à ce genre de blocage. François de Rugy, co-président du groupe EELV à l'Assemblée nationale et député de la première circonscription de Loire-Atlantique, avait sollicité une rencontre avec Thierry Braillard à laquelle participait également Florian Le Teuff, président du Conseil national des supporters français (CNSF) : « Nous avions déjà eu des échanges lors des Assises du supporterisme, explique François de Rugy joint par So Foot, entre-temps, nous avons avancé sur la proposition de loi et nous voulions nous assurer qu'elle recueillait toujours le soutien de l'exécutif » . Une proposition de loi qui ferait des supporters des interlocuteurs à part entière des clubs, mais aussi des instances du football.

Contacté par So Foot, le secrétaire d'État aux Sports se montre ouvert, mais prudent : « Nous avons eu un échange de vue avec François de Rugy autour d'un texte qui n'est pas encore abouti. Il s'agit aussi de voir comment structurer les différentes associations de supporters ville par ville pour avoir une coordination de tous les supporters qui créerait les conditions d'un vrai dialogue. » « En toile de fond, tout le monde est d'accord pour dire qu'on ne peut régler aucun problème s'il n'y a pas de dialogue et que sans les supporters, il n'y a pas de football durable » , indique de son côté Florian Le Teuff, pointant la politique de la chaise vide pratiquée avec assiduité par les dirigeants du foot, en dépit des semonces adressées par Thierry Braillard.
En mars, ce dernier déclarait en effet dans Onze Mondial : « Ce refus de dialogue de la part des instances du foot est hallucinant. Les supporters sont une part essentielle du football et on ne peut pas faire comme s'ils n'existaient pas » . Interrogé de nouveau sur ce mutisme, il maintient : « J'ai dit que je n'étais pas d'accord avec cette position, c'est toujours le cas » . Avant d'ajouter : « J'ai cru comprendre que les instances mettaient en avant le manque de représentativité des associations de supporters, mais je suis malgré tout pour le dialogue et pour faciliter leur structuration. D'autant que ce n'est pas parce qu'on dialogue qu'on est forcément d'accord » . « Si les instances assumaient leurs engagements, on ne se serait pas tourné vers le législateur » , regrette Florian Le Teuff, qui ne compte plus le nombre de messages envoyés à la Ligue de football professionnel et restés lettre morte.

« Il s'agit d'une initiative transpartisane »


Il s'agit maintenant pour les parlementaires de « trouver le plus de cosignataires possibles, de droite comme de gauche, pour soutenir ce texte, signale le député de Loire-Atlantique qui entend jouer collectif. C'est pourquoi notre démarche est consensuelle, car l'initiative doit être transpartisane » . Lors des Assises du supporterisme, Ronan Dantec, sénateur EELV, avait annoncé son soutien au texte, mais également Dominique Bailly, sénateur PS du Nord, Marie-George Buffet, député communiste de Seine-Saint-Denis ou encore Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne et président de Debout la France.

Et pour rester sur un terrain consensuel, les parlementaires ne s'aventurent pas sur le côté répressif, pré carré du ministère de l'Intérieur qui dispose déjà d'un important arsenal législatif avec la loi Loppsi II. « Notre proposition de loi n'est pas axée sur le volet sécuritaire, mais sur une articulation du dialogue entre les instances, les clubs et les associations de supporters » . Thierry Braillard abonde : « Le ministre de l'Intérieur doit faire respecter l'ordre public, c'est son rôle et il le fait bien. De notre côté, on doit travailler avec Patrick Kanner sur la prévention et le dialogue » . Dans les faits, la mise en place d'une telle concertation aurait peut-être pu désamorcer les blocages entre la préfecture de la Loire et les supporters nantais, ou encore entre les supporters stéphanois et le PSG lors de la demi-finale de la Coupe de France mercredi 8 avril au Parc des Princes. Obstacles et décisions unilatérales qui ont finalement conduit au boycott du Parc des Princes par les fans des Verts.

Au PSG, tout va bien, rien ne bouge


En ce moment, les initiatives politiques sur ce sujet fleurissent de toute part. En février, le député européen Marc Tarabella, membre du parti socialiste belge, interpellait la commission européenne afin de lui demander si elle soutient la proposition de loi déposée par les parlementaires français. En mars, le Conseil de Paris adoptait le vœu d'un élu communiste visant à mettre en place un plan de prévention et de dialogue avec les supporters des différents clubs parisiens, alors que le PSG poursuit une politique arbitraire d'exclusion à l'égard de certains de ses supporters. Suffisant pour remettre les différents acteurs autour d'une table ? La loi pourrait finir par le dire.


Par Anthony Cerveaux
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