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Supporters, cibles faciles ?

Les deux PSG-OM de cette saison se dérouleront sans supporters « visiteurs » , du moins officiels. Et pour les téméraires qui tenteraient leur chance, la loi permet désormais de ramasser large dans les fourgons, c'est-à-dire toute personne « se prévalant de la qualité de supporter d'une équipe ou se comportant comme tel sur les lieux d'une manifestation sportive et dont la présence est susceptible d'occasionner des troubles graves pour l'ordre public » . Par contre, on peut toujours payer son abonnement à Canal Plus.

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La décision a été prise au ministère de l’Intérieur, en présence des principaux responsables policiers concernés et de Jean-Pierre Hugues, le directeur général de la Ligue de football professionnel (LFP), ainsi que des dirigeants des deux clubs, l'OM et le PSG. Naturellement, ce choix est d'abord justifié par les mauvais souvenirs des Classicos des années précédentes, dont des violents affrontements entre Parisiens et Phocéens suite à l'annulation tardive de la rencontre (la grippe A avait bon dos, n'est-ce pas, madame Bachelot?).

Pourtant, depuis, on ne cesse de vanter le climat désormais apaisé dans les tribunes du Parc et, hormis quelques « débordements » , les rencontres à l'extérieur du PSG se sont plutôt bien déroulées. La radicalité d'une telle mesure symbolise de la sorte une tendance de plus en plus prononcée qui fait passer le « problème des supporters » de la légitime gestion de l'ordre public à la prévention sécuritaire (1). De quoi laisser également entrevoir une nouvelle phase dans la lente disparition d'un type de foot populaire qui s'appuyait en grande partie sur la transhumance des ultras. A quand les passeports intérieurs pour les supporters, comme autrefois pour le livret ouvrier sous Napoléon?

Pas de culture supporter sans déplacement

Car si l'Ultra vit la passion dans l'antre de sa tribune, au sein du monde que contient son stade, le véritable, l'authentique supporter tient plus d'Ulysse dans L'Odyssée que de l'enfermé dans la Caverne de Platon. Un art de vivre du luppen-voyage (2), car l' Ultra est enfant du béton des stades et du bitume des routes. La mobilité définit en effet les rites d'adhésion à l'esprit de groupe, puisqu'elle demande un vrai sacrifice de temps et d'engagement, au détriment du travail et de la famille parfois, voire un risque physique - RIP Brice Taton - ou judiciaire. Les supporters découvrent ainsi la France, ses bars, ses parkings et ses commissariats, ou l'Europe (merci à l'Europa league), qui au passage les découvre également, certes pas forcément pour le meilleur.

Cette activité de loisir, qui fait le bonheur des compagnies de bus (l'avion reste trop cher, pas assez convivial et trop bourgeois, en gros) et le malheur des stations-service s'avère emblématique de ce que les sociologues appellent, avec le sens du mot simple censé cacher des vérités profondes, « une sociabilité inclusive » . Faire les déplacements, c'est se rapprocher du noyau dur, un acte d'allégeance qui va au-delà du chant d'un soir. Les clubs ne s'y sont pas trompés et ont progressivement renforcé l'encadrement de leurs « fans » à l'extérieur; ce qui, parfois, coûte cher en pénalités financières ou de points. Les forces de l'ordre ont, pour leur part, toujours observé avec angoisse ces parcages et autres « envahisseurs » , considérés comme autant de fauteurs de troubles potentiels; et aussi d'occasions de se défouler, cela dit.

Une provocation?

Sans angélisme, le déplacement rime aussi avec violence, et pas seulement pour les hooligans et les indépendants qui le cherchent à dessein. D'ailleurs, au passage, proscrire les cars officiels ne réduira en rien les possibilités d'affrontements ou échauffourées, les franges plus dures ayant depuis longtemps appris à circuler par leurs propres moyens. Et la décision vient peut-être, et surtout, d'accroitre artificiellement la tension en jetant un challenge inutile à la figure des « indeps » et autres amateurs de sensations fortes. Histoire de finir d'un grand coup de balai « pénal » le travail commencé avec la dissolution des associations?

(1) : cf. la loi Loppsi II concernant le foot.

(2) : cf. « Pour une anthropologie de la mobilité » de Marc Augé.


Nicolas Kssis-Martov
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mec pour info "La Caverne" c'est pas une oeuvre de Platon (et pourtant elle est présentée comme telle), c'est une allégorie incluse dans La République (là c'est bien une oeuvre). Et d'ailleurs jvois pas trop la pertinence de citer Platon et Homère, hormis pour étaler sa science à tout prix... enfin bon
Rosé Bonvin Niveau : DHR
Effectivement, la citation n'apporte pas grand chose, en revanche, là où je veux bien que tu m'éclaire Kochalka, c'est si tu considère que Platon n'est pas l'auteur de "La Caverne" (zut on nous aurait menti tout ce temps) ou si tu considère que ce n'est pas une oeuvre (et là j'ai un peu de mal à comprendre). N'étant pas un helleniste convaincu, je veux bien que tu m'éclaires.
Scotch_OMsoccer Niveau : Loisir
peut-être que c'est pas une oeuvre de Platon a proprement parler parce que celui-ci était le disciple de Socrate et que beaucoup de ses écrits sont des reproduction du discours du deuxième, qui lui n'a jamais écrit laissé le moindre écrit (enfin il me semble).

du coup, le mythe de la caverne aurait été énoncé en premier lieu par Socrate et repris par Platon dans la République. A vérifier....

En tout cas, beau tour de force de placer Platon et de la philo dans un article qui a pour illustration les "nobels" du KOB

A quand un article reprenant une citation de Malraux et une photo des "lettrés" du SW87?
si si oui bien sûr je me suis mal exprimé, on doit bien l'allégorie de la caverne à Platon (qui s'exprime par la voix de Socrate ou qui se contente de retranscrire ses propos, ça on ne saurait pas vraiment le dire en fait). je voulais juste souligner que l'allégorie de la caverne ne fait pas l'objet d'une oeuvre à part entière dans le "corpus platonicien". voilà
Rosé Bonvin Niveau : DHR
Pas franchement en accord avec toi sur le terme d'oeuvre. C'est pas parce qu'il s'agit d'une partie d'un tout que "La caverne" n'est pas une oeuvre. Sinon il va falloir considérer par exemple que "Le père Goriot" n'est pas une oeuvre, que seulle l'est "La comédie humaine". Mais bon, c'est pas franchement un débat passionnant.

Sinon, concernant les déplacements de supporters, non seulement une interdiction de déplacement me semble difficile à mettre en oeuvre, mais en plus elle pénalise des "innocents". Comme d'habitude, les politiques se défaussent de leur responsabilité (maintenir la sécurité) au détriment des gens honnêtes. Le débat est certe complexe et il fallait faire quelque chose, mais là la solution me parait un peu simpliste
ben non l'allégorie de la caverne c'est "juste" un passage de la République. La République c'est une oeuvre, de même que le Père Goriot, tandis que La Comédie Humaine c'est une fresque littéraire historique, bref un ensemble d'oeuvres (équivalent des Dialogues de la maturité à laquelle La République se rattache). bon ok j'arrête de chipoter
Et Paris est le "Prométhée" de la L1...non ?
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