1. // Angleterre – Premier League – 30e journée – West Ham/Sunderland

Sunderland, à 160 sur l'autoroute de la relégation

Seulement quatre victoires grattées depuis le début de saison, un entraîneur viré dans la semaine et remplacé par un intérimaire, des joueurs qui font n'importe quoi, des supporters désabusés : c'est peu dire que les Black Cats de Sunderland vont mal ces temps-ci, et c'est un petit miracle qu'ils ne figurent pas encore dans la zone des relégables. Journée après journée, ils s'en rapprochent néanmoins…

Modififié
0 1
Il faut croire que les éditions First, la maison qui publie la fameuse collection de bouquin …Pour les nuls, a fait paraître un inédit La relégation pour les nuls. Et il faut croire aussi que les lecteurs les plus assidus dudit ouvrage se trouvent à Sunderland. Comment imaginer autrement qu'un club tout de même pas mal historique et pas le plus fauché réussisse aussi bien à tout foirer en ce moment ? Ce n'est pas possible de faire preuve d'autant de zèle dans la médiocrité sans posséder une sorte de guide en la matière. Si la Premier League déprime dans son ensemble depuis quelques jours en raison des résultats de ses représentants sur la scène européenne, c'est encore du côté de Sunderland que la dépression semble la plus profonde, avec une inéluctable relégation qui semble se profiler. Et pour être honnête, elle ne serait pas franchement imméritée et permettrait peut-être de retrouver un peu d'allant et le goût de la victoire…

Un inespéré sauvetage dans le money time au printemps dernier


Ça fait huit saisons de suite que les Black Cats sont au casting de la Premier League, cantonnés dans un second rôle sans grand relief, à quasi jouer le rôle de potiche de la deuxième partie de tableau. Son meilleur classement sur la période ? Une dixième place en 2011. La saison dernière, comme d'habitude, le maintien n'avait pas été facile à obtenir, l'équipe terminant tout de même à une flatteuse 14e place après avoir squatté un bon moment la zone rouge, dont quasi toute la première moitié de saison. La faute à un début catastrophique et à un changement contraint d'entraîneur, Gustavo Poyet remplaçant le controversé Paolo Di Canio. Déjà à l'époque, ça semblait aller à la va-comme-je-te-pousse au SAFC, mais le nouveau coach paraissait avoir réussi à redonner un peu de stabilité à l'effectif et à pousser assez les joueurs pour les faire gagner quelques matchs importants, notamment cette série inespérée de quatre victoires de suite dans le money time au printemps dernier (dont deux déplacements sur les terrains de Chelsea et MU). Mais ce n'était qu'un simple soubresaut qui n'a pas eu de suite cette saison. Depuis le début de l'exercice 2014/2015, Sunderland se traîne, cumulant les pauvres nuls, se trouant parfois méchamment (0-8 en octobre contre Southampton, 0-4 le week-end dernier contre Aston Villa…) et glanant de bien trop rares victoires : quatre seulement après 29 journées, le pire bilan de la Premier League, à égalité avec la lanterne rouge Leicester.

Quand Sunderland reprend la deuxième période à 10…


Le paroxysme de la médiocrité semble avoir été atteint samedi dernier, avec donc cette défaite 0-4 concédée à domicile, un score acquis à la mi-temps face à un adversaire, Aston Villa, qui n'avait marqué que 15 buts en championnat les 28 précédentes journées ! De quoi dégoûter les 45 000 spectateurs du Stadium of Light, qui n'étaient plus 45 000 au retour des vestiaires, mais bien moins, nombre de supporters ayant décidé qu'ils avaient mieux à faire de leur après-midi que de continuer à encourager une équipe aussi mauvaise et démobilisée. Un fait de jeu pour symboliser cette démobilisation totale : les Black Cats ont joué à 10 contre 11 en début de seconde période, le milieu de terrain Sebastian Larsson n'arrivant sur la pelouse que plusieurs minutes après ses coéquipiers, soi-disant à cause d'une blessure qu'il était à soigner dans le vestiaire. Reste que le Suédois a plaidé coupable – du moins à titre collectif – cette semaine en disant comprendre la colère des supporters à l'issue de cette déroute qui fait tomber l'équipe à la 17e place, avec 1 point d'avance seulement sur le premier relégable, Burnley.

Les déboires extrasportifs d'Adam Johnson


Il n'est pas encore trop tard et Sunderland a encore son destin en main, mais sa dynamique actuelle est terrible : 6 matchs sans victoire en Premier League, une seule victoire lors des 12 derniers matchs, avec en prime une humiliante défaite en FA Cup contre Bradford, une D3. Avec Brown, O'Shea et Réveillère, la défense paraît trop âgée. Dans le secteur offensif, c'est triste aussi avec deux meilleurs buteurs, Johnson et Fletcher, qui cumulent seulement 8 buts à eux deux… Le joker Jermain Defoe est arrivé cet hiver et a apporté un certain dynamisme au début, mais il n'a plus marqué depuis cinq matchs… L'entraîneur Gustavo Poyet a fini par faire les frais de cette situation critique et a été remplacé par ce bon vieux Dick Advocaat. Le Hollandais, au chômage depuis la fin de sa courte mission de sélectionneur de la Serbie l'an dernier, n'a signé que jusqu'à la fin de saison. Du court terme donc pour un club en panique, qui a même fait la une des journaux à scandale dernièrement avec l'arrestation d'un de ses cadres, l'international Adam Johnson, accusé d'avoir eu des relations sexuelles avec une mineure de 15 ans… Suspendu par son club depuis que l'affaire a éclaté début mars, il a été libéré sous caution et a réintégré le groupe pour les échéances à venir. La mission maintien commence aujourd'hui avec ce déplacement sur la pelouse de West Ham, autre équipe en galère (7 matchs sans victoire, 3 défaites de suite). Un tel match entre deux formations aussi mal fichues, ça ne risque pas de faire une belle pub pour la Premier League…

Par Régis Delanoë
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Sans compter que niveau jeu, c'est vraiment pas folichon Sunderland !
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
0 1