Stijnen piégé par la toile

Oubliez les reproches sur Facebook, les jérémiades sur twitter, Stijn Stijnen a tué la concurrence du footballeur internaute. En effet, le gardien brugeois aurait descendu ses rivaux à longueurs de forums. Une histoire belge qui ferait passer la taupe du PSG pour du pinaillage.

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« Il faut réagir en tant que sportif professionnel qui se fond dans le collectif. Parfois cela peut être favorable, parfois pas. De plus, Coosemans a été irréprochable à chaque fois » . En public, Stijn Stijnen maniait la langue de bois en parfait diplomate et tâchait de faire bonne figure sur le banc du Club de Bruges. Pourtant, le portier avait toutes les raisons de tirer une tronche de quatre mètres de long car après dix ans de vareuse maison, il avait été déclassé dans la hiérarchie. Devenu un vulgaire numéro 2. Du jour au lendemain, il devait s'habituer aux chasubles et aux couvertures qui grattent les soirs d'hiver depuis qu'un gamin de 18 berges, Colin Coosemans, avait converti son intérim en CDD dans les bois. Stijnen s'accommode mal de la situation. Alors, il aurait évacué sa frustration sur des forums internet consacrés aux Blauw en Zwart. Derrière son clavier, il aurait dézingué pêle-mêle concurrence, coéquipiers et direction tout en assurant sa propagande : « À la question : Suis-je amoureux de Stijnen ? Oui je le suis d'un tel monument du club » .

« Arrête les frais chasseur de papillon »

Fantasque, Stijnen n'en serait pas à son premier coup d'éclat. Sur le terrain pour commencer. En septembre 2005, le gardien éclabousse de sa classe les canaux brugeois lorsqu'il retarde l'inéluctable face à la Juventus. Malgré deux Jupilers descendues cul-sec et des sélections en pagaille, le reste de sa carrière tient davantage du fait divers. D'abord il prodigue des conseils pleins de finesse à la veille d'un match contre le Portugal : « Après deux minutes, on doit s'en être pris d'une telle façon à Ronaldo qu'il doive quitter le terrain sur une civière » . L'UEFA le condamnera à une amende. Viendront s'ajouter une altercation avec le président de La Gantoise ainsi que huit condamnations pour excès de vitesse. Par contre, sa carrière connaît un sérieux coup d'arrêt côté ballon. D'où l'amertume. Affublé des pseudos foireux de Frigo et Piop, Stijnen serait parti inonder les forums brugeois le couteau entre les dents. Le Don Quichotte 2.0 aurait commencé par se dresser des lauriers : « Stijn, pardonne-leur : ils sont trop bêtes. Les vrais supporters connaissent ta valeur et ton amour pour le club » . Face à l'absence de résultats, la méthode change. Le Flamand se serait enflammé, cramant son ADSL au point de devenir corbeau à temps plein. Des posts suintant le fiel attaquent les gardiens brugeois. Geert de Vlieger ? « Arrête les frais. Chasseur de papillons » ou bien « Il n'a pas le niveau pour Bruges. Je ne l'ai jamais vu sauver des points » . Et Colin Coosemans ? « Il est apparu très incertain. Il n'était pas blanc sur les buts encaissés » . Bref, un méchant coup de cutter porté à la légende selon laquelle les gardiens sont solidaires entre eux...

« J'ai agi en tant que frère, ami et supporter de Stijn »

La bile, Stijnen en aurait également déversé quelques litrons sur les joueurs de champs. Les défenseurs en prennent plein la tête, à commencer par Carl Hoefkens auteur « d'une saison dramatique » tandis que Ryan Donk se voit traiter de « stupide Batave » . La direction n'échappe pas à la punchline en ligne : « Henk Mariman et Sven Vermant n'ont absolument aucune personnalité. C'est Dupont et Dupond. Et dire que ces poids légers doivent diriger sportivement notre club » . Dernièrement, il aurait tenté de fomenter une fronde dans les tribunes du Jan Breydelstadion, en incitant les supporters à s'afficher avec des banderoles contre dirigeants et rivaux. Outre-Quiévrain, l'affaire éclate lorsque le Club de Bruges annonce que Stijnen évoluera désormais avec la réserve. Motif ? « Un comportement non professionnel à répétition, des entorses graves au règlement contractuel et des atteintes à l'intérêt et à l'image du club » . La chaîne Sporza s'engouffre dans la brèche et lâche l'info. Trahi par une adresse IP et des boîtes mails, l'anonymat tombe. Stijnen est confondu. Seulement, sa compagne et son frère volent à son secours. Ils se désignent comme les véritables diffamateurs, dédouanent Stijnen tout en plaidant la liberté d'expression : « Nous sommes les seuls responsables. Stijn ne s'occupe pas de ce genre de choses. J'ai agi en tant que frère, ami et supporter de Stijn qui n'a rien à voir là-dedans » , lance le frangin. Pourtant, au vu des preuves accumulées, Stijn Stijnen est remercié. Et le 21 février, le site officiel du club se fend d'un communiqué qui se termine ainsi : « Les deux parties tiennent à saluer leur collaboration au cours de ces dernières années et ne feront plus de commentaires » . Pas de commentaires. Même sur internet. N'est-ce pas Stijn ?!

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