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Steven Ribéry : « Je suis le chouchou de ma daronne »

Après trois ans au Bayern et un retour à Boulogne-sur-Mer, Steven Ribéry, 21 ans, ailier gaucher du Gazélec Ajaccio, veut désormais prouver. Prouver qu’il n’est pas qu’un pistonné, prouver qu’il n’est pas que le petit frère de Franck, prouver à sa famille et à son père qu’il pourra prendre la relève.

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Es-tu content de ton début de saison avec le Gazélec ?
C'est partagé. C'est ma première saison en Ligue 2, et l'année dernière a été assez noire, alors je suis plutôt satisfait. J’ai fait sept matchs, je suis toujours entré en championnat et j’ai disputé une rencontre en tant que titulaire. D’un autre côté, je suis insatisfait, mais c’est mon caractère. J’ai toujours envie de jouer. Je suis forcément un peu énervé, mais je me rappelle d’où je viens. Ce n’est pas comme si l’année dernière, j’avais été désigné meilleur joueur de National. Si ça avait été le cas, j’aurais pu te dire que je ne suis pas satisfait du tout. Je sors d’une saison compliquée où je n’ai joué que quinze minutes. J’ai pour objectif des bouts de match jusqu’au mois de décembre. Après Noël, j’aimerais gagner ma place de titulaire.

L’année dernière, tu étais à Boulogne, chez toi. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?
En Allemagne, j’étais considéré comme un joueur professionnel. Je me suis retrouvé à Boulogne, qui n’a pas un gros budget, et puis il y a eu quelques problèmes de papiers, une histoire de contrat fédéral. À un moment, je n’avais même plus envie. J'ai tout essayé. Je suis allé voir le président pour lui dire que je préférais être en réserve. J'ai joué avec une équipe de District, dans des champs. Je préférais être là, ne pas me prendre la tête et réfléchir à comment j'allais rebondir.

Pourquoi avoir choisi le Gazélec ?
Quand tu sors d’une année noire, c’est difficile de trouver un club, même si tu as un nom de famille. D’ailleurs, ce n’est pas ce nom qui m’a permis d’arriver là.
« Depuis que je suis né, je ne manque de rien. Mais le monde du travail, c’est autre chose. Tu as beau ne manquer de rien, porter le nom que tu veux, ce n’est pas pour ça que tu vas jouer. »
Je ne savais pas où me diriger, mais je n’avais pas envie que mon frère m’aide. J’ai contacté un mec de Boulogne qui connaissait le monde du football, une sorte de recruteur. Il m’a dit : « Je connais bien Albert (Cartier, ndlr), le coach du Gaz, je peux lui parler de toi. » J’ai sauté sur l’occasion. C’est la Ligue 2, un nouveau monde. Je suis donc arrivé à Ajaccio et tout s’est bien passé. De toute façon, mon choix n’a pas été compliqué. C’était soit le Gazélec, soit Marseille Consolat. Mais entre la Ligue 2 et le National, n’importe quel joueur aurait fait le même choix que moi. Aujourd’hui, je joue sans pression. Je suis un garçon de caractère, je travaille, je sais ce que je fais et d’où je viens. Depuis que je suis né, je ne manque de rien. Mais le monde du travail, c’est autre chose. Tu as beau ne manquer de rien, porter le nom que tu veux, ce n’est pas pour ça que tu vas jouer.


Tu as donc du caractère.
J’ai à peu près le même que mon grand frère Franck. J’aime mettre l’ambiance. Dans le vestiaire, j’essaie de faire rire tout le monde. Je suis joyeux, je n’arrive jamais de mauvaise humeur. Mon principal défaut : je suis impulsif, je m’énerve assez vite. Ma plus grande qualité : je suis un comédien. J’aime rire, taquiner tout le monde, les jeunes, les vieux. J’aime rendre service, être là pour les autres. Mais il ne faut pas me faire chier.

Ça évite de se faire bouffer.
On l’apprend au centre de formation. Si tu n’as pas de caractère, tu peux être sûr que tu ne vas jamais réussir. J’ai vu beaucoup de jeunes talentueux à Lens qui n’en avaient pas et qui se faisaient bouffer par les grands de l’équipe. Et puis arrive un moment où tu craques, tes parents te manquent et tu es obligé de partir parce que ça ne va plus et que tu es malheureux. Le caractère, c’est la base.

Tu en avais parlé avec ton frère ?
Oui. En première année, c’était dur. J’ai souffert au centre de formation de Lens. J’étais loin de ma mère. C’était dur sans elle. J’avais souvent mon frère au téléphone. Il me disait : « Le jour où tu as une histoire avec un grand, ne baisse pas la tête, fonce-lui dedans, il se passera ce qu’il se passera. On est derrière toi. »

Durant tes périodes de doute, pourquoi n’avoir pas tout abandonné ?
J’ai eu deux périodes compliquées et je n’ai que 21 ans. La première, c’était l’année où j'ai quitté le centre de formation. Je suis retourné chez mes parents. J’ai donc repris avec Boulogne. J’étais bien, je jouais, mais j’ai eu une pubalgie.
« Et puis un jour, Franck m’a appelé : "Viens à Munich, je vais te faire travailler, tu vas signer ici." J’ai perdu quatorze kilos en deux semaines. »
Je me suis fait opérer et suis resté un an hors des terrains. En un an, il se passe beaucoup de choses. Tu commences à te poser des questions, tu sais que ce sont des années importantes. Tu as 17 ans, il ne faut pas se louper. Mais la vraie question que je me suis posée était « est-ce que j’ai vraiment fait tous les efforts ? » La réponse est non. C’était une période où je ne faisais plus attention. Mentalement, j’avais craqué, pris du poids, j’étais hors norme. Mais quand je voyais mon daron... ça me mettait en rogne. Pendant quatre ans, il a quand même fait le trajet Boulogne-Lens. Il venait me voir tous les week-ends lors des matchs. C’est un mec qui assume, il ne mâche pas ses mots. Il m’a regardé dans les yeux : « Je me suis cassé le cul pour rien. Tu ne fais plus rien. Tu t’en fous !  » Je m’en voulais et puis un jour, Franck m’a appelé : « Viens à Munich, je vais te faire travailler, tu vas signer ici. » J’ai perdu quatorze kilos en deux semaines.

Quand même.
Mon deuxième coup dur, c’était la saison dernière à Boulogne. Tout le monde était en détresse. Mais mon daron m’a donné la force, et puis ça va faire deux ans que j’ai une femme. Il y a aussi mes grands frères qui sont là. Le deuxième, François (31 ans, ancien joueur de National à Calais et Bayonne, ndlr), est toujours derrière moi. C’est pour eux que j’ai envie de réussir, c’est tout.

Pas pour toi ?
Bien sûr que si ! Quand tu es footballeur, tu dois penser à beaucoup de choses : à ton futur, à la famille que tu veux construire... Mais la personne pour qui je dois réussir, c’est mon père. Il a fait trop d’efforts. Il croit en moi. Et puis quand je vois comme il est avec mon grand frère...

Il est comment ?
Quand Franck joue, personne ne parle, ne fait de bruit, personne ne doit le déranger. Il est à fond dedans. Mon frère est bientôt en fin de carrière. Je ne veux pas que mon père continue à regarder le football sans voir un de ses fils jouer, surtout qu’il se dit que j’ai les capacités pour. Si après décembre, je deviens titulaire indiscutable, je sais qu’il sera fier de moi. Quand je rentrerai pour les vacances, il dira : «  J’ai un fils qui joue en Ligue 2 !  » Ce que j’aime chez lui, c’est qu’il ne me compare pas du tout à Franck. Peut-être que je ne jouerai jamais la Ligue des champions, que je ne serai jamais en équipe de France, mais il m’a toujours dit : « Suis ton parcours, même si les gens vous comparent, tu n’es pas lui et il n’est pas toi.  » Franck a fait beaucoup pour moi. Il m’a relancé. Réussir, ce serait remercier tous ceux qui ont été là pour moi. Si dans deux ans, je ne joue plus au foot, que je travaille dans un restaurant, ils vont se dire : « Regarde où il en est après ce qu’on a fait pour lui...  »

Que te manque-t-il pour franchir ce palier ?
De la régularité. Pendant trois ans à Munich, je suis allé au bout de moi-même. Ce furent mes meilleures années. J’ai explosé, mis des buts de ouf. Je me suis entraîné avec les pros, me suis retrouvé dans la liste pour la Ligue des champions. L’année dernière m’a coupé. J'aurais pu tout exploser...

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Comment acquérir cette régularité ?
En travaillant, sans rien lâcher. Je suis attendu parce que j’ai un nom de famille. Automatiquement, les gens disent : « Ouais, c’est le frère de... » J’en fais abstraction. Je m’en fous. Ça fait des années qu’on me rabâche cette phrase. Quand je joue, j’ai juste envie de fermer des bouches. Les gens parlent beaucoup, mais ne savent pas ce qu’on vit, que le football c’est dur, que tu ne réussis pas en claquant des doigts.

On sait comment Franck a grandi. Mais toi ?
« Mes grands frères me disent toujours que j'ai grandi avec une cuillère en or dans la bouche. »
Mes grands frères me disent toujours que je n'ai pas eu la même vie qu'eux, que j'ai grandi avec une cuillère en or dans la bouche. J’ai bien vécu, j’ai des parents en or. Petit, j’étais chiant, j’aimais bien faire des bêtises, dans le bon sens du terme. Mais c’est vrai que comparé à ma sœur et mes deux grands frères, je n’ai pas du tout eu la même enfance.

Pourquoi ?
Je précise que mon père ne lâche rien, c’est un travailleur. Ce n’est pas parce que mon frère est au plus haut niveau, qu’il gagne je ne sais pas combien, qu’il s’est dit : « Je vais arrêter de travailler. »

Tu étais quand même le chouchou.
Oui, et je le suis encore aujourd’hui. Enfin celui de ma daronne. Tu sais, quand je suis revenu à Boulogne, elle était heureuse. D’ailleurs, si je dois un jour arrêter le football pour elle, je le ferai. C’est ma daronne, elle est tout pour moi, c’est ma vie ! Mon daron, son chouchou, c’est Franck. Même s’il dit que non lorsqu'on lui fait remarquer. En fait, ça se joue entre ma sœur et lui. Mes parents ont chacun leurs deux préférés.

Avec lequel de tes frères es-tu le plus proche ?
Si j'ai un vrai problème, je peux parler aux deux. Quand j’étais à Munich, j’étais proche de Franck et lorsque je suis rentré à Boulogne, j'étais plus proche de François parce que je le voyais davantage. Mais j’arrive plus à mener des discussions avec lui qu’avec Franck. Il aime rigoler. Je ne peux pas parler de ma femme avec Franck, car il se moque de moi. Il dit que je suis un canard.

Dans l’école, dans le quartier, c’était cool d’être le frère de Franck ?

Pour te dire la vérité, je me la racontais. (Rires.) Mais je suis un gentil garçon hein, je suis juste arrogant, depuis tout petit. J’avais une bande de copains, on se croyait supérieurs aux autres.

Pourquoi ?
J’étais le frère de Franck. Pourquoi aurais-je été arrogant, sinon ? Mon daron n’était pas milliardaire, alors je n’avais pas de quoi me la raconter.

Comment as-tu vécu les critiques et périodes difficiles qu’a traversées Franck ?
Ce qui touche mon grand frère touche le reste de la famille. Mais on n’en a pas parlé. Je sais qu’il a de l’expérience. Il sait ce qu’il a à faire. C’est plus moi qui vais suivre ses conseils que l’inverse.

Pourquoi ne pas lui en avoir parlé ?
Un jour, j’ai lu quelque chose sur lui à Munich et je lui ai dit : « Tu as vu ce qu’ils ont dit sur toi ? » Il m’a répondu : « Je ne les lis pas ces conneries. D’ailleurs, quand on dira des choses sur toi, ne les lis pas, que ce soit positif ou négatif. D’une semaine à l’autre, tu peux passer de génie à infréquentable. » Il sait dans quel monde il vit et qu’il n’a pas le droit à l’erreur.

Je te cite : « Mon frère m’a aidé, oui, mais j’ai quand même prouvé que j’avais le niveau pour évoluer avec la réserve du Bayern. »
Si tu écoutes les gens, ce n’est que du piston. C’est une rumeur qui a tourné et ça m’a énervé. Certes, ce n’est pas Munich qui est venu me chercher. Mais les entraîneurs ne sont pas cons ! Si tu es nul, ils ne te font pas jouer.
« Si mon père travaille dans une boulangerie et que j’ai envie d’y bosser, il va me permettre d’y entrer. Mais là, les gens ne vont pas en parler. »
J’ai juste un mot à dire : ceux qui disent que ce n’est que du piston, allez voir ma fiche au Bayern. J’ai joué tous les matchs titulaire (avec la réserve, qui évolue en Regionalliga, la D4 allemande, ndlr). J’ai marqué et fait des passes décisives. Le but qui est passé à Téléfoot, je ne l’ai pas inventé ! Oui, mon frère m’a aidé. Il m’a aidé à revenir en forme, à relever la tête, mais pendant trois ans et demi au Bayern, j’ai prouvé. Bien sûr que le piston existe, mais pas que dans le football. Si mon père travaille dans une boulangerie et que j’ai envie d’y bosser, il va me permettre d’y entrer. Mais là, les gens ne vont pas en parler.

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Dans quel état d’esprit étais-tu avant de rejoindre Munich ? Tu n’avais pas peur de ne pas être au niveau ?
J’étais content, mais je ne voulais pas décevoir mon grand frère.
« Quand je suis allé au centre de formation de Lens à 12 ans, mon frère n’était personne. Il jouait à Brest, en National. »
Je sais de quoi je suis capable, mais si demain je me rends compte que je n’ai pas les qualités pour jouer au football, j’arrêterai. Je n’ai qu’un objectif, c’est d’être professionnel, que ce soit en Ligue 2 ou en Ligue 1, pour rendre fière ma famille. Mais les gens oublient vite ! Quand je suis allé au centre de formation de Lens à 12 ans, mon frère n’était personne. Il jouait à Brest, en National. Là, on n’entendait pas les gens parler. Je ne le dois qu’à moi-même. C’est Lens qui est venu me chercher.

Pourquoi le Bayern ne t’a pas conservé ?
Ce n'est pas comme ça que ça s'est passé. Ils voulaient me faire signer un contrat pro et me prêter en Ligue 2, mais ça faisait quatre, cinq mois que j’en parlais avec mon frère. Je voulais partir de Munich, quitte à aller dans un autre club allemand. Je voulais être autonome, lui prouver que j’en étais capable. En dehors des entraînements, j’étais toujours chez lui. Mais pour être honnête, Boulogne était mon dernier choix. Je savais comment les choses allaient se passer dans la vie de tous les jours. Tu vis chez tes parents, ils te font à manger, tu traînes avec tes potes...

N’aurais-tu pas dû signer ce contrat à Munich ?
L’année dernière, je me posais des questions, mais plus cette année. Aujourd’hui, je me dis que Dieu m’a aidé. Je suis musulman, très croyant, je prie. Il m’a mis sur le bon chemin et ça m’aide aujourd’hui à ne pas regretter.

Malgré tout, Franck ne t’a-t-il pas surprotégé ?
Non. Quand je suis arrivé à Ajaccio, je l’ai appelé et il m’a dit : « Cette année va être déterminante pour toi, dans tous les domaines. Ce que tu vas vivre en Ligue 2, c’est ce que j’ai vécu à Brest. Maintenant, tu es autonome, tu as 21 ans, à toi de te débrouiller. »

Propos recueillis par Flavien Bories
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