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Stéphane Moulin : « On n'a pas une équipe pour faire le jeu »

Une nouvelle fois poussive dans le jeu face à l'Albanie (2-0), l'équipe de France a désormais assuré son billet pour les huitièmes de finale de son championnat d'Europe avec quelques premières certitudes et le retour en indiscutables de Griezmann et Paul Pogba. Stéphane Moulin, entraîneur d'Angers et consultant des Bleus pendant l'Euro, revient sur cette deuxième sortie française.

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Après un premier match compliqué contre la Roumanie, Didier Deschamps avait décidé de modifier son approche et d'aligner un 4-2-3-1 au coup d'envoi contre l'Albanie. Était-ce une bonne option selon vous ?
Non, mais ce n'était pas la bonne solution parce que je pense que ce n'était pas la volonté réelle de Deschamps. Mais bon, tout le monde a tellement poussé pour que Payet soit en numéro dix et pour qu'on ait deux joueurs rapides sur les côtés, qu'il l'a fait, sachant qu'il n'y avait pas beaucoup de risques face à cet adversaire. La vérité, c'est que ça nous a donné un jeu trop figé, trop statique, avec des joueurs sur les côtés qui cherchent simplement à faire des différences individuelles, des milieux défensifs Kanté-Matuidi, incapables de se projeter vers l'avant, et des latéraux qui ne participent pas au jeu, car ils sont bloqués par les joueurs de côté. Au final, ça nous a donné une première mi-temps apathique et insipide. C'est donc une confirmation que, compte tenu des joueurs dont dispose Didier Deschamps, son système de jeu, il l'avait bien trouvé et il avait son équipe en tête depuis longtemps. L'équipe qui fonctionne le mieux est celle alignée en seconde période.


Est-ce que selon vous, dans une compétition comme un championnat d'Europe, il faut proscrire les changements de schéma tactique d'un match sur l'autre ?
Il peut le faire en cours de match. Sur une fin de match, par exemple, où il faut perturber les défenseurs adverses, mais on a bien vu que ce n'était pas dans l'ADN de cette équipe de jouer dans ce 4-2-3-1. C'est un système qui demande beaucoup de combinaisons sur les côtés, du jeu, et c'est ce qu'on a du mal à faire. C'est aussi une mise en place qui empêche nos deux milieux axiaux de participer au jeu, parce qu'on a bien vu qu'ils étaient simplement là pour récupérer et faire jouer, alors qu'en deuxième mi-temps, Pogba et Matuidi se sont énormément projetés dans les seize mètres. Je crois que cette équipe a besoin de ça, car on n'a pas une équipe pour faire le jeu. Si on pense qu'on a une équipe qui peut faire le jeu face à une équipe supposée plus faible, on n'y arrive pas, parce que ce n'est pas dans l'ADN des joueurs. Ils sont faits pour se projeter vers l'avant, à l'image du deuxième but marqué ce soir : une récupération, jeu vite vers l'avant, on accompagne et après c'est la qualité individuelle des joueurs qui fait la différence. Ce sont des phases d'attaques rapides, on est bien plus performant dans ce domaine là. C'est ce 4-3-3 qui apporte ces possibilités car on a des attaquants sur les côtés, Griezmann et Payet, qui n'en sont pas forcément, donc leur liberté est plus importante.

L'autre point d'inquiétude, après le premier match contre la Roumanie, c'était la relance. Que peut-on en retirer après ce match contre l'Albanie ?
C'était difficile, car on savait qu'on était attendus et qu'il fallait relancer plus vite et plus juste. Ça n'a pas été le cas, mais les solutions étaient peu évidentes. À partir du moment où chacun reste dans sa zone, personne ne pose de problèmes à son adversaire direct, donc c'est le manque de mouvements qui a aussi fait, qu'à un moment donné, les relances n'étaient pas tranchantes. Il n'y avait pas les solutions donc, quand c'est comme ça, on cherche, on fait tourner dans sa moitié et on ne fait pas avancer le jeu. Quand on joue de cette manière, on ne peut pas bouger une belle organisation. Et surtout : on ne met pas l'adversaire en difficulté. Il y a eu quatre tirs en première mi-temps. C'est d'une faiblesse incroyable, compte tenu du potentiel offensif de cette équipe.

« Les buts arrivent tardivement, mais honnêtement, les Albanais ne savaient plus où donner de la tête. Ce n'est que justice cette victoire et c'est ce qui est intéressant : certains diront que c'est de la chance, moi je dirais que c'est de la persévérance. » Stéphane Moulin

Le constat statistique est assez terrible : 15 tirs, deux cadrés, deux buts.
Moi, je considère que quand on est capable de tirer autant en deuxième mi-temps, on a plus de chances de marquer. Et même si on en a cadré que deux, ce qui n'est pas normal, vu le niveau des joueurs, on a eu des occasions. C'est un autre problème. La première des choses, c'est qu'il faut frapper au but. La seconde, c'est qu'il faut être beaucoup plus juste, parce qu'à ce niveau-là de compétition, c'est insuffisant.



Finalement, ce mercredi soir encore, on s'en sort avec deux buts dans les arrêts de jeu. Quels points positifs faut-il garder de cette deuxième rencontre de poule ?
Sincèrement, c'est logique. Oui, les buts arrivent tardivement, mais honnêtement, les Albanais ne savaient plus où donner de la tête. Ce n'est que justice cette victoire et c'est ce qui est intéressant : certains diront que c'est de la chance, moi je dirais que c'est de la persévérance. Cette équipe ne lâche pas, ils vont jusqu'au bout et à un moment donné, ce n'est pas de la chance, c'est croire en soi jusqu'au bout, y compris quand ça ne tourne pas rond. C'est encore ce qu'il s'est passé ce mercredi soir. Aujourd'hui, on a enlevé Pogba et Griezmann de l'équipe, parce qu'ils ont raté leur premier match, mais ce sont des joueurs essentiels à l'équipe de France. On a besoin d'eux et ils l'ont prouvé dès qu'ils sont rentrés. Il y a eu une telle campagne contre eux... Je pense que Deschamps sait très bien quelle est sa meilleure équipe, dans quelle organisation et il y est revenu en deuxième mi-temps. Je pense qu'à un moment donné, il y a un homme qui décide de comment doit fonctionner l'équipe de France, c'est Didier Deschamps. Il connaît mieux ce groupe que personne, il fait toujours les bons choix.

On est maintenant qualifié pour les huitièmes de finale. Il reste un match contre la Suisse pour la première place. Comment aborder cette dernière rencontre ?
Je ne sais pas quelles vont être ses options. Après, je sais qu'il va vouloir gagner. Je pense qu'il va continuer de faire jouer la défense ensemble pour qu'elle continue de travailler, parce que, même si l'adversaire était assez faible, je trouve que la charnière est en nette progression. On commence à voir des choses plus rassurantes. Est-ce qu'il va faire souffler des joueurs ? Moi, je continuerais de peaufiner tout en continuant de bosser avec ce milieu à trois, où Kanté a encore été très bon. Je pense aussi qu'offensivement, je protégerai Payet parce qu'il ne faut pas le perdre.

Par Maxime Brigand
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