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Stéphane Chapuisat : « Aux États-Unis, tous les matchs du Mondial n'étaient même pas diffusés à la télévision »

Stéphane Chapuisat, c'est 103 sélections avec la Nati, deux Euros, mais une seule Coupe du monde. C'était en 1994, aux États-Unis. Un Mondial américain en plein été, ça sentait forcément un peu le traquenard. Entre deux souvenirs d'insolations, « Chappi » nous raconte son épopée au pays de l'Oncle Sam.

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Vous vous souvenez de votre arrivée aux États-Unis ? C'était quoi l'ambiance là-bas ?
On se réjouissait évidemment d'aller au Mondial, mais c'était un peu difficile. C'était bien parce qu'il y avait beaucoup de Suisses qui étaient sur place, mais c'est vrai que dans le pays ce n'était pas… En fait, ce n'est pas un pays de foot, donc c'était quand même un peu spécial au niveau de la ferveur. Mais bon, là-bas, ça doit être genre le cinq ou sixième sport national. Par exemple, tous les matchs du Mondial n'étaient même pas diffusés à la télévision. Les chaînes américaines ne retransmettaient pas tous les matchs, c'est fou quand même ! Il y avait déjà des chaînes privées, et nous qui étions à l'hôtel, on n'a pas pu voir tous les matchs. C'est symptomatique de l'ambiance qu'il y avait sur place.

Quel souvenir vous gardez de ce match inaugural contre les États-Unis ?
Pour nous, c'était un match très important. C'était magnifique de pouvoir prendre part à un tel événement et puis il y avait tout l'enjeu et la nervosité propres à l'aspect sportif. C'était un adversaire contre qui on n'avait pas le droit de perdre. On se devait de faire un résultat. Mais au-delà de ça, ça a été un super moment. En fait, nous, on était super concentrés sur notre match, mais ce qui était étrange, c'est que les jours passaient, mais qu'on ne remarquait pas un réel engouement de la part du public américain. À l'inverse, ce qui était fantastique, c'était de voir le nombre de Suisses qui avaient fait le déplacement. Nous aussi, on a fait pas mal de déplacements d'ailleurs. Pour le troisième match, on a fait jusqu'à 5h de vol pour rejoindre Toronto.

Les longs déplacements, la chaleur, les matchs très tôt dans la journée, ça fait beaucoup de bouleversements dans un même Mondial, non ?
Oui, ce qui était vraiment difficile pour nous les joueurs, c'est qu'on jouait à des heures vraiment étonnantes. Le match d'ouverture, on l'a joué à midi. Ça chamboule toute la préparation. En plus, à cause de la cérémonie d'ouverture, on avait dû être là bien avant. On est partis à 9h du matin avec le bus de l'hôtel, on a mangé à 7h30 le petit-déjeuner. Ce qui faisait que c'était notre premier et presque dernier repas de la journée à cause des distances. C'est quelque chose qu'on n'a plus jamais refait par la suite. Ça n'arrive qu'une fois dans une carrière un truc pareil. Et puis il y avait la chaleur en effet. À Détroit (au Silverdome de Pontiac exactement où la Suisse a joué ses deux premiers matchs de poule, ndlr), on a joué dans un stade couvert. Alors oui, il faisait chaud et humide, mais le pire pour moi et pour une bonne partie de l'équipe, c'est quand on est allé à San Francisco (à Stanford où la Suisse s'est inclinée 2-0 contre la Colombie, ndlr). Là, tu joues dehors et le soleil te tape très vite sur la tête.

Au final, cette victoire contre la Roumanie d'Hagi, Popescu, Petrescu (4-1), ça reste le plus bel exploit du football suisse, non ?
Sûrement un des plus beaux. On avait fait un super match et surtout, on accrochait du même coup notre billet pour les huitièmes de finale. Heureusement que ce match, on a pu le jouer à Détroit. C'est sûrement un des meilleurs matchs de l'équipe suisse en phase finale de Coupe du monde. Je n'ai plus de souvenirs matériels de ce match à part un des maillots que j'avais portés, mais j'ai surtout encore beaucoup de souvenirs dans la tête. Du fait qu'il faisait très humide, très chaud, on n'avait même plus la force de faire tellement la fête. Et puis on avait cinq heures de vol jusque San Francisco le lendemain. On a bien bu une ou deux bières, mais on a surtout bien mangé. On était cuits, vraiment. La chaleur, ça use.

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Et comment était-il, Roy Hodgson, à 47 ans ?
Comme il est aujourd'hui, je crois. C'est un très bon tacticien qui sait très bien préparer ses matchs. C'était ça, notre force. On jouait toujours avec le même système, mais on était bien organisés. C'est aussi quelqu'un qui fait confiance à son groupe, qui demande beaucoup sur le terrain, mais qui en dehors laisse les joueurs assez tranquilles. Il y a bien sûr des règles à respecter, mais on avait quand même une grande autonomie. On s'entraînait une fois le matin, mais après on avait l'après-midi de libre. Le soir, on devait être vers 11h-minuit en chambre, mais il n'y avait pas de contrat. Il avait une totale confiance en l'équipe. On pouvait discuter de tout avec lui, on regardait les autres matchs ensemble et si on avait un problème on pouvait discuter avec. C'était vraiment un entraîneur ouvert.

Après deux matchs, vous êtes déjà certains d'être qualifiés, comment on gère dans ces cas-là ?
On ne voulait pas perdre ce match contre la Colombie (0-2, ndlr) parce qu'on savait qu'une défaite signifierait qu'on jouerait notre huitième de finale à Washington. Ça faisait de nouveau 5-6 heures de vol. Mais bon avec le décalage horaire, les déplacements,… tu n'as pas tellement le temps de te préparer spécifiquement à ce genre de match. Tout va très vite. On avait un peu travaillé tactiquement, mais c'est tout. Et puis, donc, on se retrouve très vite contre l'Espagne en huitièmes. Et là, ça ne s'est pas joué à grand-chose. On voulait passer, on y croyait. C'était un match équilibré, on a poussé à outrance, mais on n'a jamais réussi à marquer. Et puis on en prend deux dans le dernier quart d'heure. Mais on n'avait pas de regrets, parce qu'on savait qu'on avait tout essayé. Et puis c'était déjà super de s'être qualifiés. On avait fait des bons matchs, on était fiers.

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Et le retour au pays, il se passe comment ?
Le retour au pays, c'était un peu spécial. Il y en a qui sont restés sur place pour profiter des vacances, d'autres qui sont rentrés directement chez eux, pas spécialement en Suisse donc. C'était un peu à la carte, le retour. Moi, je suis rentré deux jours après. Mais ce n'était pas un problème du tout, et puis on était déjà depuis un bon bout de temps ensemble. Ça n'avait pas beaucoup de sens de faire entrer les joueurs pour qu'ils repartent par après. Je crois que c'était le bon choix de laisser les joueurs libres. À moins qu'on ne soit champions du monde, je ne vois pas l'intérêt de rentrer tous ensemble. En Suisse, je crois qu'il y avait eu une très grande ferveur, mais pendant le Mondial. Quand c'est fini, c'est fini.


Propos recueillis par Martin Grimberghs
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Note : 5
des matchs à midi ?!! ça devait surtout être difficile pour les Espagnols.

-Allez debout les gars !
-Mais il est que 11h !
Yekini qui gueule dans les filets, la celebration mythique de Bebeto, le maillot vert de taffarel, alexi lalas, les survets degueulasses d'arigo sacchi, Carlos Valderrama, le meurtre d'andres Escobar, Kenneth Anderson, et tout cela qui finit Avec roberto Baggio qui baisse la tete apres avoir envoye son penalty dans les nuages.

La WC 94 est la derniere vraie coupe du monde.
Message posté par juda
Yekini qui gueule dans les filets, la celebration mythique de Bebeto, le maillot vert de taffarel, alexi lalas, les survets degueulasses d'arigo sacchi, Carlos Valderrama, le meurtre d'andres Escobar, Kenneth Anderson, et tout cela qui finit Avec roberto Baggio qui baisse la tete apres avoir envoye son penalty dans les nuages.

La WC 94 est la derniere vraie coupe du monde.


Tu as oublié de cité ce gardien :)
http://www.linternaute.com/sport/magazi … mpos.shtml
Message posté par juda
Yekini qui gueule dans les filets, la celebration mythique de Bebeto, le maillot vert de taffarel, alexi lalas, les survets degueulasses d'arigo sacchi, Carlos Valderrama, le meurtre d'andres Escobar, Kenneth Anderson, et tout cela qui finit Avec roberto Baggio qui baisse la tete apres avoir envoye son penalty dans les nuages.

La WC 94 est la derniere vraie coupe du monde.


Oh putain j'ai dû m'inscrire juste pour ton commentaire, tous les souvenirs me remontent en tête. Mais bon Yekini (RIP) ne criait pas dans les filets, il priait ;)
Mais t'as quand même oublié aussi les tenues bariolées de Jorge Campos, la célébration de Maradona qui vient gueuler à la caméra contre la Grèce après son magnifique but, Brolin et Dhalin.
Rakamlerouge Niveau : National
Et au passage, Chapi c'est aussi une C1 empochée avec le BVB.

LE joueur des samedi après-midi de mon enfance, calé devant "RAN" sur Sat1.


Sammer, auf Riedle... CHAPUISAT!
La World Cup 94, c'est forcément des souvenirs incroyables pour tous les Suisses!

Depuis la Coupe du Monde 66, la Suisse ne s'était plus qualifiée pour rien et était même une sacrée équipe de loosers pendant des années malgré quelques grands joueurs.
Puis le réveil a eu lieu pendant les éliminatoires pour l'Euro 92 sous la direction d'Uli Stielike qui a décomplexé nos p'tits Suisses mais qui a échoué d'une rien pour la qualif.
Ensuite, Hodgson, qui était entraîneur à Neuchâtel Xamax, échange son poste avec Stielike (ancien joueur de Xamax) arrive et finit le travail en amenant beaucoup sur le plan tactique et en formant un groupe sur lequel il va s'appuyer pendant 2 ans, avec pratiquement toujours les onze même joueurs au début du match. La Suisse va se qualifier avec une incroyable assurance dans un groupe avec l'Italie, le Portugal et l'Ecosse en ne concédant qu'une seule défaite (au Portugal lors de l'avant-dernière journée). Les joueurs vont alors être massivement recrutés par des clubs étrangers, ce qui étaient encore qu'exceptionnel à l'époque (seul Chapuisat jouait sauf erreur à l'étranger au début des éliminatoires, à Dortmund). Les principes tactiques d'Hodgson vont être repris pour toutes les sélections nationales (et même par plusieurs clubs), ce qui va être à la base du renouveau de la formation en Suisse et dont on profite pleinement aujourd'hui encore.
C'est aussi à cette époque qu'ont réellement commencé les déplacements massifs des supporters suisses à l'étrangers.
Alors autant dire, qu'on était déjà comblé par la qualif pour la phase finale et qu'on attendait pas grand-chose de plus. Par contre, moi je me souviens très bien d'un engouement incroyable en Suisse. Dans beaucoup de petits villages, les matches étaient diffusés sur écran géant et les jours de matches les gens portaient le maillot, un t-shirt ou une écharpe de la Nati.

La victoire face à la Roumanie était totalement inattendue mais pourtant parfaitement méritée. Après, ça s'est joué à cause du manque d'expérience des joueurs et du staff et surtout en raison de la fatigue des joueurs. L'équipe s'est enflammée en voulant absolument gagner le 3ème match contre la Colombie alors que la qualif était déjà acquise. Donc les 11 mêmes joueurs ont joué pratiquement les 3 matches en entier avec en plus des joueurs blessés, notamment celle d'Alain Sutter qui était au sommet de sa carrière. Face à l'Espagne, sans vraiment démériter, ils étaient cuits. Le score était juste un peu sévère et les erreurs d'arbitrage un peu trop nombreuses.

Ensuite, il y aura encore la qualif pour l'Euro 96 avant une nouvelle traversée du désert après le départ de cette génération exceptionnelle et avant l'arrivée des jeunes bénéficiaires des nouvelles structures de formation. Il faudra attendre l'Euro 2004 pour que la Nati se qualifie à nouveau. Mais l'attente désormais est importante de la part du public et les prestations discrètes en 2004 (1er tour), 2006 (1/8), 2008 (1er tour), 2010(1er tour), 2012 (non-qualifiée) ont clairement déçu. Du coup, les attentes sont plus limitées cette année, surtout que l'équipe n'a été que rarement réellement convaincantes. Une qualif en 1/8 sera déjà bien accueillie.
Rakamlerouge Niveau : National
Drôle de mondial que USA 94...
Message posté par Rakamlerouge
Et au passage, Chapi c'est aussi une C1 empochée avec le BVB.

LE joueur des samedi après-midi de mon enfance, calé devant "RAN" sur Sat1.


Sammer, auf Riedle... CHAPUISAT!




Chapuisat qui a longtemps été le meilleur buteur étranger de l'histoire de la Bundesliga. Il a été dépassé depuis par Elber et Pizarro.
Matos_de_blackos Niveau : DHR
Moi j'avais pas trouvé ce mondial extraordinaire...
@10 yusei


L'arnaque Peter rufai, l'affreux krassimir balakov, taffarel qui leve ses doigts au ciel, Carlos dunga et sa coupe en brosse, Oleg salenko, roger Milla et son maillot vert, le but de stoichov face au mexique maradona qui pleure en tribune c'est sans fin.
Hors-sujet mais sur la photo de l'article, le pied gauche du joueur espagnol ne vous semble pas un peu chelou ???
Gilles de la Kolo Tourette Niveau : CFA
.Le coup franc de Breggy contre les States
.Le but de Sutter contre la Roumanie
.Hollande Brésil
.Le but de Letchkov contre l'Allemagne
.Baggio qui emmène la squadra jusqu'en finale
.Luis Enrique en sang contre l'Italie
.Thomas Ravelli

Bref, la plus belle coupe du monde, finale mis à part.
Gilles de la Kolo Tourette Niveau : CFA
.Le coup franc de Breggy contre les States
.Le but de Sutter contre la Roumanie
.Hollande Brésil
.Le but de Letchkov contre l'Allemagne
.Baggio qui emmène la squadra jusqu'en finale
.Luis Enrique en sang contre l'Italie
.Thomas Ravelli

Bref, la plus belle coupe du monde, finale mis à part.
Pour info, USA-Suisse n'était pas le match d'ouverture de la Coupe du Monde 94, la mémoire de Chapuisat fait des siennes quand il parle de retard lié à la cérémonie d'ouverture. En effet, le match inaugural fut Allemagne-Bolivie puisque jusqu'en 2002, c'est le champion du monde qui inaugurait le tournoi et non pas l'organisateur.
USA-Suisse, c'est surtout le 1er match de l'Histoire de la Coupe du Monde dans un stade avec toit fermé : le dôme de Détroit.
il doit y avoir un inconscient collectif particulier avec USA-Suisse car je crois qu'on est encore plusieurs en Suisse à croire à tort que c'était le match d'ouverture.
Effectivement Allemagne-bolivie en ouverture avec un joueur Bolivie rentrant vers 60 minutes, vendu comme le "Platini bolivien"... Et qui se fait expulsé à peine rentré
Effectivement Allemagne-bolivie en ouverture avec un joueur Bolivie rentrant vers 60 minutes, vendu comme le "Platini bolivien"... Et qui se fait expulsé à peine rentré
volontaire82 Niveau : Loisir
Chapuisat, un joueur vraiment magnifique. A quand une belle itw pour parler d'autre chose que du Mondial ? (Meme si ce fut déjà plutôt intéressant)
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