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Stephan Streker : « Un match de foot chiant est plus chiant que n’importe quel film chiant »

Stephan Streker est comblé. « Noces » , troisième long-métrage du réalisateur belge, sort aujourd'hui. Un film qui parle de déchirement culturel et de religion. Lui récite sa prière chaque lundi soir en tant que consultant foot dans l’émission « La tribune » sur la RTBF. L’occasion de nous raconter sa double passion. Où il est question d'Axel Witsel, du RWDM de 1977 et d'Albert Cartier.

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Ton film aborde les traditions religieuses d’une famille d’immigrés pakistanais en Belgique. Considères-tu le foot comme une religion ?
Oui, dans la mesure où c’est une forme de valeur irrationnelle gigantesque. Une sorte de valeur ultime. Ce que j’adore dans le foot, c’est la culture et la passion. Notamment dans les pays où le foot est une tradition, comme l’Italie, l’Angleterre ou le Brésil. Je trouve ça extraordinaire. Et puis c’est une religion parce que tu as une sorte de force au-dessus de tout. D’ailleurs, quand tu es supporter, tu es parfois emporté. Quand j’étais gosse, j’y pensais toute la journée, j’étais presque dans un état de prière. Le foot, c’est aussi des valeurs. Regarde, en Argentine, Maradona c’est Dieu, c’est une icône païenne.

Comment es-tu passé de journaliste à réalisateur ?
Au moment où j’ai réalisé mon dernier film, Le monde nous appartient (2013), j’étais persuadé de ne plus être du tout journaliste. Et d’ailleurs je ne le suis pas redevenu.
« Dans les longs-métrages de cinéma, parfois, le foot, c’est vraiment n’importe quoi. Genre dans Coup de tête de Jean-Jacques Annaud avec Patrick Dewaere, le foot n’est pas bien traité. »
Je suis devenu consultant de foot par ironie de l’histoire. Tout a commencé quand Le monde nous appartient est sorti en Belgique. Il se trouve qu’il y a un petit moment de foot dans le film parce que j’adore ça et qu’un des personnages joue au foot. Et je voulais que ça soit très crédible. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais dans les longs-métrages de cinéma, parfois le foot c’est vraiment n’importe quoi. Genre dans Coup de tête de Jean-Jacques Annaud avec Patrick Dewaere, le foot n’est pas bien traité. Dans mon film, c’était important que le foot soit traité à sa juste valeur. D’ailleurs, l’un des personnages principaux du film a un coach. Et j’ai pris un vrai entraîneur qui a ce moment-là était coach en Belgique avant d’aller en Ligue 1 : Albert Cartier. Et donc j’ai été invité dans plusieurs émissions de football pour parler de mon film, dont 100% Steph avec Stéphane Pauwels sur RTL. Et puis Stéphane me dit en direct : « Comme vous connaissez le foot, restez ! » L’émission durait trois heures, j’ai commencé à parler de foot. Et à la fin il me dit : « C’est génial, j’aimerais bien que tu reviennes. » Alors moi, je lui réponds que j’ai des films à faire et il me dit : «  Oui, mais bon, on t’appellera.  » Et je suis revenu une fois ou deux le dimanche soir et puis RTL m’a proposé d’être régulier dans l’émission. À la fin de la saison 2012/2013, je fais quelques interventions, puis je deviens consultant. Arrive la Coupe du monde 2014 où Stéphane anime un show télévisé, qui s’arrête pour diverses raisons. Mais le patron de RTL me convoque et me dit : « Vous correspondez exactement à ce qu’on recherche, j’aimerais que vous deveniez le monsieur football de la chaîne. » Et puis en septembre 2014, la RTBF m’appelle et me fait une proposition inouïe : devenir consultant permanent pour le talk show du lundi soir qui s’appelle La tribune, qui est une sorte de débriefing du week-end. Et surtout je deviens consultant pour tous les matchs des Diables rouges. Et là, j’ai un double dream job.

À quand remonte ta passion pour le foot ?
Depuis tout petit, peut-être 7 ou 8 ans ! De toute façon, la passion pour le foot vient forcément de l’enfance. Dans un de mes films préférés qui s’appelle Carlito’s way, il y a cette scène où Al Pacino dit à Sean Penn : « You can’t have a lead start  » : on ne peut pas partir tardivement. Eh bien je pense que pour un vrai supporter de foot, c’est pareil. Et d’ailleurs, les meilleures émotions de foot viennent quand on est jeune. Je me souviens quand j’étais sur les genoux de mon père en allant voir les matchs de Molenbeek (RWDM). C’était une grosse équipe à l’époque. Ils ont même été en demi-finales de l’ancienne Ligue Europa. Ils se sont fait éliminer sans perdre, mais par ce système que je continue à détester du but à l’extérieur (lors de l'édition 1976/77 de la Coupe UEFA, le RWDM se fait sortir par l'Athletic Bilbao - 1-1 en Belgique, 0-0 en Espagne -, qui s'inclinera en finale face à la Juventus Turin, ndlr).

Tu jouais au foot aussi ?
Oui, mais je n’ai jamais eu un niveau suffisant pour devenir pro, malheureusement. J’étais très complexé par le fait de ne pas être bon. C’était une vraie souffrance. J’ai joué partout, devant, derrière, mais j’avais des problèmes avec l’autorité. Et puis je n’étais pas très dur au mal, j’avais du mal avec l’intimidation... Mais au moins, je ne fais pas partie de tous ces « Zidane » qui disent qu’ils auraient été des grands joueurs s’ils n’avaient pas été blessés.

Quel est ton plus beau souvenir de foot ?
Sans hésiter, le quart de finale retour du Racing White Daring de Molenbeek en Coupe d'Europe contre Feyenoord. J’ai douze ans et je suis au stade avec mon père. Il y avait eu 0-0 chez nous, à l’aller. Au retour, nous sommes menés 2-1 à la 85e minute. Je me souviens de tout : l’action, la faute, je regarde l’arbitre, qui lève le bras... J’avais l’impression qu’il s’était passé huit siècles entre le moment où il siffle la faute et le moment où Jacques Teugels marque le penalty. Ça a été ma plus grande joie. J’en tremble encore. Et puis ce n’était pas notre meilleur joueur, mais il inscrivait toujours des buts décisifs. D’ailleurs, je lui ai demandé de faire une petite apparition dans Le monde nous appartient.



Comment est la ferveur en Belgique ?
« J’ai déjà vu des des matchs en D2 belge mille fois plus impressionnants que certaines finales de Coupe du monde. »
J’adore le championnat belge. Pour moi, le vrai foot c’est le terroir. Le sommet du foot c’est le derby et je trouve ça très sain. Mais les gens confondent souvent le niveau et l’intensité d’un match. J’ai déjà vu des matchs en D2 belge mille fois plus impressionnants que certaines finales de Coupe du monde. L’intensité dépend de plein de paramètres et notamment la dramaturgie et le suspense.

Finalement, le cinéma et le football se ressemblent beaucoup...
Bien sûr ! Ce qui m’excite dans le foot, c’est qu’on ne sait jamais rien avant. La plus grande arnaque, c’est les journalistes qui te font croire a posteriori qu’ils avaient prévu le résultat. Un match de foot chiant est plus chiant que n’importe quel film chiant. Mais un match de foot génial, c’est mieux que tout ! Je me rappelle ce match en Coupe des coupes entre Metz et le FC Barcelone en 1984. Le match aller à Metz donne 2-4 pour Barcelone. Au retour, 4-1 pour Metz qui se qualifie. Ça, aucun scénariste n’aurait pu l’écrire. Tu mets ça dans un film, le spectateur te trouve ridicule et il aurait raison ! Mais dans le foot, tout est possible et c’est ça qui est intéressant. Et puis je crois qu’il y a de la poésie dans le foot, une forme artistique et un langage commun. On ne peut parler qu’entre semblables.

Tu supportes toujours Molenbeek ?
Oui, même s’ils sont en quatrième division. Après, je ne cache pas que j’ai supporté La Gantoise quand ils sont devenus champions parce qu’ils développaient le meilleur football et qu’ils le méritaient. Ce que j’aime le plus dans une équipe, c’est l’intelligence.


Comment la Belgique a-t-elle vécu son élimination en quarts de finale contre le pays de Galles au dernier Euro ?
Très mal. Le niveau de jeu était totalement indigne. Le drame, c’est que cette équipe est toujours inférieure à la somme de ses individualités. Alors que le grand foot, c’est le contraire. Il n’y avait pas de coach. Marc Wilmots était trop limité, jusqu’au bout. Et puis il y avait un désamour total entre l’équipe et son entraîneur. Le pire dans tout ça, c’est qu’il n’y avait pas à discuter quand on s’est fait sortir en quarts. Dès que la Belgique joue un match à enjeu, elle le perd. Nous n’avons pas été capables d’augmenter notre niveau de jeu dans la compétition. Sans compter la malchance : la Belgique tombe toujours dans des groupes trop faciles.

Que manque-t-il à cette sélection ? De l’expérience ?
On n'a que des joueurs très expérimentés individuellement, mais pas ensemble. Le problème, c’est qu’on n’a pas de match référence. Il faut s’appuyer sur un schéma clair que Roberto Martínez est en train de trouver. Et il faut laisser les joueurs cadres s’exprimer. Avec le nouveau positionnement de Kevin De Bruyne et la liberté laissée à Eden Hazard, plus le retour de Vincent Kompany, on est sur la bonne voie.

Axel Witsel vient de signer au Tianjin Quanjian, en Chine, pour un salaire annuel de 18 millions d’euros. Qu’est-ce que ça t’inspire ?
J’étais en Chine il n’y a pas longtemps. À l'été 2013, Le monde nous appartient est sélectionné au festival de Shanghai. Et quand je débarque à l’aéroport, la première image que je vois, c’est Wayne Rooney sur un immeuble de vingt étages ! Puis toute l’équipe de Chelsea.
« Un joueur en fin de carrière comme Xavi qui a tout connu, je trouve ça normal qu’il rejoigne un championnat pour l’argent. J’applaudis. Tévez, trente-deux ans, je comprends aussi. Mais Axel Witsel, ça me fout un cafard monstrueux. »
Là-bas, ce sont des fans inconditionnels et ils connaissent les joueurs anglais aussi bien que nous. Certains matchs sont programmés en fonction de la time zone de la Chine. Ma position est très simple : un joueur en fin de carrière comme Xavi qui a tout connu, je trouve ça normal qu’il rejoigne un championnat pour l’argent. J’applaudis. Tévez, trente-deux ans, je comprends aussi. Mais Axel Witsel, ça me fout un cafard monstrueux. Alors certes, quand on propose à quelqu’un de gagner trois fois plus, on ne peut pas l’ignorer. Mais quand tu es déjà très riche et que tu sacrifies tout pour être encore plus riche, quelle est la logique ? Axel Witsel n’a de compte à rendre qu’à lui-même. Mais quand il dit qu’il doit penser à l’avenir de sa famille, je trouve que c’est culotté ! Parce qu’il avait la possibilité de signer en Italie tout de même ! Qu’est-ce qu’on dit à Radja Nainggolan qui a quatre enfants alors ? Qu’il ne pense pas à sa famille ? Franchement, emmener sa famille en Chine où la pollution est délirante, je ne trouve pas ça logique. J’ai le cafard quand je vois ces gens esclaves de l’argent. Je pense qu’il ne doit plus être appelé en équipe nationale. Il a prouvé à tous ses fans qu’il ne veut pas exceller. Son niveau va forcément baisser en Chine.

Est-ce qu’on peut imaginer qu’un jour, tu fasses un film sur le football ?
Les sports individuels comme la boxe sont très cinématographiques parce que les enjeux de la vie sont mêlés aux enjeux du ring. En plus, le ring, c’est génial, on peut filmer partout, c’est proche de l’action, il y a un décorum, c’est noir autour... Pour le foot, c’est beaucoup plus compliqué : la dramaturgie d’un match est impossible à mettre en scénario. Le truc de Metz-Barcelone, tu le mets dans un film, personne n’y croit. Ce qui peut fonctionner, c’est les « à côté » , mais il y a très peu d’exemples de films réussis sur les sports collectifs. Il y en a un que je trouve extraordinaire : L’enfer du dimanche d'Oliver Stone avec Al Pacino et Cameron Diaz, mais c’est sur le football américain. Mais moi, je ne m’en sens pas encore capable.

Propos recueillis par Louis Chahuneau
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