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Stek à point

Maarten Stekelenburg né à Haarlem. Ça fait un peu trop de lettres A pour un seul homme. Mais depuis ce Mondial, les sceptiques ont appris à dire « ôôô » pour saluer plusieurs arrêts décisifs et son rôle dans l'accession des Oranjes en finale.

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Octobre 2008. Edwin Van der Sar sort de sa retraite internationale pour dépanner contre l'Islande et la Norvège, en éliminatoires du Mondial, le numéro 1 Stekelenburg et le numéro 2 Timmer étant sur le flanc. Ouais, la Hollande, qui se l'est toujours racontée pour avoir une pelle de bons gardiens de but, n'arrive pas à se trouver un troisième larron susceptible de faire l'affaire. Sacrée concurrence, non ? Edwin dépanne bien (deux cleansheets, respectivement 2-0 et 1-0) mais prévient les nostalgiques dans la foulée : « Je n'irai pas au Mondial. J'ai arrêté contre la Norvège, je le confirme. J'ai un successeur de grande valeur, avec Stekelenburg. Il a juste besoin de disputer plus de matches internationaux pour emmagasiner de l'expérience et progresser » . Espérons, espérons, parce que mis à part Van der Sar, sur les quinze dernières années, la Hollande nous aura quand même servi quelques belles bananes au poste de gardien de but : Stanley Menzo, Ed De Goey avec son style de shériff texan ou Sander Westerveld.


Formé à l'école Ajax, le grand Maarten d'1m94 débute dans le métier à 19 ans, en février 2002 contre le NAC Breda (1-0). Sept mois plus tard, Stekelenburg laisse passer le wagon qu'il fallait prendre : deux gardiens de l'Ajax sont portés pâles, et le jeune premier doit faire le boulot en Champion's League contre l'Inter. Le nanard se pète les adducteurs au bout de 20 minutes. Dur, d'autant plus qu'il sera barré les trois saisons suivantes par un Roumain, Bogdan Lobont. Encore plus dur. Van Basten, fraîchement intronisé en sélection, redonne malgré tout le sourire à Stekelenburg, en le « pitchant » en amical contre le Liechenstein, pas assez standing pour la légende Edwin. Un an plus tard, la grande tige gagne enfin son statut de titulaire sous les ordres de Danny Blind à Amsterdam. Bon, il n'est pas tombé dans les meilleures années de l'Ajax, mais glanera tout de même deux coupes des Pays-Bas, un titre de meilleur joueur de l'année de l'Ajax (2007-2008), sa trentaine de matches par saison et une place de doublure internationale hollandaise (Mondial 2006 et Euro 2008), derrière les oreilles bientôt fanées de Van der Sar.


Avec la retraite internationale du portier de Manchester, Stekelenburg se retrouve alors propulsé par Bert Van Marvijk titulaire de la cage « oranje » . Si en sélection, « l'Araignée » , son surnom chez les Dutch, assume l'héritage d'Edwin – 2 cleansheets et 2 buts encaissés sur cinq matches éliminatoires – son parcours en club est plus chaotique. Le grand steak accumule les pépins de santé (épaule et des grippes) et les mauvaises performances (mois de janvier 2009 catastrophique). Van Basten, l'entraîneur de l'Ajax, le rétrograde avant le printemps 2009, sur le banc. « Il me reprochait d'être tombé dans la facilité. Cela m'avait touché car je suis une bête d'entraînement, certainement pas un paresseux » éclaire Stekelenburg. Heureusement, Marco ne fait pas de vieux os à l'Ajax et Martin Jol le réinstalle dans les buts. Et au meilleur des moments, à un an de la Coupe du Monde sud-africaine, Maarten effectue sa meilleure saison, à 28 ans. Parades spectaculaires, des pénaltys sortis, des sorties aériennes autoritaires, il drivera une défense ajacide retrouvée, avec seulement 20 cageots encaissés sur l'année, soit deux fois moins que lors des quatre saisons précédentes.


Aujourd'hui, son Mondial est dans la parfaite continuité de son année. Stekelenburg a laissé son équipe sur pieds face à la Slovaquie ( « Maarten a été exceptionnel, il nous a sauvés et nous a permis de rester aux commandes à un moment délicat du match » , Bert Van Marwijk), a évité une samba à sa team contre le Brésil (remember, la frappe enroulée de Kaka, claquée main opposée) et peut logiquement prétendre au titre de meilleur gardien de but de cette Coupe du Monde (le trophée Lev Yashin). Avant le Mondial, on l'annonçait comme le maillon faible des Néerlandais, il est surtout le plus irréprochable de tous. «  En tant que jeune gardien, vous faîtes des erreurs d'appréciation. Mais plus vous jouez, plus vous obtenez de l'expérience. Un bon gardien de but est souvent une affaire d'expérience » résume l'intéressé.


Fan de Roger Federer mais aussi de David Guetta, Maarten Stekelenburg, c'est avant tout l'histoire d'un mec pas vilain avec ses mains, au physique typique des gardiens néerlandais, dans une période de faible concurrence à son poste. À aujourd'hui 28 ans, « l'Araignée » a finalement eu le luxe de prendre son temps pour tisser sa toile. Villareal, le Bayern et Manchester United sont d'après les dernières dépêches à l'affût.

Ronan Boscher

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