Standard and Poor's contre le foot français?

La France a perdu son triple A, ce précieux sésame accordé par des agences de notation, nouvelles pythies ultra-libérales d’un capitalisme financier aux « prophéties auto-réalisatrices » (dixit « La Tribune » , canard difficilement accusable de gauchisme atavique). L’info tant attendue et redoutée a monopolisé l’actualité, terrorisé le gouvernement et permis d’en rajouter une couche dans la morosité ambiante du pays. Quelles conséquences pour le foot français, lui qui semble capable de passer au travers de toutes les vicissitudes économiques (crise, réforme fiscale, scandales, etc..) sans jamais changer son mode ni son train de vie ?

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Le foot professionnel aurait toutes les raisons de se sentir concerné par la perte du triple A gaulois, avec un déficit cumulé de 130 millions d’euros. Toutefois, le petit monde du ballon rond semble épargné par les logiques habituelles et sa capacité à survoler sans fêlure les orages économiques laisse pantois qui voudrait le comparer aux autres « industries » , y compris celle du spectacle... Toutefois, l’ensemble de son développement repose aussi sur la bonne santé d’acteurs « extérieurs » (des mairies aux abonnés du cable) qui risquent d’être malmenés par les conséquences du ralentissement économique annoncé et la rareté des sources de financement. «  La perte du AAA français aura très peu d'impact sur les clubs français, nuance Bastien Drut, auteur de "L’économie du football professionnel" (Ed. La découverte). La principale conséquence est la hausse des taux d'intérêt auxquels s'endette l'Etat. Cette hausse a été largement anticipée par les marchés financiers depuis plusieurs mois et reste, somme toute, limitée. La perte du AAA est bien moins grave pour les clubs français que ne le sont les dégradations à répétition de l'Espagne et de l'Italie pour les clubs de Liga et de Serie A. Les clubs espagnols et italiens, déjà très endettés, auront d'autant plus de mal à refinancer leurs dettes » . Diagnostic simple, la chute est moins haute qu’ailleurs, donc le vertige n’est pas pour tout de suite.

Il reste pourtant un domaine annexe ou l’inquiétude peut s’avérer pour le coup être légitime, ou à défaut tangible : celui de l’épineuse question des stades de l’Euro. Surtout quand on se rappelle que Nancy récemment, et Nantes dès le départ, ont jeté l’éponge devant le coût de l’aventure en ces temps incertains. Face à la crise économique, face aux nouvelles contraintes sociales, notamment après la réforme territoriale des collectivités - qui risquent de devoir augmenter leurs impôts pour répercuter la hausse des taux d’intérêt, de plus en plus d’élus (souvent d’opposition, certes) s’interrogent désormais ouvertement sur la facture (notamment politique) de ces « rénovations » imposées par l’UEFA... « Effectivement, la hausse des taux renchérira légèrement le coût de construction des futurs Grands Stades, poursuit Bastien Drut, mais pas de ceux dont la construction est déjà en cours ou presque terminés. Mais puisque les travaux se font souvent dans le cadre partenariat public-privé (PPP) dans le cadre desquels les clubs ne sont que locataires, le surcoût sera imputable aux collectivités locales et pas aux clubs » . Le monde est finalement bien fait et au cas où, comme à Nantes, le club pourra toujours se tourner contre la municipalité devant les tribunaux.

Dernière raison de s’angoisser : les ménages vont devoir assurément se serrer la ceinture. Est-ce que la consommation en berne ne finira-t-elle par égratigner les budgets déjà fragiles de la L1? «  Le ralentissement de l'économie n'a que peu d'effets sur les recettes de billetterie puisque les gens continuent de se rendre au stade. Même en Grèce ou la crise est la plus forte, l'affluence n'a que très peu diminué. Les clubs peuvent et doivent se faire plus de soucis en ce qui concerne les sponsors : avec une conjoncture plus difficile, les dépenses en sponsoring pourraient être revues à la baisse dans plusieurs entreprises. Ceci dit, le sponsoring ne représente qu'une faible part des recettes des clubs français » rassure l'expert. La télé dépendance devient ainsi la plus inattendue des vertueuses exceptions du football hexagonal. Merci à Al Jazeera et à Canal+...


Par Nicolas Kssis-Martov
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Première fois que j'arrive à lire un article de NKM en entier !
Les stades les mieux garnis ne sont pas nécessairement ceux des villes les plus prospères... Au contraire!

Naples, Athènes, Marseille, Bilbao, Liverpool j'en passe et des meilleures...

C'est un peu le côté "du pain et des jeux" que représente le foot.
@bud_light

Normal l'article est compose presque uniquement d'extraits d'interviews, du coup moins de phrases de NKM.

Atavique: relatif a l'atavisme.
Atavisme: Apparition imprévue, chez un individu, d'un ou de plusieurs caractères qui s'étaient manifestés chez un de ses ancêtres et qui avaient disparu depuis une ou plusieurs générations (vieux). [Cette réapparition est aisément explicable par la génétique classique.]
Instincts héréditaires, habitudes ancestrales : Conserver un vieil atavisme paysan.

Source: http://www.larousse.com/en/dictionaries … visme/6052
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