1. // Saint Sylvestre

S.Takac : « L'alcool, j'ai pas touché »

Il nous fallait un Sylvestre pour le 31. On vous a trouvé un ancien, en retraite active près d'Antibes. Ski, tennis, huîtres, cochon gagné au loto et réveillons gréco-orthodoxes, Sylvester Takac (prononcez [Takatche]) nous dit tout.

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Toujours dans le milieu du foot ou pas ?

Non, pas trop. Je vais parfois aux matches. J'en regarde beaucoup à la télé, je dirais de plus en plus avec l'âge. Mais je suis plus actif dans d'autres domaines. Je fais du tennis et du ski l'hiver, voilà.



Quel est votre meilleur souvenir de Saint-Sylvestre ?

Ah, dans mon très jeune âge, quand j'avais à peine 19 ans, on est allé avec mon ex-équipe yougoslave, Vojvodina Novi Sad, faire quelque matches en Grèce : trois matches à Athènes contre les meilleures équipes et deux matches à Thessalonique. On a réveillonné tous ensemble avec l'équipe, dans notre hôtel. Il y avait quelques dirigeants des clubs grecs et le personnel de l'hôtel. On a joué à une sorte de Loto et le premier prix c'était un cochon. Et puis, pour une fois, alors que je n'avais jamais gagné au loto, ben j'ai gagné.



En même temps, c'était la Saint-Sylvestre...

A Athènes, un des dirigeants de Vojvodina avait fait un petit discours là-dessus. En réalité, mon prénom c'est Sylvester. Mais bon en France, on a commencé par Sylvestre et c'est resté.



Il est devenu quoi le cochon ?

Franchement, je ne me rappelle plus trop. Je crois qu'on l'a coupé tout de suite et qu'on l'a mangé.



Pourquoi on vous appelé Sylvester au fait ?

Je viens d'une grande famille. Il y avait pas mal de prénoms distribués puisque on était sept frères et deux sœurs. Et moi, je suis le dernier frère. Quelqu'un a proposé qu'on m'appelle Dimitri ou un raccourci du genre Mit ou Mitar. Et puis, y a une grand-mère qui a proposé Sylvester. Et je me suis appelé comme ça. Grâce à une grand-mère.



Ça représente quoi pour vous le 31 ?

C'est une grande fête. Vous savez, à l'époque, en Yougoslavie, c'était le communisme. Les fêtes religieuses, ce n'était pas très bien vu de les fêter. Mais nous, bien vues ou pas, on les fêtait. On n'était pas membre du parti communiste non plus. Par contre, je suis gréco-orthodoxe, donc je fête comme les Russes. Noël pour moi, c'est le 6 janvier. Et puis le Nouvel An, c'est le 13 janvier. Mais entre-temps, comme je me suis marié avec une femme catholique, on fête les deux. Ça fait des fêtes de plus.



Aujourd'hui, ça se passe comment les fêtes en ex-Yougoslavie ?

Depuis la révolution, je sais qu'ils sont tous très croyants. Ici, on parle de la Saint-Sylvestre, de Noël, mais là-bas, il y a des Saint-Nicolas, des saints-machins, des tas de fêtes. Je ne dis pas qu'ils essaient de se rattraper mais, aujourd'hui, ils y accordent beaucoup d'importance.



Parlons bouffe. Pour vous, le must pour un réveillon, c'est...

Je viens d'une région en Yougoslavie, loin de la mer. Je n'avais jamais goûté les huîtres, les fruits de mer et tout ça. Par chance, mon premier club à l'étranger, c'était Rennes, et là je me suis régalé. Jean-Claude Lavaud, international à l'époque avec Just Fontaine comme sélectionneur, lui, c'est un ami. On sortait souvent ensemble et il m'a convaincu après un certain temps de goûter aux huîtres. Et depuis, les fruits de mer, j'en suis complètement dingue.



Jamais malade ?

Non, je touche du bois. J'ai de la chance parce que c'est vrai que ça arrive.



Pendant les fêtes, vous vous en mettiez des belles en tant que joueur ?

A Athènes, quand j'ai gagné le cochon, j'étais pro depuis au moins six mois. Donc je tenais beaucoup à faire de bons matches. Six mois après, j'étais pour la première fois appelé en sélection nationale. J'étais très ambitieux, et franchement, les fêtes, ça ne me posait aucun problème. Ce réveillon-là, je n'avais pas trop fait la fête. Je ne buvais pas d'alcool. Le football, c'était pour moi sacré. Je ne faisais pas comme certains joueurs quelque fois : pas de cigarettes, pas d'alcool. Moi, j'ai pas touché.



Avec les huîtres, vous ne prenez même pas un petit verre de blanc ?

Oh, bah bien sûr. En principe, je ne bois pas d'alcool, pas d'apéritif ni de digestif, mais vin rouge, vin blanc ou champagne avec les huîtres, oui.



Vous êtes de quelle école pour le champagne : en début ou en fin de repas ?

J'aime bien au début comme apéritif. Ça me fait tellement plaisir. Et à la fin, avec tout le monde, oui, s'il faut.



Vous avez déjà ciblé vos bonnes résolutions pour 2011 ?

Je suis toujours ambitieux dans ce que j'entreprends, comme le ski et le tennis. Alors, j'aimerais bien progresser dans ma technique parce que ici à Nice, j'ai quelqu'un avec qui je vais une fois par semaine à Isola, à 1h30 de Nice. Et je peux vous dire que je progresse énormément grâce à lui. J'espère que je vais encore me perfectionner. Au tennis aussi.



Vous étiez classé au tennis ?

J'étais classé 30. C'est pas mal, non ? Mais je ne joue pas les tournois. Le seul tournoi que je joue, c'est dans mon club, ici à Antibes et j'ai gagné le tournoi Senior en 2008. J'avais 60 ans et j'ai battu des bons joueurs, classés mieux que moi. J'ai aussi fait un autre tournoi dans un autre club d'Antibes en double avec mon pote Marco. Cette année, on s'est fait battre en demi-finales et à chaque fois on se dit l'année prochaine, on ira en finale et on gagnera. Mais en double, il y a de bonnes équipes. Là, on s'est fait éliminé par une super équipe venue d'Italie.



En ski, vous avez combien d'étoiles ?

Je ne connais pas les classements mais je ne suis pas mal. Cette année, je vais faire le Club Med donc je vais voir mon classement. Je sais qu'en Autriche, il y a des catégories comme 1A, 1B et moi je suis dans les 2A ou 2B, un truc comme ça.





Les pistes noires, ça vous parle ?

Pas problèmes, pas problèmes. Moi, mon problème c'est la neige profonde, le hors-piste j'ai du mal.



Pour finir, on vous souhaite quoi pour 2011 ?

La bonne santé. On arrive à un certain âge où la santé, c'est quelque chose qui vous donne le moral.



Propos recueillis par Ronan Boscher

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