Advertisement Une caméraUne caméra qui illustre les papiers contenant une vidéo PhylactèrePictogramme représentant un phylactère (bulle utilisée dans les bandes déssinées) servant à illsutrer les commentaires envoyés par les lecteursTrophéePictogramme représentant un trophée. Ce picto illustre la section résultats / classement de SOFOOT.com Logo FacebookIcone facebook faisant le lien avec la page Facebook de notre siteFlècheUne flèche servant à la navigation. Le sens de la flèche change en fonction du contexte où elle est utiliséeLogo Google +Lien vers notre page Google+Icone "Hamburger"Icone composé de trois lignes noires horizontales identiques, les unes au dessus des autres, servant à illustrer la notion de "menu".Logo, InstagramPetit appareil photo servant à lier vers notre page InstagramPouce vers le hautPictogramme représentant une main fermée en poing avec le pouce dressé vers le haut. Illustration de la notion de "like" des réseaux sociauxMoinsLe signe mathématique "moins" Appareil photoUn appareil photo qsui illustre les articles avec photoPlusLe signe mathématique "plus" LoupePictogramme représentant une loupe, illsutrant la notion de "recherche" sur le site.Répondre àUne flèche arrondie, pointant vers la gauche et servant à évoquer la réponse à un commentaireEtoileEtoile à 5 branches, illustrant la notion de "mise en favoris"Logo twitterPetit oiseau illustrant le lien vers notre compte Twitter
MATCHS 3 Résultats Classements Options

Stades de shoot

En 2017, dans certains coins de la planète, on exécute toujours publiquement des gens dans des stades de foot. La FIFA, qui a récemment ajouté à ses statuts un article qui l'engage à respecter les droits de l'homme et à promouvoir leur protection, promet d'aborder la question avec la fédération iranienne.

Modififié
Ce matin du 22 septembre 2016, à Neyriz, ils sont quelques dizaines à s'être rendus dans le petit stade de foot de cette ville de 45 000 habitants, située dans la province de Fars, dans l'ouest iranien. Pourtant, aucun match n'est programmé ce jour-là. Installé sur un semblant de tribune, séparé du terrain par un grillage, le public, majoritairement masculin, est venu assister à une exécution. Celle de Saeed T., condamné à la peine capitale pour viol et meurtre. Exposé sur la plate-forme arrière d'un camion, le visage recouvert d'un linge noir, l'homme sera pendu en public, tracté de bas en haut par une grue. Une pratique qui n'a rien d'exceptionnel en Iran, où une interprétation particulière de la charia fait office de code pénal. En 2015, sur 969 exécutions, 57 se sont déroulées dans l'espace public (selon les chiffres officiels communiqués par l'État iranien, probablement en deçà de la réalité). Cette barbarie, l'ONG française Ensemble contre la peine de mort (ECPM) ne l'accepte pas. Et elle a décidé de le faire savoir à la FIFA, en adressant fin septembre un courrier à son président, Gianni Infantino. « Exécuter dans un stade, ce n'est pas anodin, explique Raphaël Chenuil-Hazan, le directeur d'ECPM. C'est dans ce sens que nous tentons d'alerter Infantino. La FIFA ne peut pas dire que cela ne la regarde pas. Si j'étais joueur, ce serait impossible de jouer là où un homme a été décapité ou pendu. »

Une barbarie sans limite


Avec l'Arabie saoudite, la Corée du Nord et les territoires contrôlés par Daesh, l'Iran est l'un des derniers pays à pratiquer l'exécution publique, que ce soit sur des places ou dans des stades. La Chine et l'Afghanistan – qui s'y adonnait à l'époque des talibans – ont récemment abandonné. « C'est la théâtralisation de la mise à mort, dans le seul but de faire peur à la population, pose Chenuil-Hazan. Le stade est ouvert. Hommes, femmes, enfants, vieillards, tout le monde est incité par la police à venir assister au "spectacle". En Iran, la peine de mort a toujours été un outil politique. La majorité des condamnés à mort sont coupables de trafic de drogue ou d'homosexualité, et sont souvent issus de minorités ethniques ou religieuses. C'est un message adressé aux Kurdes et aux Afghans, qui représentent le prolétariat local. Ils exécutent même des mineurs. Leur code pénal, c'est la charia. Et ils s'y tiennent. » Pour rendre le « spectacle » le plus macabre possible, les autorités iraniennes, qui exécutent essentiellement par pendaison, ont décidé de mettre en place une graduation de l'horreur. Selon la sentence, la peine capitale peut s'effectuer sous deux formes différentes. La première consiste à « lâcher » le pendu. Dans sa chute, sa nuque se brise et le pauvre bougre décède rapidement. La seconde prouve que la barbarie ne connaît aucune limite. C'est celle qu'a subie Saeed T. à Neyriz. Le condamné est pendu par traction, accroché à une grue qui s'élève jusqu'à ce que ses pieds ne touche plus le sol. La mort par suffocation est alors beaucoup plus lente et douloureuse. Contacté par ECPM, le fabricant japonais de ces grues a accepté de demander à l’État iranien d'arrêter d'utiliser son matériel pour ce type d'activité. Visiblement sans succès.

La FIFA répond enfin


Le 6 décembre dernier, non sans quelques relances, la FIFA a enfin répondu au courrier d'ECPM. Et c'est Fatma Samoura, la secrétaire générale, qui s'y est collée. En anglais, elle indique à Raphaël Chenuil-Hazan qu'elle a bien pris note de « l'incident » qui a eu lieu à Neyriz, et que « la FIFA condamne ce type d'action, qui par sa nature, viole fondamentalement la dignité inhérente à chaque être humain » . Et par conséquent, elle ne manquera pas d'aborder le sujet « lors de ses futurs échanges avec la Fédération iranienne de football » . Enfin, la Sénégalaise conclut en signalant au directeur d'ECPM que, comme l'exige le nouvel article 3 de ses statuts, « la FIFA s'engage à respecter les droits de l'homme internationalement reconnus, et s'efforce de promouvoir leur protection. Cet engagement implique des efforts pour prévenir et atténuer les impacts négatifs sur les droits de l'homme de tiers en relation directe avec nos opérations. Dans le cadre de ces activités, nous cherchons de plus en plus à collaborer avec nos associations membres, pour les aider à mettre en place des mécanismes adéquats, afin qu'ils respectent les droits de l'homme. » À la lecture du courrier venu de Suisse, Chenuil-Hazan se dit « satisfait que cet article 3 donne à la FIFA le pouvoir d'agir, satisfait que la FIFA ait prévu d'engager des échanges avec la fédération iranienne. Maintenant, nous attendons que la FIFA donne des suites concrètes en sanctionnant l'Iran, pourquoi pas en l'excluant de compétitions internationales, puisque ses nouveaux statuts lui en donnent le droit » . En avril 2013, l'instance mondiale avait déjà mis en garde l'Iran au sujet de ses exécutions sur des terrains de foot. Évidemment sans conséquence pour cette « association membre » .



Si la FIFA décidait de ne pas sanctionner sportivement l'Iran – ou tout autre pays se servant de stades de football pour y procéder à des exécutions publiques –, la punition pourrait-elle venir des joueurs ? En évitant d'y signer un contrat, ou d'y jouer en cas d'affrontement lors d'une rencontre internationale, par exemple ? En Iran, cela paraît compliqué. La Premier League iranienne accueille peu d'étrangers, et comme l'explique Raphaël Chenuil-Hazan, les Asiatiques adhèrent en très grande majorité à la peine de mort. L'Arabie saoudite, en revanche, est une destination prisée par les vieilles gloires sud-américaines et européennes, pour signer un dernier beau contrat. Mais toujours selon le directeur d'ECPM, « un étranger ne prendra pas position sur ce genre de débat » .

Le cas Chili-France


En septembre 2001, les joueurs de l'équipe de France se sont retrouvés dans un cas de figure proche, au moment d'affronter le Chili à Santiago. Certes, les exactions du général Pinochet avaient cessé depuis un peu plus de dix ans, mais se changer dans des vestiaires transformés en salles de torture par l'armée du dictateur donne à réfléchir. Au plus fort du régime militaire, ce sont 7000 prisonniers qui étaient détenus dans l'Estadio Nacional, qui en a accueilli en tout 40 000. « Comme nous sommes arrivés à Santiago deux jours avant le match, c'est un sujet qui était présent dans les discussions, se souvient Ulrich Ramé, qui avait gardé les buts bleus ce jour-là. En plus, on s'était entraînés la veille dans le stade. Donc forcément, on pose des questions sur ce qui se passait dans les vestiaires, comment le stade a été modifié, ce genre de choses. Les guides nous ont parlé des barbelés qu'il y avait autour de la pelouse à l'époque, par exemple. » Une leçon d'histoire que Roger Lemerre avait interprété à sa façon, en déclarant en conférence de presse d'avant-match : « Les dictatures sont parfois nécessaires. » Mais à aucun moment, les joueurs français ont pensé ne pas jouer sur ce terrain, où tant de gens ont souffert. Surtout que la rencontre amicale, qui était surtout le jubilé d'Ivan Zamorano, était placée sous le signe de la fête. « Pendant le match, on n'y pense pas, avoue l'ancien gardien des Girondins. Pour savoir si un joueur pourrait refuser de jouer dans un stade où ont été commises des exactions, il faudrait poser la question à un joueur investi politiquement, ce qui n'est pas mon cas. » Et il n'est pas le seul.

Par Mathias Edwards Tous propos recueillis par ME
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié



Hier à 10:02 350€ offerts EN CASH pour parier sans risque sur la Coupe du monde
Partenaires
Olive & Tom Gérez comme un pro votre équipe de sport amateur MAILLOTS FOOT VINTAGE Podcast Football Recall Tsugi
Podcast Football Recall Épisode 9: La France fait le boulot, le naufrage argentin et les votes WTF suisses Hier à 15:49 Pourquoi c’est largement mieux de regarder un match AuBureau plutôt qu’au bureau ? 1 Hier à 14:00 Des bourses d'échanges Panini près de Nantes 7 Hier à 12:20 Où trouver le guide SO FOOT du Mondial 2018 ? Hier à 11:33 Suivez la Coupe du monde sur un bateau à Paris ! 9 Hier à 10:00 Des fans colombiens cachent de la vodka dans des jumelles 9 Hier à 09:54 La chanson de N'Golo Kanté (via Facebook SO FOOT) Podcast Football Recall Épisode 30: France-Pérou, terrain glissant, la fougue iranienne et le métro de Moscou