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Sporting, le réveil du lion

En éliminant facilement Porto (6-1 sur les deux matchs), le Sporting aurait dû être une formalité pour Manchester City. Mais Roberto Mancini n'aurait pas pu prévoir le réveil inopiné des Portugais qui sortaient d'une mauvaise passe la semaine dernière. Aujourd'hui, le contexte est différent et le Sporting rêve d'un exploit. Mais gare à la raclée quand même.

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Chaque année c’est la même histoire pour le Sporting. Avant le mercato d’été, les dirigeants annoncent l’arrivée de grands joueurs du côté d’Alvalade et de ce fait la promesse qu’enfin, les leoes vont se relever de cette crise qu’ils traversent depuis quelques saisons à présent. Un peu comme à Liverpool. Et puis passent dix, quinze, vingt journées; les supporters « sportinguistas » se rendent compte qu’ils se sont fait berner, qu’une fois de plus Porto ou Benfica va gagner le championnat et que même Braga leur est supérieur. La grosse lose. Cette année ne déroge pas à la règle, le Sporting pointe à la quatrième place, à égalité avec Maritimo, cinquième, et à des années lumières du trio de tête. Les Lisboètes ont encore loupé le bon wagon. Heureusement pour les hommes de Sa Pinto, l’Itinéraire bis n’est pas trop mauvais cette année. Cette route, c’est celle de la Ligue Europa.

Technique contre physique

Après avoir tiré Porto ou Manchester City en huitièmes de finale, les dirigeants « leoninos » ont un peu grimacé. Dans les deux cas, ça s'annonçait compliqué. Sans surprise, City a amoché un Porto franchement pas dans ses baskets et s’est présenté à Alvalade ambitieux et prêt à bouffer du lion, et pourtant... Le quatrième de Liga Sagres, qui venait de s’incliner chez Setubal, se paye la tronche de l’équipe « Ligue des Masters » de Roberto Mancini (1-0) et avec la manière en plus. Frêles et légers à côté des armoires à glace mancuniennes, les troupes de Sa Pinto ont eu l’intelligence d’éviter le contact et de les bouffer techniquement.

Les Citizens ont fait connaissance avec le talent de Matias Fernandez, placé plus haut sur le terrain qu’à l’accoutumée. Mancini a aussi eu le plaisir de découvrir le milieu Carriço-Schaars-Capel-Fernandez qui a fait l’amour à De Jong et Barry, complètement débordés par la vitesse des ailiers et la technique des joueurs axiaux à l’image d’un Marat Izmailov ressucité, loin des blessures récurrentes. Car non seulement le départ de Domingos au profit de Sa Pinto a fait du bien à l’entrejeu des leoes, mais il soulage également...les jambes des joueurs.

Tout le monde peut prendre sa place

Depuis le 13 février dernier et l'arrivée au pouvoir du nouvel entraîneur se sont écoulés sept matchs, soit 630 minutes de jeu, et il n’y a aucun joueur qui ait passé tout ce temps sur le terrain. Sa Pinto est un fervent adepte du turnover, poussant le concept à l’extrême : Tiago, le troisième gardien, est le seul membre de l’effectif lisboète à ne pas avoir été utilisé depuis le début de la nouvelle ère. Le successeur de Domingos fait jouer tout le monde pour ne pas cramer ses meilleurs joueurs quand il en a le plus besoin. Pratique, certes, quand en une semaine, on doit enchaîner deux matchs contre City et recevoir Guimaraes, mais il est impossible de faire tourner les joueurs si derrière l’équipe possède un banc dégueulasse.

Or, sur la touche il y a des gars talentueux sur qui Ricardo Sa Pinto peut compter. Ca va de Carillo à Jeffren en passant par Neto et Pereirinha. Excepté l’ancien du Barça, les trois sont entrés lors du match aller à Alvalade sans altérer le niveau affiché par les locaux. L’ancien attaquant de la maison et de la Real Sociedad connaît tellement bien ses joueurs qu’il est par ailleurs capable de flanquer un 5-0 à Guimaraes sans faire jouer Carriço ni Insua, et en utilisant d’autres remplaçants que jeudi dernier.


Défense d’entrer

La nouvelle formule Sa Pinto semble fonctionner à merveille, bien qu’en face, Mancini puisse faire tourner son effectif encore plus aisément que son homologue portugais. Pourtant la semaine dernière, les Lisoètes se sont montrés bien plus frais que les Citizens, bloqués par une muraille de joueurs verts et blancs avec aux cages, un Rui Patricio en très grande forme.
C’est là que réside la force du Sporting nouvelle version, celle qui cesse de se faire ridiculiser en contre-attaque à force de se découvrir sur les ailes sans réussir à marquer.

Domingos avait fait une erreur stratégique en estimant que ses joueurs étaient plus aptes à jouer devant que derrière. Son successeur a fait un pari sur son arrière-garde, en faisant descendre son bloc sur le terrain. Tout le monde attaque et tout le monde défend. Depuis son arrivée, Sa Pinto n’a encaissé que quatre buts. Les Leoes possèdent la deuxième meilleure défense de Liga Sagres (17 buts encaissés) juste derrière Porto (16). Un signe encourageant pour le Sporting juste avant un déplacement périlleux face à City, mais pas suffisant, quand on sait que la meilleure défense du Portugal s’est faite atomiser à Manchester il y a quelques semaines. Le Sporting est en forme, mais les Mancuniens partent quand même favoris.

Par William Pereira
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