Sporting Crise du Portugal

Lundi, à Lisbonne, c'est derby. Le Sporting reçoit Benfica pour un grand classique du foot guesh. Mais jamais les Lions n'ont été autant à la ramasse...

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« J'ai mal pour le Sporting » . Jorge Cadete a beau avoir porté la tunique chair de Benfica, c'est celle du Sporting qui lui tient à cœur. Et l'ex-buteur des deux clubs lisboètes l'a bien gros, son cœur. Les Lions reçoivent leur rival lundi, à Alvalade. Une autoroute sépare les deux clubs. La « segunda cicular » et douze points au classement. Du jamais vu. Les Aigles seconds de Liga -derrière Porto- ne sont pourtant qu'à une place de leur voisin. Mais cette année au Sporting, on bouffe la poussière, celle qui aujourd'hui orne la salle des trophées. Depuis le départ du Roumain Läzlo Bölöni en 2002, le SCP traine la caravane et court après un titre de champion. Depuis, deux Coupes et deux Supercoupes pêchées par Paulo Bento.

Sans président

Acculé par les dettes, le noble Sporting vit de ses jeunes. L'Academia sort des stars en devenir mais le club n'attire plus. L'été dernier, le capitaine emblématique João Moutinho perd le Nord et file à Porto contre 10M€. Bölöni, ému : « Quand je vois Moutinho quitter le Sporting pour le FC Porto, un rival, je me dis que ça ne va pas. Il faut être capable de garder des joueurs » . Après avoir accepté de vendre son porte-brassard, le président José Eduardo Bettencourt crache ses pépins et affirme avoir débarrassé son vestiaire d'une « pomme pourrie » . Bettencourt, le bien-nommé, restera comme le premier président salarié du Sporting. Quelques 21 500€ mensuels, pour l'histoire. Pas si mal pour un club qui présente un déficit de 400M€. Mi-janvier, après deux ans de règne, il démissionne. Le 26 mars prochain, on connaitra le nom de son successeur. Annexé à la liste de Dias Ferreira – président de l'AG sortante - Paulo Futre pourrait revenir dans son club formateur, comme bras droit. Un rôle il y a encore peu tenu par Costinha.

Costinha, le Ministre déçu

L'ancien milieu de terrain de Monaco et du FC Porto vient lui aussi de sauter. Après un an au poste de directeur sportif, le “Ministre” taille un costard à ses gouverneurs et se désolidarise de leur politique, dans un live télévisé. 48 heures plus tard, il est viré. Costinha n'a pas digéré la récente nomination de José Couceiro au poste de DG, ni la vente de Liedson au mercato : « Le départ de Liedson a été une affaire ruineuse. Si le Sporting a besoin d'un attaquant, je ne comprends pas pourquoi il est parti » . Retourné au Corinthians, le buteur vedette du SCP de ces dernières années laisse un grand vide derrière lui. Mais même du temps où le plus célèbre et controversé naturalisé de l'ère Queiroz en Selecção butait, les opinions butaient autour de lui.

Liedson, la fin d'une légende

Symptôme d'un club gangrené par la crise, les coups ont remplacé les coupes au palmarès. Liedson, c'est plus de 170 buts en sept saisons mais aussi un accrochage avec le puncheur Sa Pinto qui devra lâcher sa place de directeur sportif ; une prise de bec avec Yannick le sprinter qui cire ses pompes sur le banc ; ou encore quelques caprices quand en 2007 il refuse de tirer des penalties à l'entraînement après que Paulo Bento l'eut empêché de prolonger ses vacances... Mais le “Levezinho” est un poids plume à côté de certains gros dossiers. Le plus récurrent s'appelle Simon Vukcevic. L'international monténégrin cumule les engueulades. Arrivé en 2007 à Lisbonne, l'attaquant de 25 ans trainait une réputation de bad boy au FC Saturn déjà. Et il confirmera en terres portugaises. Ni Bento ni l'actuel et futur ex-entraîneur Paulo Sérgio n'ont su contenir la fougue du virevoltant gaucher. Chaque ouverture de marché l'envoie ailleurs. Histoire de pallier la perte de Sessegnon, le PSG était même sur le coup. L'ultime accrochage de Simon date d'hier. Lors de la dernière journée de Liga à Olhão (2-2) –dernière déconvenue aussi pour le Sporting– à la mi-temps, il se serait pris la tête avec Paulo Sérgio qui le laisse aux vestiaires...

Un vestiaire Manichéen

Et au Sporting, même les anciens jouent les ados capricieux. Jeudi, c'est Maniche qui jette son survêt de rage après avoir été remplacé contre les Rangers, en Ligue Europa (1-1). L'ex-milieu de Benfica et de Porto se serait excusé auprès du groupe mais il n'en est pas à son premier pétage de plomb. En novembre dernier contre Guimarães, il donne un coup de pied à Rui Miguel et voit rouge. Son équipe menait alors 2-0 mais à dix elle cédera 2-3... Le joueur de 33 ans s'excuse. Lors du derby aller (0-2), il avait aussi été suspendu par la Commission de Discipline de la Ligue après avoir balancé une bouteille d'eau vers les tribunes d'où fusaient les insultes... Mea culpa, déjà. Mais pour ce lundi, Mister Sérgio a perdu patience et il devrait laisser le sosie de Jim Carrey tirer la gueule sur la sellette face au « Glorioso » . Il faut dire qu'avec le départ de Costinha, Maniche a perdu son meilleur partenaire... Les Lions ne gagnent plus depuis quatre matches alors que les Aigles, eux, survolent. Quatorze victoires de rang toutes compétitions confondues. Le derby des deux grands de Lisbonne n'a jamais été aussi distant...



Sporting – Benfica, lundi 21 février, 21h15, sur Ma Chaîne Sport

Nicolas Vilas

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