Sow must go on

Lassé de devoir éternellement attendre sa chance au Stade Rennais, Moussa Sow s'en est allé cet été la saisir au sein de l'effectif lillois. Pari en passe d'être réussi, avec déjà 5 buts au compteur.

Modififié
0 0
Des promesses, des promesses et toujours des promesses. Il est particulièrement dommage de constater que la relation entre Moussa Sow et Rennes n'en est restée qu'au stade des promesses. Le constat vaut pour les deux d'ailleurs : parti cet été à Lille sans indemnité, le joueur avait refusé de prolonger son contrat, lassé de cet éternel statut de joker, tandis que le club breton n'a de son côté pas semblé vouloir particulièrement le retenir, constatant peut-être chez son protégé une petite usure mentale de l'international sénégalais et une impression de stagner. Voilà donc comment se termine en eau de boudin une histoire qui aurait pu/dû se construire d'une bien plus belle manière.

Les dents qui rayent le parquet


Depuis son arrivée en 2003 chez les Rouge et Noir et son premier contrat pro un an après jusqu'à son départ sept ans plus tard (entrecoupé d'un prêt à Sedan), il n'y aura finalement eu qu'une bonne saison à retenir pour Sow, en 2008-2009. Sous les ordres de Guy Lacombe, l'international sénégalais avait alors profité des difficultés d'intégration de Gyan et des soucis physiques de Briand pour dépanner et se faire une place de choix au sein de l'attaque rennaise. Le buteur avait alors présenté une belle feuille de statistiques, forte de 9 pions (dont la majorité porteurs de points importants) et de 4 passes décisives, avec un temps de jeu pourtant pas si élevé. Après avoir été la terreur des terrains de CFA avec la réserve, on pouvait penser que Sow était cette fois bien parti pour enfin décoller en équipe première. Oui mais non : la saison dernière, Briand effectue un joli retour sur le pré, Gyan se réveille enfin (l'appel de la Coupe du monde ?) et le nouvel entraîneur, Antonetti, ne compte par conséquent sur lui que pour un poste de joker. Insuffisant pour un garçon aux dents qui rayent le parquet et qui n'a plus trop de temps à perdre (il a déjà 24 ans). Donc au moment d'entamer les négociations en vue d'un renouvellement de contrat cet hiver, il met la barre très haute et exige une marque de confiance de la part de ses dirigeants. Comme de bien entendu, il ne l'obtiendra pas et c'est finalement Lille qui le signe et fait la bonne affaire.

As de la bicyclette


Une bonne affaire, vraiment ? Oui car les nombreuses qualités du joueur sont indéniables : rapide, puissant, véloce, c'est également un assez bon dribbleur doté d'un mental de vainqueur. A la colonne des défauts, il lui était reproché en Bretagne des lacunes tactiques, un problème de finition ainsi qu'une certaine tendance à l'inconstance. Pour les deux derniers griefs, l'accusé peut arguer le fait que d'une part, il n'a pas souvent évolué à la pointe de l'attaque, son poste de prédilection, et qu'il est difficile d'être régulier et décisif quand on ne fait appel que sporadiquement à vous. Son début de saison à Lille montre d'ailleurs une belle capacité à enchaîner les matchs et les buts. Pas les plus vilains en plus, comme en atteste son retourné acrobatique dimanche dernier à Gerland. Il en avait déjà fait un du même style avec le Stade Rennais à Stabaek en août 2008, sans oublier sa chevauchée fantastique contre Grenoble en janvier 2009, conclue d'une violente patate sous la barre. Tout semble donc aller beaucoup mieux pour le natif de Mantes-la-Jolie, révélé lors d'un tournoi de Montaigu et qui semble enfin disposer d'une équipe adaptée et d'un temps de jeu nécessaire pour lui permettre de concrétiser sur le terrain son indéniable potentiel.

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Aucun commentaire sur cet article.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
0 0